Cul pis Don

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Idole

13:06, 10-jun-2008 .. Posté dans Cul pis Don .. 1 commentaires .. 0 trackbacks .. Lien

Jacques détestait danser. Il n'avait ni le rythme, ni le sens musical qui se transmet inévitablement dans les jambes et transforme le désir en ces mouvements suaves et fluides qui attirent les femmes. Il ressemblait plutôt à ces garçons trop agés qui déhanchent leur désir sur la piste de danse dans des rituels absurdes qui soulèvent plus les fous rires que les passions.
Pourtant, ce soir-là, il dansait!
Il trouvait en lui des rythmes barbares qu'il connaissait à peine, des pas de danse ludiques qui le propulsaient plus que lui même ne le faisait; il découvrait une énergie qui le surprenait à chaque pas, à chaque trémoussement, à chaque regard.
Devant lui se trouvait le rêve des rêves, la femme des femmes, le fantasme des fantasmes. Déjà tout jeune, alors qu'elle n'était encore qu'une adolescente qui poussait sa chance dans un milieu sauvage, il s'était épris d'elle. Elle tentait sa bonne fortune dans le monde du spectacle et le seul nom de sa famille lui avait permis d'obtenir déjà plus que le commun des mortels dans la même situation. Plus tard, les feux de la rampe s'étaient éteint et Jacques ne s'était jamais remis de sa disparition de la scène artistique. Il avait conservé quelques articles dont les photos évocatrices lui avait inspiré des fantasmes latents encore à ce jour.
Combien de fois s'était-il masturbé violemment devant ces images vénérées? Combien de fois même avait-il rejeté sa semence sur l'image même en jurant vulgairement son amour inconditionnel dans des termes violents?
Devant lui... elle était devant lui!
Malgré une excellente soirée où quelques opportunités s'offraient à lui, une seule maintenant ne lui paraissait digne d'intérêt: elle! Il lui offrait dans sa danse à la fois toute sa richesse et toute son humilité, toute sa foi et toute sa désinvolture, tout son espoir et toute sa haine. Le voyait-elle seulement? Il ne le savait plus.
Il lui avait envoyé plusieurs verres qu'elle avait décliné poliment; il avait tenté de l'approcher à quelques reprises, mais un ami, un ennemi ou autre s'était toujours interposé. Il s'était alors convaincu que si la parole ne lui permettait pas de l'approcher, son langage corporel le lui permettrait et il avait tout donné, sans relâche.
Il avait tellement tout donné que lorsqu'elle quitta, en lui jetant un dernier coup d'oeil amusé et faussement distrait, il ne la vit pas, absorbé qu'il était par l'énergie volage et hypnotique qu'il générait.
En arrivant à la maison, troublé et désespéré, il trouva ses vieilles revues et se masturba violemment.


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Commentaire sans titre

16:49, 25-jun-2008 .. Écrit par m
Je trouve intéressant le mélange des styles: à la fois descriptif et choquant.

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