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15-jan-2010
Des synapses et des lettres

 

Les enfants apprennent difficilement à lire? Peut-être que les méthodes d’enseignement ne conviennent pas à leur cerveau!

par Catherine Dubé - Québec Science - Septembre 2008


Pour Thomas, un élève de 1re année, les textes les plus simples se révèlent aussi énigmatiques qu’une série d’hiéroglyphes. Deux mois après le début de l’année scolaire, il n’avait toujours pas compris le code secret de l’alphabet. Quand l’orthopé­dagogue Andrée Jolicœur reçoit des enfants comme lui, elle commence par leur poser cette question: «Est-ce que tu sais que ces petits “barbots-là”, ce sont des lettres et que chacune équi­vaut à un son?» Quelques-uns la regardent tout surpris. Des lettres qui donnent des sons, des syllabes qui donnent des mots… Comment se fait-il que des enfants ne comprennent pas ce principe élémentaire, deux mois après leur entrée à l’école?

Leur enseignante leur a sûrement expliqué. Mais si elle utilise le matériel didactique approuvé par le ministère de l’Éducation du Québec, elle ne l’a peut-être pas fait assez tôt, ou n’a pas insisté suf­fisamment sur ces notions. Dans ces manuels, le décodage – décomposer les mots en sons et en syllabes pour pouvoir les lire – ne constitue qu’une méthode de dépannage. On invite plutôt les enfants à deviner les mots selon le contexte et en les «photographiant» dans leur tête. Le but visé: augmenter leur «sentiment de compétence» en les faisant devenir rapidement de petits experts qui reconnaissent les mots en un seul coup d’œil.

En septembre, l’élève de 1re année fait la connaissance de Mélissa et ses amis, d’Astuce et compagnie ou d’autres personnages attachants, selon le matériel pédagogique choisi par l’école. Dès les premiers jours, l’enfant apprend à reconnaître globa­lement des mots simples, liés à sa vie quotidienne: «école», «sac», «ami», «chien» ou «chat». On lui enseignera aussi progressivement à décoder les sons, mais pas systématiquement, et le plus souvent de façon aléatoire. On apprend par exemple le son «on» ou «eau» parce qu’on vient de le rencontrer dans un texte, alors que les consonnes n’ont pas encore été présentées. En début d’année, on demande aux enfants de s’entraîner à mémoriser leurs mots-étiquettes, des cartons ou des autocollants où figure le mot à apprendre, accompagné d’un dessin qui le représente.

Professeure de didactique du français à l’Université de Montréal, Régine Pierre a consacré sa carrière à décortiquer les métho­des d’enseignement de la lecture d’ici et d’ailleurs. Dans sa collection de manuels scolaires, les livres les plus récents côtoient de véritables trésors, comme cette édition de La quadrille des enfans (sic) ou Système nouveau de lecture, datant de 1777 et rédigé en vieux français. «Cette méthode a beaucoup d’écueils», commente-t-elle en tournant les pages jaunies.

À l’entendre, les méthodes que nous utilisons 200 ans plus tard sont à peine meilleures. Et elle ne mâche pas ses mots: la façon dont on apprend à lire aux petits Québécois depuis le «renouveau pédagogique» des années 1980 est directement responsable de leurs piètres performances en lecture par rapport aux élèves d’autres pays. En 2006, lors de la dernière évaluation du Programme international de recherche en lecture scolaire (PIRLS), à laquelle ont participé 45 pays et provinces, le Québec s’est classé 23e, loin derrière la Russie (1re), Hong Kong (2e), l’Alberta (3e), la Hongrie (9e) et la Bulgarie (14e).

17-déc-2009
L'évaluation de l'enfant dyspraxique par l'ergothérapeute

Voici un diaporama très complet de ce que représente l'évaluation de l'ergothérapeute pour la prise en charge de l'enfant dyspraxique.

Ce diaporama a été conçu par Mme Claire Lise Furon, ergothérapeute réputée en Normandie (France).

Bien entendu, je vous le réfère à titre indicatif. Chaque ergothérapeute travaille avec des méthodes d'évaluation similaires mais pouvant varier. 

Rendez vous à cette adresse pour consulter le diaporama :

http://clairelise.furon.free.fr/dyspraxie/pages/000.html

 

16-déc-2009
Comment se pose le disgnostic de dyspraxie ?

 

 

 

Bien sûr, lorsque nous sommes à consulter pour obtenir un diagnostic c’est que nous avons observé certaines problématiques chez notre enfant. Tout d’abord, le médecin voudra faire l’histoire clinique de l’enfant depuis la grossesse jusqu’à aujourd’hui. Plusieurs indices peuvent ressortir de cet exercice et orienter le diagnostic (prématurité, naissance difficile etc…). Il est donc primordial de transmettre toutes les informations et observations au médecin.

Ensuite, viennent les tests psychomoteurs afin d’évaluer l’interaction entre la fonction moteur et la fonction psychique de l’enfant. Plusieurs théories expliquent le développement psychomoteur de l’enfant; celles qui font appel à la maturation neurologique et celles qui font appel à l’apprentissage et à l’expérience. La façon d’aborder le bilan psychomoteur dépendra de l’âge de l’enfant. Il peut être fait en une ou plusieurs séances selon la tolérance de l’enfant. Plusieurs échelles d’évaluation existent et comprennent habituellement des épreuves de rythme, de dessins, d’écriture, de reproduction de mémoire de certaines figures, d’appariement d’images, de perception visuelle. L’évaluation des dominances latérales (droite-gauche) pour l’écriture, et la marche fait aussi partie de ce bilan.

               

 

Le neurologue sera en mesure suite à ce bilan de donner un diagnostic précis. Il évaluera ensuite, périodiquement, le développement psychomoteur de l’enfant en lien avec son âge. Il pourra alors communiquer ces observations à l’ergothérapeute qui verra à appliquer et suggérer certaines activités pour travailler les lacunes et difficultés.

9-déc-2009
Changements majeurs au niveau scolaire secondaire, au Québec

 

 

 

 La Formation préparatoire au travail qui s’adresse aux jeunes de 15 ans et plus n’ayant pas terminé leur programme académique du primaire.

La Formation menant à l'exercice d'un métier semi-spécialisé qui s’adresse aux jeune de 15 ans et plus n’ayant pas terminé le programme de secondaire 2. 

Dans les deux cas, le programme de formation est obligatoire.   impossible de poursuivre un programme purement académique si l’on a 15 ans et que l’on a pas complété et réussi un secondaire 2. Les deux formations sont d’une durée d’un an et aboutissent à l’obtention d’un certificat d’employabilité.

Ces deux formations du parcours axé sur l’emploi se ressemblent beaucoup dans la structure mais les choix de formation et les exigences sont différents. Une portion majeure de la semaine est consacrée à des stages (3 jours) en milieu de travail. La deuxième portion (2 jours) est orientée vers la poursuite de l’apprentissage du français, des mathématiques et de l’anglais. 

Les formations comprennent d’abord une première étape préparatoire aux stages; choix du métier, préparation du CV, entrevues, etc… Ensuite, vers la mi-octobre l’étudiant est en milieu de travail en alternance avec le milieu scolaire. L’encadrement est dirigé par un coordonnateur scolaire et un coordonnateur du milieu de travail. Toutes les exigences reliées à l’emploi doivent être réussies dans une même année afin d’obtenir le certificat. Dans l’éventualité d’un échec, il est possible de reprendre ce programme ou de s’orienter vers un autre programme. Par contre, dès l’âge de 18 ans, l’étudiant qui choisit de poursuivre un parcours académique, devra le faire par le biais de l’éducation aux adultes. 

