
Les personnes avec une dyspraxie sont différentes des autres. Nous entendons cela à longueur de temps, mais qu'est-ce que cela signifie vraiment ? Pour les personnes non-dyspraxiques, y compris la plupart des parents et professeurs, cette différence est une des choses les plus inquiétantes au sujet de la dyspraxie.
Un traitement de réadaptation est considéré réussi dans la mesure où il transforme la personne dyspraxique pour qu'elle agisse davantage comme une personne non-dyspraxique. Une personne dyspraxique est considérée normalisée dans la mesure où elle a appris à réagir normalement . Mais qu'est-ce qu'être différent et être normal signifie pour nous?
On grandi entouré par beaucoup de choses qui ne sont pas comme nous — parents et autres adultes, chiens, hamsters, arbres, fleurs, meubles — et nous ne nous étonnons pas qu'ils ne soient pas comme nous. En fait ce qui rend une personne différente des autres, ne serait-ce pas l'attente qu'ont les autres à son égard? Une personne autiste a dit «Les autres personnes attendaient de moi que je sois l'un d'eux».
Vouloir être comme les autres... En raison de certains avantages perceptibles qui vont avec le fait de s'adapter, et non pas parce que cette adaptation est particulièrement souhaitable en soi ?
L'idée de vouloir s'adapter dans son propre intérêt, de considérer qu'être différent est une infortune en soi est véhiculée par la société et l'entourage. Si une personne dyspraxique est malheureuse à cause de sa différence, c'est parce que les personnes non-dyspraxiques ont appris à la personne dyspraxique que la vie sera difficile si elle est différente.
Certaines des conséquences les plus dévastatrices de la différence sont infligées par les parents et autres personnes qui croient agir au nom de l'amour. Quel message est transmis par les parents qui expriment constamment leur tristesse du fait de la différence de leur enfant par rapport aux autres enfants? Qu'est-ce qui est communiqué par des parents qui exhortent constamment leur enfant à se réadapter ?
Quelques enfants dyspraxiques intériorisent ce message et acceptent que «être normal» devienne leur principal but dans la vie. Certains autres vont se rebeller et décrocher. Peut-être que plus une personne dyspraxique s'investit dans le fait d'être normale, plus elle risque de souffrir d'anxiété, de dépression et de mauvaise estime de soi. Ne serait-ce pas une conséquence naturelle du fait de faire sa principale priorité de devenir quelqu'un d'autre que soi-même.
Quelle est la solution miracle ?
Premièrement, chacun a besoin de réaliser qu'il n'y a pas lieu d'être triste, gêné ou embarrassé en raison du fait d'être dyspraxique. Cessons de nous lamenter à ce sujet!
Deuxièmement, que les personnes non-dyspraxiques ont besoin de cesser de se tourmenter sur des considérations de normalité et de différence, et que les personnes dyspraxiques ont besoin de cesser de se laisser embarquer dans les complexes des personnes non-dyspraxiques à ces sujets. Cessons d'essayer de nier ou réduire au minimum les différences, et cessons de penser que la dyspraxie peut être séparé de la personne.
Ceci ne veut pas dire de nier la dyspraxie. Chaque enfant a besoin qu'on lui apprenne à fonctionner dans le monde. Chaque adulte rencontre des problèmes et des défis de temps en temps, et doit apprendre de nouvelles qualifications ou chercher l'aide auprès des autres.
Les personnes dyspraxiques devraient être aidées à fonctionner dans le monde en tant que personnes dyspraxiques, et pas à passer leurs vies à essayer de devenir non-dyspraxiques.
Il faut apprendre à travailler avec la dyspraxie et non contre elle !

Inspiré d'une lecture : What does being different mean ? de Jim Sinclair