Voici quelques exemples de métiers semi-spécialisés faisant partis d’une liste d’environ 60 choix :

 

  • Préposé à la marchandise dans un commerce
  • Préposé au développement de photos
  • Magasinier
  • Commis à la réception et à l’expédition
  • Auxiliaire de bureau
  • Manœuvre dans une jardinerie
  • Manœuvre en aménagement paysager
  • Assistant fleuriste
  • Manœuvre en production agricole

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il devient, dès lors,

9-déc-2009
Le parcours de formation axé sur l'emploi

 

De nouveaux programmes du MELS axés sur la préparation à l’emploi des jeunes ayant des difficultés scolaires sont nouveau de l'an passé, au Québec.

 

Puisque ma fille a participé, l'an passé, au programme FMS (formation menant à l’exercice d’un métier semi-spécialisé), je me permets de vous faire un bilan de ce nouveau programme.

 

L’inquiétude des parents à l’égard de ces programmes réside dans le fait que l’ont perçoit cette avenue comme une finalité plutôt qu’un début. Il faut approcher cette éventualité comme étant une chance unique qui se présente à notre enfant, afin qu’il développe des aptitudes, de l’autonomie et de l’expérience. Sans ces programmes, il a peu de chance de se décrocher un emploi d’étudiant, compte tenu de ses difficultés. Il pourra toujours continuer ses études et viser plus haut mais il aura obtenu un certificat officiel attestant d'une formation qualifiante qui le prépare au marché du travail.

 

L’alternance études-stages à l’intérieur d’une même semaine, permet aux étudiants de se libérer des contraintes des matières scolaires telles l’éducation physique, les arts plastiques etc… Qui leur causent tant de souffrances… Ils s’en tiennent donc aux matières essentielles ; mathématiques, français et anglais. Dans un autre temps, ils apprennent un métier qu’ils ont choisi et qui les stimulent. Ils entrent alors dans une perspective adulte où ils vont à l’essentiel. C’est d’ailleurs l’approche idéale pour nos jeunes dyspraxiques ; L’ESSENTIEL !

Voici donc l’occasion de poursuivre leur scolarité dans des contextes différents et selon une pédagogie adaptée.

 

Ces programmes axés sur l’emploi conviennent parfaitement à nos jeunes mais les infrastructures mises en place pour intégrer ces programmes ne conviennent pas du tout à des jeunes dyspraxiques. Là, est la mauvaise surprise !

La préparation aux stages est différente d’une école à l’autre et présente beaucoup de lacunes.

Les employeurs qui souhaitent participer à ces programmes sont rares. L’élève qui adhère au programme doit trouver, lui-même, son stage. Connaissant les difficultés de nos jeunes dyspraxiques, cela est assurément très éprouvant.

 

Voici quelques conseils pour bien réussir cette transition :

 

- Demander, par le biais de Plan d’intervention, que votre enfant soit soutenu par l’ergothérapeute pour la préparation aux stages.

 

- Choisir avec l’ergothérapeute, le métier à exercer. Prendre tout le temps nécessaire pour bien évaluer cette étape ; c’est la partie la plus importante.

 

- S’assurer qu’il y ait une pré-sélection d’employeurs réceptifs à la rencontre avec l’étudiant.

 

Somme toute, il s’agit d’une perspective d’avenir pour nos enfants dyspraxiques, il suffit de prévoir un encadrement adéquat pour eux et l’expérience sera des plus enrichissante.

 

 

 

 

 

8-déc-2009
Toujours les maths...
 
Pour ma fille, Aglaé, qui a 17 ans et qui fait son secondaire 2 en maths, rien n'allait plus cette année. L'algèbre est commencée... Et nous appréhendions cette foutue étape; plus qu'abstraite.
 
J'ai pris la décision de la sortir de ses périodes de maths à l'école. Elle cheminait seule en classe avec un cahier théorie-pratique... sans aucune explications... L'auto enseignement comme s'est bien la mode en classe d'adaptation scolaire au secondaire.
 
 Nous reprenions complètement tout ce qu'elle faisait à l'école (algèbre), les fins de semaine. Tout était mal... Elle se décourageait.
 
J'ai rencontré la direction et j'ai exigé que si l'on ne pouvait lui donner de l'enseignement adéquat; elle viendrait à la maison pour les demies-journées de math et je deviendrais son professeur. Ça va bien ainsi. Elle apprend bien, avec de bonnes explications. J'ai développé des trucs et elle chemine sans rien recommencer et en ayant ses weeks-end de congé comme les jeunes normaux. Elle apprend bien quand on lui explique...
 
Donc voici un outil qui nous aide beaucoup. Cette règle nous a été prêtée par l'école (la bleue). Il nous a été impossible, malgré mes recherches, de savoir où se la procurer. J'en ai donc confectionné une en carton qui est similaire (la beige cartonnée).
 
 
 
 
Le problème d'Aglaé, en algèbre, c'est qu'elle ne conceptualise pas un chiffre négatif en addition ou en soustraction avec autre chiffre.
ex :  -12 + 6  donne  -6    
 
Donc avec cette règle, nous partons de -12 et avançons dans le sens positif de 6 lignes ce qui nous arrête à -6
 
Elle ne comprend toujours pas le concept ( Dieu sait que l'on a essayé de plusieurs façons) mais arrive maintenent à la bonne réponse. 
 
7-déc-2009
Arrêtes de bouger !!

Votre enfant dyspraxique s'épuise rapidement à l'école. En plus de composer avec ses difficultés, l'impossibilité de changer de position lui amène une fatigue supplémentaire.

Ce coussin offre une position relaxante et dynamique. Il est gonflable et possède 33 cm de diamètre.

Le coussin Dynair que l'on glisse sur sa chaise d'école favorise la coordination des mouvements.

C'est aussi  une solution pour ceux dont le corps a un besoin incontrôlable de bouger et pour qui s'assoir pendant des heures en restant concentré est un calvaire ! Il suffit de placer ce coussin sur une chaise ou sous les pieds de l'enfant afin qu'il puisse bouger sans pour autant gêner les autres et perturber la classe. Le coussin Dynair Senso a la particularité d'avoir une face à picots pour offrir un maximum de sensations tactiles.

 

Au Québec pour acheter :

http://tegaradns.com/~fitnesse/index.php?page=shop.product_details&flypage=shop.flypage&product_id=117&category_id=24&manufacturer_id=21&option=com_virtuemart&Itemid=1

39,99 $

En France :

http://produits.3bscientific.fr/science/Coussin%20Dynair

27 Euros

 

24-nov-2009
Dyscalculie; le sens perdu des nombres

Dyspraxie et dyscalculie ne vont pas l'un sans l'autre...

Vous trouverez ici deux adresses de documents en format pdf.

Le premier est un excellent document pour bien comprendre cette dysfonction cérébrale. Il est vulgarisé et accessible. Si vous prenez conscience d'un accompagnement inadéquat de votre enfant en mathématiques, l'imprimer et le remettre à l'enseignant de votre enfant dsypraxique peut être une bonne idée. Ceci avec beaucoup de tact et de stratégie pour ne froisser personne...

http://www.unicog.org/docs/DyscalculieGuidedeRessources.pdf

Le deuxième est plus scientifique. Il nous permet de bien comprendre l'atteinte et la fonction cérébrale.

http://www.unicog.org/publications/MolkoWilsonDehaene_Dyscalculie_LaRecherche2004.pdf

29-oct-2009
La massothérapie au service des enfants qui ont une dyspraxie

 

 

 

Le toucher est sans doute l’une des plus anciennes pratiques thérapeutiques du monde. Issue de cette approche plus intuitive du toucher, la massothérapie s’est grandement actualisée au cours des dernières décennies, s’adaptant à l’évolution des connaissances scientifiques. Massages sportifs qui améliorent performance et bien-être chez les athlètes et danseurs professionnels, massage de détente et relaxation au spa, massage thérapeutique supportant le processus de réadaptation, massage de la femme enceinte, massage pour bébés enseigné aux parents…

 

Les enfants qui ont des besoins particuliers ne sont pas en reste et peuvent aussi grandement profiter des bienfaits de la massothérapie. À preuve, un nombre grandissant d’études démontrent l’efficacité de la massothérapie dans la prise en charge d’enfants vivant avec différentes problématiques. Parmi les bénéfices reconnus par ces études, notons brièvement une augmentation du tonus musculaire et une amélioration des capacités de mouvement chez les enfants trisomiques, une attention plus soutenue chez les enfants qui ont des troubles de l’attention, une meilleure intégrité des systèmes tactile et proprioceptif chez les enfants qui ont un déficit d’intégration sensorielle, une meilleure qualité de sommeil, de même qu’une amélioration du processus de l’attachement chez les enfants qui ont des troubles envahissants du développement (voir la bibliographie à la fin de l’article). La massothérapie est également bénéfique auprès des enfants ayant une dyspraxie pour l’ensemble des éléments mentionnées ci haut, mais plus spécifiquement pour les raisons qui vont suivre.

 

La praxie est l’habileté à conceptualiser, planifier et exécuter un acte moteur non-habituel. La dyspraxie est donc un trouble neurologique affectant ces dernières composantes. L’un des aspects du traitement proposé en ergothérapie consiste à rééduquer les fonctions sensorielles, motrices et perceptuelles à la base du développement des praxies. Du point de vue sensoriel, ces fonctions impliquent particulièrement le sens du toucher, mais aussi celui de la proprioception, qui se définit par la capacité de percevoir notre corps et sa position dans l’espace à l’aide de récepteurs sensoriels situés dans nos muscles et articulations.

 

La proprioception, ou en d’autres mots la conscience de notre corps est au cœur même de toute action motrice. Notons ici que la dyspraxie est souvent reliée à un désordre d’intégration sensorielle et notamment, comme nous pouvons l’observer en clinique, à une hyposensibilité du système proprioceptif, c’est-à-dire que ce système n’enregistre pas suffisamment les sensations corporelles. Pour tenter une comparaison, l’hypoproprioception est comparable à une sensation d’engelure aux mains, mais amplifiée à l’ensemble du corps… Souvenons-nous comment il peut être difficile de lacer nos patins ou nos bottes avec des mains engourdies par le froid ou encore de prononcer ou de s’alimenter correctement en sortant de la clinique dentaire suite à une analgésie locale.

 

Le tableau clinique du désordre d’intégration sensorielle relié à la dyspraxie, comme le mentionnent dans leur livre Sylvie Breton et France Léger, comporte les particularités sensori-motrices suivantes : une difficulté à maintenir des contractions musculaires soutenues et efficaces, une incapacité à maintenir une posture stable et contrôlée, une incapacité à discriminer les différentes sensations tactiles, un schéma corporel inadéquat (il s’agit ici de la conscience que l’enfant a de son propre corps) de même qu’une difficulté à maintenir un niveau d’éveil, de vigilance et d’attention adéquat.

 

La massothérapie agit directement sur les systèmes tactile et proprioceptif en stimulant entre autres les récepteurs sensoriels de chacun de ces systèmes. Pressions profondes, effleurages, frictions, compressions articulaires et autres, participeront ainsi à la rééducation des systèmes tactiles et proprioceptifs à la base des capacités de mouvement. L’affinement des sensations perçues permettra donc à moyen terme une meilleure élaboration du schéma corporel et une meilleure coordination des muscles et articulations nécessaires tant à la posture, à l’équilibre qu’à l’enchaînement des mouvements et des gestes. Les effets seront également bénéfiques au niveau du processus de l’attention, car la capacité à maintenir une attention soutenue et un niveau d’éveil adéquat est déterminée en grande partie par notre capacité à recevoir et moduler l’information par nos sens.

 

 

Bien sûr, la massothérapie ne peut à elle seule traiter la dyspraxie, mais intégrée au sein d’un plan de traitement qui inclut les aspects sensoriel, moteur, perceptuel et cognitif, elle peut grandement contribuer à la rééducation en travaillant à la base des besoins des enfants dyspraxiques tout en apportant calme et réconfort, un élément essentiel au bien-être et à la confiance en soi à construire.

 

Sylvie Trudelle, MA, massothérapeute

Annemarie Couture, ergothérapeute

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

Breton, S. et Léger, F. (2007) Mon cerveau ne m’écoute pas, Comprendre et aider l’enfant dyspraxique, Éditions du CHU Sainte-Justine, Montréal (QC).

 

Case-Smith, J. (2001) Occupational Therapy for children, 4th edition, Mosby inc., Missouri, USA.

 

Cullen, L.A., Barlow, J.H., & Cushway, D. (2005). Positive touch, the implications for parents and their children with autism : an exploratory study. Complementary Therapies in Clinical Practice, 11, 182-189.

 

Eide, F. (2003). Sensory Integration- Current Concepts & Practical Implications. Sensory Integration Special Interest Section Quaterly 26 (3).

 

Escalona, A., Field T., Singer-Strunk, R., Cullen, C., & Hartshorn, K. (2001). Brief report : Improvements in the behavior of children with autism following massage therapy. Journal of Autism & Developmental Disorders, 31, 513-516.

 

Field. T., Quintini, O. Hernandez-Reif, M. & Koslovsky, G. (1998). Adolescents with ttention deficit hyperactivity disorder benefit from massage therapy. Adolescence, 38, 623-38.

 

Hernandez-Reif, M., Ironson, G., Field T., Largie, S., Deigo, M., & Bornstein, J. (2006). Children with Down Syndrome improved in motor function and muscle tone following massage therapy. Journal of Early Intervention, 176, 395-410.

 

Khilnani, S., Field T., Hernandez-Reif, M., & Schanberg, S. (2003). Massage therapy improves mood and behavior of students with attention-deficit/hyperactivity disorder. Adolescence, 38, 623-38.

20-oct-2009
Vidéos intéressantes
20-oct-2009
Histoire de crayons

Voici trois outils à essayer pour faciliter l'écriture de votre enfant dyspraxique

Handiwriter

Facilite la prise tridigitale et le bon positionnement du crayon.

5.95 $     no de commande : FDMT_ 00307

 

Crayon Squiggle Wiggle

Stylo pesant et vibrant avec prise triangulaire. Utilise une pile AA.

9.95 $   no de commande : FDMT_00113

Recharge de stylo: 2.25$  no de commande: FDMT_00199

 

Gant Lourd

Gant sans doigts fait de néoprène. Procure de la proprioperception au niveau de la main. Aide à mieux sentir les mouvements d'écriture.

Inclus trois poids : 2 oz, 4 oz et 6 oz

15.95 $   no de commande : VET_0015

 

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Coordonnées: FDMT

 
2199, de la Métropole
Longueuil
QC
Canada
J4G 1S5

Téléphone : 450-321-5500
Télécopie : 450-321-5503

Information : Salle de montre : Lundi au vendredi de 9h00 à 16h00

 

19-oct-2009
École privée ? Impossible ?

Les élèves en difficulté d’apprentissage à l’école privée

 

Pour bien des parents d’enfants ayant des difficultés scolaires, l’inquiétude de voir son enfant fréquenter une école à clientèle difficile est omniprésente.

Sans avoir de préjugés, il est tout à fait réaliste d’affirmer qu’un enfant dyspraxique qui fréquentera le secondaire en classe d’adaptation scolaire cohabitera avec de nombreux enfants au comportement problématique.

 

Faut-il y voir l’opportunité d’éduquer notre enfant à travers cette réalité sociale ou faut-il souhaiter pouvoir l’isoler de celle-ci ?

 

Le fait est, que cette clientèle difficile retarde énormément le rythme académique dû à la nécessité de faire beaucoup de discipline. Cette réalité ne favorise pas l’apprentissage et c’est d’autant plus problématique avec nos enfants ayant déjà un retard d’apprentissage.

 

L’école privée ; une solution ?

 

 

Pour inciter les écoles privées à accueillir les élèves en difficulté, le ministère de l'Éducation a offert une nouvelle subvention, l'an dernier. Pour être admissible, un établissement doit admettre au moins 10% d'élèves en retard scolaire à l'entrée au secondaire. Les écoles privées ne se bousculent pas pour recevoir ces élèves jugés plus faibles: seules 35 touchent cette subvention cette année, sur un total de 273 collèges privés au Québec. L'an dernier, c'était à peine mieux, avec 43 écoles privées bénéficiant de cette mesure. Résultat: seulement 715 000$ ont été versés en 2008-2009, faute d'intérêt, alors qu'un million est disponible.

 

Cette solution a peut-être de l’avenir. Encore faut-il que les écoles privées y voient des bénéfices. Comme parents d’enfants en difficulté, nous avons un rôle à jouer pour convaincre les instances scolaires de créer des classes dans leurs écoles.

Voici un argument de poids. Depuis 1999-2000, le réseau privé a connu un engouement important : le nombre d'élèves dans ses rangs a augmenté d'environ 20 %, passant de 103 504 à 125 269 en 2007-2008. Mais en 2008-2009, la popularité grandissante du privé semble s'essouffler : 125 128 jeunes y sont inscrits, soit une légère baisse de 141 élèves (0,1 %), selon les chiffres du ministère de l'Éducation.

 

Allez ! Parents intéressés… Montez au front de votre école privée, locale.

 

Suggérez, Collaborez, Participez

 

 

 

 

 

9-jun-2009
Dyspraxique et universitaire ? Ben oui !!!

Voici le texte d'un jeune adulte dyspraxique qui siège à notre conseil d'administration à l'AQED

Bonjour,

 

Je suis un jeune adulte dyspraxique qui a été diagnostiqué à l’âge de douze ans. J’ai maintenant  vingt et un an. J’étudie présentement en langues modernes à l’Université Bishop’s. Je siège au conseil d’administration de l’Association Québécoise pour les Enfants Dyspraxiques depuis le mois de mai. J’écris ce texte dans le but de partager mon expérience personnelle.

 

Lorsque que j’étais au secondaire, j’éprouvais des difficultés en mathématiques. Cette matière a toujours été plus exigeante pour moi. J’avais également des difficultés en éducation physique. Cependant, je me débrouillais très bien en français. Ce qui était difficile à accepter était le fait de vivre des revers dans certaines matières comme les mathématiques tout en réussissant dans d’autres matières comme le français. J’avais parfois l’impression que les efforts que j’investissais ne servaient à rien. J’avais cependant tort parce que j’ai finalement obtenu de meilleurs résultats. L’alternance entre les succès et les revers est probablement ce qui m’a le plus affecté durant tout mon parcours scolaire au secondaire. J’ai dû apprendre à composer avec le fait que je n’excellais pas dans toutes les matières. J’ai aussi appris que je dois me réjouir de mes succès au lieu de me concentrer uniquement sur mes difficultés.

 

Mes relations avec les personnes de mon entourage ont tendance à être difficiles. Je n’ai pas beaucoup d’amis parce que je ne partage pas les mêmes centres d’intérêts que les jeunes de mon âge. Cependant, la socialisation est plus facile pour moi à l’université. Selon mon expérience personnelle, il est moins ardu de s’intégrer dans un groupe lorsque les membres de ce groupe ont gagné en maturité avec les années.

 

Dans la prochaine année, je veux continuer mes études et obtenir de bons résultats.

 

En conclusion, j’espère que mon expérience aidera à mieux comprendre le cheminent d’un jeune dyspraxique au secondaire et les étapes subséquentes.

 

Merci,

Thomas Bilodeau

15-avr-2009
Une fois le diagnostic posé, vers qui me diriger?

              Ce texte a été conçu par

            l'Association Québécoise pour les enfants 

            dyspraxiques

   

 

Lorsque tombe le diagnostic de dyspraxie à l’égard de notre enfant, bien des réactions sont possibles en fonction de plusieurs éléments qui diffèrent d’une famille à l’autre. Pour certains parents c’est un soulagement de savoir enfin ce qui ne va pas chez ce petit être qu’ils aiment tant. C’est alors pour eux comme l’obtention d’un pardon, car leurs compétences parentales ne seront plus remises en cause. La «faute» peut maintenant être reportée sur le handicap et non plus sur leurs épaules. Pour d’autres parents c’est la dévastation car ils voient d’emblée une route sans issue. Bien sûr, ce n’est pas la réalité, mais c’est ce que plusieurs parents ressentent et ils appréhendent à ce moment le pire pour leur enfant, à tort.

 

Il est donc important à cette étape d’apprivoiser le diagnostic pour pouvoir passer du deuil à l’action.

 

Notre façon de voir les choses dès le départ oriente sûrement la suite du parcours mais ce qui est universel pour tous les parents, c’est le processus de deuil. Celui-ci se fait par des étapes «normales» où il est possible d’accepter que notre enfant soit «différent». 

Selon notre vécu et les expériences précédant cette annonce, la réalité de ce changement s’impose plus ou moins délicatement. On refuse parfois d’admettre une partie de cette réalité. Heureusement, le temps amène l’espace… L’espace, c’est la capacité de prendre du recul, de s’éloigner de l’évènement et de prendre le temps de vivre autre chose. De cette façon, on relativise cette réalité. Ayant maintenant l’espace nous permettant de mieux vivre, nous voyons s’installer l’étape de transformation. C’est à ce moment que nous vient l’idée de se «relever les manches», de prendre les «bons risques» et de «passer au mode action».

 

Benjamin Disraeli (premier ministre britannique, 1874-1880), disait: «L’action n’apporte pas toujours le bonheur, mais il n’y a pas de bonheur sans action».

 

Les services de réadaptation offerts à l’enfant dyspraxique et à sa famille

 

 

L’approche du médecin et la façon dont on nous annonce ce  diagnostic sont garants, dans un premier temps, de notre réaction. Dès ce moment, nous devons sentir qu’il existe plusieurs façons d’être soutenus à travers cet imprévu de vie. Malgré cette collision avec la réalité, il est important de ne pas quitter le bureau du médecin sans avoir un plan d’action sommaire pour que l’enfant reçoive des services de réadaptation. Une référence de la part du médecin auprès d’un centre de réadaptation permettra d’entamer des procédures pour que l’enfant soit pris en charge, particulièrement en ergothérapie.

 

 

Il faut savoir que c’est depuis 2003 que la dyspraxie est reconnue par le Ministère de la santé et des services sociaux comme étant une déficience physique. À ce titre, les enfants sont donc admissibles à recevoir des services du réseau public de santé par les établissements en réadaptation physique.

 

La prise en charge en réadaptation revêt une importance particulière puisqu’elle vise à ce que l’enfant  développe tout son potentiel et qu’il s’épanouisse au sein de sa famille et de ses autres milieux de vie.

 

 

§         L’ergothérapie

 

L'ergothérapie vise à promouvoir la santé et le bien-être par l'occupation, en donnant à chacun la possibilité de prendre part aux activités quotidiennes qui lui sont significatives. 

 

En raison de la nature des déficits présentés, l’ergothérapeute joue un rôle prépondérant auprès de l’enfant dyspraxique. De façon concrète, l’ergothérapeute pourra :

 

-         Évaluer le développement de l’enfant sur les plans sensoriel, moteur, perceptuel et organisationnel.

-         Préciser le degré d’autonomie de l’enfant en fonction des demandes et des exigences de ses différents milieux de vie.

-         Rééduquer les fonctions sensorielles, motrices, perceptuelles ou cognitives.

-         Recommander l’adaptation du matériel et de l’environnement.

-         Aider l’enfant et son entourage à comprendre la dyspraxie et ses conséquences dans la vie quotidienne.

 

§         L’éducation spécialisée

 

L’éducateur spécialisé intervient généralement pour faciliter l’intégration sociale de l’enfant, le guider dans l’entraînement et la pratique de certaines activités de la vie de tous les jours et l’aider à adapter son comportement à différents contextes. Il agit fréquemment en collaboration avec l’ergothérapeute.

 

§         Le soutien psycho-social

 

Les intervenants psycho-sociaux, psychologue et travailleur social, peuvent jouer un rôle dans l’accompagnement de l’enfant  et de sa famille pour les aider à accepter le diagnostic, les soutenir lors de certaines étapes de vie particulièrement difficiles et pour les guider dans les démarches à faire auprès de différentes instances.

 

 

§         L’orthophonie

 

Des interventions en orthophonie peuvent être parfois indiquées pour aider l’enfant à adapter son langage à l’entourage, à respecter les règles sociales et à améliorer ses habiletés de communication, surtout en ce qui concerne l’organisation des idées et du discours.

 

 

§         La physiothérapie

 

Il peut être pertinent de consulter en physiothérapie pour permettre à l’enfant d’acquérir certaines habiletés complexes de motricité globale et ainsi favoriser sa participation à certaines activités sportives ou de loisirs.

 

 

Les autres ressources

 

§         Les services du CSSS

 

Le centre de santé et des services sociaux de chaque région   (anciennement les CLSC) offre des services de soutien à la famille, de transport, de répit et autres.   

 

 

 

 

§         Les services en privé

 

Il existe également, dans plusieurs régions du Québec, des cliniques privées qui offrent des services d’ergothérapie, d’orthophonie ou encore de psychologie/neuropsychologie, qui pourront agir auprès des enfants dyspraxiques. Que ce soit dans l’attente de services dans le réseau public ou encore en complémentarité de ceux-ci, une collaboration aura avantage à être établie entre les différents acteurs qui gravitent autour des enfants et de leur famille.

 

 

§         Les organismes communautaires

 

Différents organismes communautaires, tels que les associations de parents, peuvent offrir un soutien aux familles et une occasion de rencontrer d’autres personnes qui vivent avec la dyspraxie.

 

C’est en s’informant de ce qui peut être fait pour notre enfant dyspraxique et en participant activement à son mieux-être, que le sentiment d’impuissance arrive à s’estomper. Pour mieux gérer le stress qu’amène un tel diagnostic et éviter de le communiquer à notre enfant , il peut être bon d’échanger avec d’autres parents et réconfortant de s’ouvrir aux gens qui nous entourent.

 

Il est possible de contacter des parents par le biais de diverses associations :

 

ü      Association québécoise pour les enfants dyspraxiques (AQED)

819-829-0594

 

ü      Association québécoise pour les troubles d’apprentissage (AQETA)

514-847-1324

www.aqeta.qc.ca

 

ü      Regroupement des associations des parents PANDA du Québec

1-877-979-7788

www.associationpanda.qc.ca

 

 

 

 

 

D’autres organismes ou services peuvent venir en aide aux familles :

 

 

ü      Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ)

1 800 567-1465

www.ophq.gouv.qc.ca

 

ü      Divers services d’aide et de soutien aux personnes handicapées du Québec (services gouvernementaux du Québec et du Canada)

 

 

Références utiles

 

§         Ordres professionnels

 

ü      Ordre des ergothérapeutes du Québec

1 800 265-5778

www.oeq.org

 

ü      Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec

1 888 232-9123

www.ooaq.qc.ca

 

ü      Ordre des psychologues du Québec

1 800 363-2644

www.ordrepsy.qc.ca

 

ü      Ordre des physiothérapeutes du Québec

1 800 361-2001

www.oppq.qc.ca

 

§         Centre de réadaptation Estrie

819-346-8411 ou 1 800 361-1013

www.cre.org

 

§         Association des établissements de réadaptation en déficience physique du Québec

www.aerdpq.org

 

§         CanChild

www.canchild.ca

CanChild est un centre de recherche de l’Université McMaster en Ontario dont la mission est d’améliorer la qualité de vie des enfants avec incapacités motrices et de leur famille. Il emploie l’appellation «Trouble d’acquisition de la coordination» (Developmental Coordination Disorder) plutôt que dyspraxie. Le site est en anglais mais plusieurs documents sont disponibles en français.

 

14-avr-2009
Que dois-je faire?

Ce texte a été conçu par l'Association Québécoise pour les Enfants Dyspraxiques

La dyspraxie est un diagnostic médical, qui pourra fréquemment être appuyé par des évaluations complémentaires, notamment en neuropsychologie et en ergothérapie.

 

Habituellement, les parents qui ont des inquiétudes au regard du développement de leur enfant consultent d’abord leur médecin de famille ou leur pédiatre. Toutefois, la dyspraxie étant encore peu connue par ces médecins, une référence à un neuropédiatre sera souvent indiquée puisqu’il est le spécialiste qui connaît le mieux ce trouble neuro-développemental. À cet égard, il importe que les parents rapportent le plus tôt possible leurs observations et celles de leur entourage pour que les références nécessaires puissent se faire dans un délai raisonnable. Les observations peuvent concerner plusieurs domaines du développement de l’enfant, par exemple :

 

·        une maladresse motrice présente dans plusieurs activités ou une difficulté plus grande que les enfants du même âge à apprendre des activités motrices complexes comme la bicyclette, la natation, le patin ou autres ;

·        une tendance à éviter les jeux de dextérité manuelle, les activités graphiques (dessin, coloriage, écriture) ou les jeux de construction ;

·        un retard dans l’acquisition des activités comportant une séquence d’actions (praxies) comme s’habiller, utiliser des ustensiles, attacher les lacets de chaussures, écrire, etc. ;

·        une difficulté à accepter différentes textures d’aliments ou de vêtements, à tolérer les bruits environnants ou des odeurs particulières, ou encore un refus ou une réaction disproportionnée devant certaines activités ;

·        des difficultés scolaires, notamment à l’écriture, aux tâches de mathématiques, en éducation physique ou en arts plastiques ;

·        une anxiété face à l’inconnu et une rigidité dans les changements de routines.

 

C’est la présence de plusieurs de ces indices, observés dans plus d’un milieu de vie de l’enfant, et ce de façon persistante dans le temps, qui peuvent servir au dépistage de la dyspraxie.

 

 

L’évaluation par un médecin spécialiste

 

L’évaluation médicale s’appuiera d’abord sur l’histoire de la grossesse et du développement de l’enfant de même que sur la recherche d’antécédents familiaux significatifs. Viennent ensuite divers examens qui tiennent compte de l’âge de l’enfant et de sa collaboration tout au long de l’évaluation.

 

·        L’examen général sert essentiellement à rechercher des signes physiques présents dans certaines pathologies auxquelles sont associés des troubles praxiques ;

·        L’examen neurologique et l’observation de l’enfant donnent au médecin beaucoup d’informations concernant sa motricité globale (démarche, équilibre, utilisation et symétrie des deux côtés du corps), sa motricité fine (préhension d’objets, préférence manuelle), ses réflexes, sa force musculaire et sa sensibilité ;

·        L’évaluation des fonctions cognitives prend également une grande place dans la rencontre avec le médecin et se fait par l’utilisation de différentes tâches comme la reproduction de dessins en copie et de mémoire, la recherche de détails visuels sur une image, la répétition de chiffres, la mémorisation de mots, l’imitation de gestes ou de mouvements de la bouche, l’écriture et la lecture. Toutes ces tâches renseignent le médecin sur les capacités d’attention et de mémoire, sur les habiletés langagières, sur le développement des praxies et sur les aptitudes scolaires de l’enfant.

 

La plupart du temps, il n’y a aucune nécessité de réaliser des examens plus poussés tels que électroencéphalogramme, CT scan, imagerie par résonance magnétique (IRM), ou autres, puisque ces examens ne donnent aucun renseignement pouvant conduire au diagnostic de façon certaine.

 

Lorsque le médecin spécialiste conclut à un diagnostic de dyspraxie, il proposera généralement aux parents des contrôles périodiques afin de suivre l’évolution de l’enfant.

 

 

L’évaluation en neuropsychologie

 

L’évaluation en neuropsychologie est utile sur plusieurs plans pour soutenir le diagnostic de dyspraxie. D’abord, l’évaluation du potentiel intellectuel permet de faire ressortir les forces et les faiblesses de l’enfant, ce qui corrobore souvent le tableau de dyspraxie et aide à l’orientation vers les bons services. Typiquement,  l’enfant dyspraxique présente  un profil intellectuel dans la moyenne des enfants de son âge. Cependant, le tableau met en évidence un écart considérable entre les capacités verbales et les capacités visuo-motrices, les premières étant beaucoup meilleures que les secondes.  De plus, le neuropsychologue pourra évaluer de façon spécifique et approfondie les fonctions cognitives comme l’attention, la mémoire, le raisonnement, etc.

 

À l’étape diagnostique, les ressources de neuropsychologie sont le plus souvent disponibles en milieu hospitalier ou en bureau privé. Dans le milieu scolaire, c’est le psychologue qui pourra aider au dépistage des enfants, par l’évaluation intellectuelle de même que par des observations en classe et des discussions avec l’enseignant.

 

 

L’évaluation en ergothérapie

 

L’évaluation en ergothérapie a pour but de faire un portrait des capacités et des incapacités de l’enfant sur les plans sensoriel, moteur, perceptuel et organisationnel. En raison de sa formation, l’ergothérapeute sera en mesure de faire ressortir les répercussions de la dyspraxie sur les habitudes de vie de l’enfant et de préciser les services à offrir pour maximiser son autonomie.

 

Les services d’ergothérapie à l’étape diagnostique sont  disponibles en milieu hospitalier ou encore en bureau privé. Actuellement, les ressources d’ergothérapie dans les programmes « enfance-famille » du réseau de première ligne (CSSS) sont variables d’une région à l’autre et elles sont encore très peu disponibles dans les milieux scolaires.

 

Notons qu’il nous apparaît très important que les parents s’assurent que le médecin fasse une référence en ergothérapie puisque c’est souvent le professionnel le plus interpellé dans la réadaptation de l’enfant dyspraxique. 

 

 

 

Références

 

1.      Breton S. et F. Léger. Mon cerveau ne m’écoute pas. Comprendre et aider l’enfant dyspraxique. Éditions du CHU Sainte-Justine, 2007.

2.      Pannetier, E. La dyspraxie : une approche clinique et pratique. Éditions du CHU Sainte-Justine, 2007

14-avr-2009
Apprivoiser la dyspraxie

Ce texte a été conçu par l'Association Québécoise pour les Enfants Dyspraxiques

 

Définir la dyspraxie

 

La dyspraxie est un trouble de la planification et de la coordination des mouvements qui sont nécessaires pour réaliser une action nouvelle, orientée dans un but précis. Ce trouble entraîne des difficultés plus ou moins sévères dans l’élaboration et l’automatisation des gestes volontaires. Ainsi, la personne dyspraxique apparaît incapable de planifier, d’organiser et de coordonner ses gestes dans le bon ordre pour produire une action nouvelle et adaptée à l’environnement dans lequel elle agit. (Breton, S. et F. Léger, 2007)

 

La dyspraxie est donc un trouble du « comment faire ». Les personnes dyspraxiques apprennent à exécuter les tâches motrices avec beaucoup de répétitions et cet apprentissage ne se généralise pas spontanément à d’autres situations. La personne doit donc apprendre chaque variante d’une activité comme si elle était toute nouvelle.

 

La dyspraxie entraîne des incapacités qui interfèrent avec l’accomplissement des activités de la vie quotidienne, avec les apprentissages scolaires ou encore avec le travail.

 

La dyspraxie est un trouble développemental qui touche plusieurs fonctions du cerveau : intégration des informations sensorielles, perception visuelle, conceptualisation, programmation et exécution motrice, ou encore anticipation du résultat. Aucune cause n’est identifiée avec certitude, mais on retrouve dans la moitié des cas une histoire de naissance difficile. La dyspraxie toucherait environ 6% des enfants de 5 à 12 ans et les garçons en sont atteints de deux à quatre fois plus que les filles. Il faut préciser qu’on ne dispose encore d’aucune statistique québécoise. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les conditions fréquemment associées à la dyspraxie

 

§         Les difficultés attentionnelles

 

     Un des troubles les plus fréquemment associés à la dyspraxie est le trouble déficitaire de l’attention, avec ou sans hyperactivité (TDA/H). Ainsi, les enfants dyspraxiques qui présentent aussi les caractéristiques du TDA/H pourront bénéficier d’un traitement pour celui-ci. Cependant, il faut comprendre que la médication ne traite pas la dyspraxie mais seulement les difficultés d’attention et de concentration.

 

Par ailleurs, l’enfant dyspraxique peut paraître inattentif, sans réellement l’être, en raison des difficultés inhérentes à la dyspraxie au plan du traitement de l’information, de la perception visuelle et de la vitesse d’exécution. Il faut donc demeurer prudent quant à un diagnostic trop hâtif de TDA/H, puisque bien des enfants dyspraxiques, s’ils n’ont pas un réel déficit de l’attention, ne seront pas aidés par la médication.

 

§         Les difficultés d’apprentissage

 

     Beaucoup d’enfants dyspraxiques présentent des difficultés d’apprentissage à un moment ou l’autre de son cheminement scolaire. Les difficultés peuvent toucher diverses matières et être d’intensité variable selon chaque enfant  et selon son degré scolaire.

 

À la maternelle, l’enfant dyspraxique est malhabile dans les activités de coloriage et de découpage et a de la difficulté à emboîter des pièces de jeux de construction ou de casse-tête. Il tend à répéter les mêmes jeux et à observer ses compagnons  plutôt que de jouer avec eux.

 

À l’école primaire, l’apprentissage de l’écriture est particulièrement ardu; l’enfant prend son crayon de façon inefficace, a de grandes difficultés à former ses lettres et est plus lent que ses pairs. Au fil des années, l’apprentissage des mathématiques devient également de plus en plus laborieux et des matières comme l’éducation physique, la musique ou les arts plastiques, loin d’être des occasions de plaisir, sont plutôt des sources d’échec et de frustrations qui contribuent à diminuer l’estime de soi.

 

 

À l’école secondaire, si les difficultés académiques vécues au primaire tendent à se poursuivre, ce sont les nouvelles exigences d’organisation qui représentent le plus grand défi pour le jeune dyspraxique. En effet, le passage au secondaire amène plusieurs changements autant sur le plan académique que sur les plans social et de l’autonomie. Pour franchir cette transition avec succès, le jeune aura besoin de soutien et de moyens compensatoires qui contribueront à lui faire vivre des succès.

 

 

Les différentes appellations de la dyspraxie

 

Le terme dyspraxie est principalement utilisé au Québec et en Europe.

 Au Canada anglais et aux États-Unis, on utilise plutôt le diagnostic de Developmental Coordination Disorder (DCD) ou Trouble de l’acquisition de la coordination (TAC). Comme le dit son nom, cette appellation met l’accent sur l’aspect moteur du trouble identifié, en spécifiant que les problèmes de coordination, tout comme le terme de dyspraxie, interfèrent avec l’apprentissage à l’école et la réalisation des activités de la vie quotidienne. 

 

 

 

Références

 

1.      Breton S. et F. Léger. Mon cerveau ne m’écoute pas. Comprendre et aider l’enfant dyspraxique. Éditions du CHU Sainte-Justine, 2007.

2.      Léger F., N. Monfette et E. Pannetier,  La dyspraxie : Pour mieux comprendre ces enfants qui ne savent pas quoi faire du monde dans lequel ils vivent. (Feuillet d’information) Centre de réadaptation Estrie, Sherbrooke, 2005. 7p.

 

30-mar-2009
Un Robot magique !!

Une lectrice de mon blogue, Julie, m'a généreusement transmis cette référence




C
ROFTON, Etats-Unis
(AFP) — Le robot Cosmobot est devenu le meilleur ami de Kevin, un enfant de 6 ans atteint de graves troubles de développement. C’est un petit robot qui lui apprend à communiquer, avec l’espoir que ce jeune Américain pourra un jour en faire autant avec les enfants de son âge.Dans une clinique de Crofton, dans la grande banlieue de Washington, Kevin apprend à diriger le robot en langage des signes. La machine l’aide à combattre sa dyspraxie, une maladie qui l’empêche de prononcer les consonnes, de relier les effets et les causes ou de comprendre des concepts simples tels que “plus vite” ou “mieux”.

Posé sur une table, Cosmobot, qui mesure 50 cm de haut, a tous les dehors d’un personnage de dessin animé de science fiction avec ses grands yeux et ses couleurs vives, jaune et bleu.

Depuis que Cosmobot a été intégré à la thérapie il y a un an, les progrès de Kevin sont étonnants, confie sa maman, Patty Fitzgerald.

Sa maîtresse me dit qu’il lui arrive de lever le doigt en classe pour répondre aux questions. Ca, il ne l’aurait jamais fait avant. Sa volonté de parler s’est améliorée de manière évidente“, témoigne-t-elle.

Kevin s’est tellement attaché au robot qu’il s’habille comme lui en bleu et jaune. “C’est une façon de dire: +on est copains!+“, explique Mme Fitzgerald.

Pour les concepteurs de Cosmobot, la robotique ouvre de nouvelles voies thérapeutiques. En créant un personnage fictif, on donne à l’enfant un interlocuteur plus accessible.

Notre espoir, c’est que si l’enfant arrive à communiquer avec le robot - et c’est ce qui se passe - il pourra dans une deuxième étape communiquer directement avec les autres enfants ou avec les adultes“, explique Corinna Lathan, l’inventrice du robot.

CosmoBot Robot Therapie #1Cosmobot est pour répondre aux mouvements, à la voix mais peut aussi être activé par un tableau de bord composé de quatre boutons et surnommé “Mission contrôle“. Il peut bouger, répéter des phrases, se déplacer et aider l’enfant dans ses exercices.

A l’aide d’un gant équipé de capteurs, l’enfant peut faire bouger le robot ou bien copier les mouvements de la machine à la demande de ses instructeurs qui cherchent à renforcer ses muscles et ses capacités motrices.

Ca marche extrêmement bien“, s’enthousiasme la thérapeute Krista Coleman-Wood, de la Mayo Clinic, un prestigieux établissement du Minnesota (nord des Etats-Unis) qui s’intéresse au projet.

Même s’il est trop tôt pour dire si cela fonctionne mieux qu’une thérapie classique, le côté ludique plaide clairement en faveur du robot. Autrement, “devoir soulever et bouger le poignet de façon répétée devient vite ennuyeux“, relève Mme Coleman-Wood.

La Mayo Clinic s’est lancée dans des essais médicaux pour voir si le robot pourrait aussi aider des enfants souffrant d’infirmité motrice cérébrale.

Pour la créatrice du robot, Cosmobot peut aussi aider à combattre des problèmes de comportement, particulièrement le manque de concentration qui perturbe l’apprentissage de nombreux enfants.

Dans le cas de Kevin, l’aide du robot devrait lui permettre de rester dans le système scolaire classique, même si des adaptations seront nécessaires.

CosmoBot Robot Therapie #2Il a commencé à apprendre à lire et à compter et il peut désormais écrire son nom“, se félicite sa maman. “La vie de famille est plus facile. Nous pouvons désormais aller au restaurant et lui expliquer qu’il ne faut pas jeter ses couverts par terre et qu’on doit utiliser une cuillère plutôt que ses doigts pour manger.

Source : AFP

30-mar-2009
L'imagerie mentale; essentiel pour l'enfant dyspraxique




L'IMAGERIE MENTALE D'UNE ACTION

 

 

Ce qui entre dans notre cerveau provient de nos sens et ce qui en sort s’exprime sous forme de mouvement, la parole impliquant elle aussi la contraction de plusieurs muscles. Le corps humain comprend au moins 600 muscles qui déplacent un squelette de plus de 200 os. Il constitue ainsi un formidable arrangement de leviers et de ressorts dont la fine mécanique doit être coordonnée par notre système nerveux.

Chez l'être humain, bien que l'élaboration de mouvements volontaires ait atteint un haut degré d'originalité et de précision, il est bon de rappeler que nous conservons aussi beaucoup de réflexes nous facilitent la vie et qui sont apparus il y a très longtemps au cours de l’évolution

Cependant, même les mouvements volontaires les plus simples sous-tendent des commandes. Ce qui a fait dire à certains qu’il était sans doute plus facile de comprendre comment on construit les navettes qui vont dans l’espace que d’expliquer comment les astronautes font pour y grimper.

Apprendre des nouveaux mouvements demande de la concentration. Mais en s’entraînant, l’exécution de ces mouvements peut devenir complètement automatique. C'est cette libération de la pensée qui permet au pianiste professionnel de laisser parler ses émotions quand il joue, par exemple. On y parvient en répétant des gestes un grand nombre de fois ce qui, avec le temps, va rendre plus efficace les connexions du système nerveux sollicitées par le nouveau mouvement.

Mais il semble qu’il y ait une autre façon d’améliorer l’exécution d’un geste à part la répétition pure et simple de ce geste : simplement penser au geste en question ! C’est ce que l’on appelle l'imagerie mentale, qui est une technique de plus en plus utilisé par les athlètes pour améliorer leurs performances sportives.   

    

Si le seul fait de se répéter mentalement un mouvement le rend ensuite plus efficace, c’est qu’il semble que le cerveau ne fasse par une grande différence entre le fait d’exécuter réellement un mouvement et celui de le réaliser intérieurement.

Il devient donc impératif pour l'enfant dyspraxique de visualiser toute action avant de l'exécuter. Travaillez avec lui cet aspect de l'imagerie mentale. Montrez lui à visualiser son action avant de l'exécuter.

Source : http://lecerveau.mcgill.ca

19-fév-2009
La dyspraxie dans les médias


Justine Belval, orthopédagogue

23 décembre 2008, Journal de Sherbrooke

Ce trouble du développement neurologique affecte la capacité de planifier, d’exécuter et d’automatiser des séquences appropriées de mouvements qui mènent à la réalisation d’un geste.

Ainsi, l’élève dyspraxique démontre de la difficulté à intégrer des modèles de gestes (comme les mouvements nécessaires pour ouvrir une porte : mettre main sur la poignée, tourner la poignée, pousser la porte) et à les reproduire. Il existe trois formes de dyspraxie : practo-perceptuelle, visuo-perceptuelle et motrice. Il est important de savoir que la dyspraxie n’est pas une déficience, ni un trouble envahissant du développement, ni une paralysie cérébrale (La dyspraxie : une approche clinique et pratique, Evelyne Pannetier, 2007).

Origines de la dyspraxie

Ce trouble est encore très difficile à diagnostiquer et peu connu. Les causes de la dyspraxie restent assez méconnues et floues. Il peut s’agir de problèmes périnataux, génétiques ou encore d’une immaturité neurologique. Or, dans la moitié des cas de dyspraxie, on peut observer l’existence de problèmes périnataux (comme la prématurité). Pour l’autre moitié des cas, on retrace souvent des cas d’antécédents familiaux concernant d’autres troubles de développement (dysphasie, troubles spécifiques d’apprentissage). Aussi, plusieurs théories ont été élaborées pour expliquer ce trouble. Il faut retenir qu’aucun test radiologique n’existe pour diagnostiquer la dyspraxie.

Quels sont les signes/caractéristiques qui incitent à consulter?

À la maison, les parents observeront une maladresse motrice globale : l’enfant tombe plus que la moyenne (et ça persiste même après avoir appris à marcher) et il a de la difficulté à monter et à descendre les escaliers. Comme ce trouble touche aussi bien les membres inférieurs que supérieurs, l’enfant échappe les objets qu’il manipule, il est malpropre lorsqu’il mange avec une cuillère ou il refuse d’utiliser des ustensiles. Sur le plan du langage, il démontre des difficultés de prononciation, ce qui le rend difficile à comprendre pour les personnes autres que les membres de la famille. Il n’a pas d’intérêt pour les jeux de construction, de bricolage, de découpage ou de dessin. C’est souvent lors de l’entrée à la maternelle que l’on perçoit le retard de l’enfant. Ensuite, on s’inquiète des grandes difficultés d’écriture auxquelles il fait face. L’enfant démontre aussi de la difficulté à se concentrer. Trop souvent, il est évalué pour un TDAH, alors qu’il éprouve des décrochages attentionnels causés par des difficultés perceptuelles. Il ne faut pas confondre cette conséquence de la dyspraxie et le déficit de l’attention. Ainsi, les raisons qui incitent à consulter sont multiples et peu spécifiques. L’évaluation comportera alors une entrevue avec les parents, un examen neurologique ainsi qu’un examen neurocognitif.

Si vous pensez que votre enfant puisse souffrir de dyspraxie, il est fortement suggéré d’en parler avec votre médecin de famille. Celui-ci pourra vous aider et vous orienter vers les bons services. Pour plus d’informations, je vous invite à lire le livre d’Evelyne Pannetier (Éditions du CHU Sainte-Justine) et à visiter le site de l’AQED (Association québécoise pour les enfants dyspraxiques, dyspraxie@sympatico.ca), une association estrienne.
19-fév-2009
La dyspraxie: recommandations et pistes d’intervention


Justine Belval, orthopédagogue

9 janvier 2009,  Journal de Sherbrooke

Si un enfant développe des difficultés d’apprentissage liées à sa dyspraxie, la première étape à suivre est d’obtenir une évaluation complète. Cette démarche servira à préciser la nature et l’origine de ces difficultés. Les interventions pourront alors être orientées de façon appropriée.

Dyspraxie Orale

Dans le cas d’une dyspraxie orale, l’enfant aura besoin d’une rééducation intensive en orthophonie. À la maison, il est possible de commencer par faire répéter régulièrement des sons monosyllabiques (ba) à l’enfant. Ensuite, vous pouvez continuer avec des sons bisyllabiques (papa-chaton) et des séquences de sons (ba-be-bi-bo-bu). Il est aussi efficace de travailler l’apprentissage des sons en utilisant des rimes et des mélodies. Faire répéter de courtes comptines pour pratiquer l’articulation aidera celui-ci. Pour pallier les difficultés de langage, il est aussi possible d’utiliser un langage par signes.

Dyspraxie motrice

L’enfant atteint d’une dyspraxie motrice devra être suivi pour une rééducation intensive en ergothérapie. De plus, l’impliquer dans les arts martiaux, la danse ou la gymnastique favorisera sa progression sur le plan moteur. Ainsi, en famille, favorisez des activités qui travaillent la coordination et la dextérité comme le bowling et la natation. Ces enfants ont également besoin qu’on leur enseigne les gestes et les mouvements étape par étape. Le fait de s’occuper d’un animal, de le laver et de le nourrir permettra au jeune de se responsabiliser tout en effectuant des tâches qui feront travailler sa motricité. Les jeux de construction (Lego, Architek), ceux avec des outils et les jeux de poches sont à favoriser. Il est important d’adopter des routines claires et d’apporter des consignes en plus petites parties et de façon très précise. Privilégiez des activités de bricolage ou encouragez-le à faire des modèles à coller (commencer par des modèles simples) et à réaliser des figurines avec de la pâte à modeler en utilisant des accessoires (emporte-pièce, rouleau, couteau).

L’enfant appréciera également de participer à la cuisine. En effet, la confection d’un gâteau, la manipulation de la pâte ou l’épluchage des légumes sont des tâches que l’enfant peut accomplir au quotidien pour travailler sa dextérité. Finalement, les jeux de dominos, les casse-tête, les jeux de pliage de papier (origami) et la pratique du dessin sont toutes des activités vers lesquelles vous pouvez orienter votre enfant.

La dyspraxie peut mener à des problèmes d’écriture. Il est donc recommandé de faire travailler l’enfant avec un ordinateur. Cet outil favorisera son intégration sur le marché du travail, surtout si on lui enseigne comment s’en servir pour accomplir une série de tâches et d’activités. Plus jeune il aura accès à ce moyen de communication, mieux il pourra l’utiliser dans plusieurs sphères de sa vie scolaire. Le milieu scolaire joue également un rôle de premier plan pour l’enfant dyspraxique. Celui-ci a droit au soutien de ses apprentissages selon ses déficits, à une aide en ce qui concerne les interactions sociales et l’intégration ainsi qu’à une orientation dans des programmes d’apprentissage qui lui permettront d’obtenir un diplôme adapté aux difficultés, tout en lui ouvrant les portes du marché du travail.

Pour ce faire, il est évident que la communication entre les différents intervenants, l’école et la famille est indispensable. Pour en apprendre davantage sur la dyspraxie, je vous conseille de vous procurer le livre : « Mon cerveau ne m’écoute pas. Aider et comprendre l’enfant dyspraxique » aux éditions de l’hôpital Sainte-Justine (Breton et Léger, 2007).