22-fév-2007 - Chronique 4: Phase 1 -Délocalisez les « Ti-Pon »
Bernard Mathieu, alias Ti-Pon, est résident permanent au Canada. Il n’est pas citoyen canadien. Il vient d’être condamné à la prison pour dix ans et ensuite à la déportation vers son pays, Haïti. Il n’est pas le premier dans cette situation et certainement pas le dernier.
Ces criminels, après avoir purgé leur sentence, ne veulent pas quitter le Canada et dès lors des batailles juridiques s'engagent pour obtenir le droit de demeurer ici. Ils refusent la déportation sous plusieurs prétextes. Pour éviter cette problématique, il y a une alternative que l'on devrait envisager, soit la délocalisation. On devrait d’abord délocaliser les criminels qui n'ont pas la citoyenneté canadienne pour qu’ils puissent purger leur sentence dans leur pays d’origine – ou tout autre endroit désigné, et ensuite refuser leur accès au Canada. Je propose que le gouvernement canadien paie pour le service correctionnel sous-traité. Enfin un effet positif du libre marché et de la mondialisation.
Il faut, en premier, délocaliser le prisonnier puisqu'une déportation vers son pays d'origine avant d'avoir purgé sa sentence équivaut à lui redonner sa liberté, à en faire un homme libre. La délocalisation permettrait au prisonnier de purger sa peine d'emprisonnement entière en plus d'être "ipso facto" sous le coup de la déportation après sa sortie de prison. Une pierre, deux coups!
J’entends déjà la levée de boucliers de nos amis qui ont une conscience bienveillante avec un discours concernant le délabrement des prisons de certains pays, la difficulté des prisonniers d’être bien traités ou encore des dangers à l’intégrité physique et psychologique de ces même prisonniers. J’avoue que je pourrais me laisser bercer par de tels propos mais comparons cette délocalisation à un autre type de délocalisation, soit la fabrication d’un bien quelconque.
Une entreprise quitte le Canada pour fabriquer à meilleur coût ses produits. Elle engage des travailleurs selon les lois et règlements en vigueur dans le pays hôte.
Q1 : Est-ce que le consommateur canadien cherche à savoir si le travailleur étranger a un environnement de travail salubre, exempt de produits nocifs pouvant nuire à sa santé?
R1 : Très peu voire pas du tout!
Q2 : Est-ce que le consommateur canadien cherche à savoir si le travailleur étranger est bien traité? À savoir s’il a accès à un syndicat, à une semaine de 35 heures, à un congé parental, à des congés payés et autres compensations? À savoir si son salaire, si salaire il y a, va lui permettre d'obtenir un niveau de vie respectable, d'accéder à la propriété et de payer des études convenables à ses enfants?
R2 : Très peu voire pas du tout!
Q3 : Est-ce que le consommateur canadien cherche à savoir si l’intégrité physique et psychologique du travailleur étranger est respectée, soit en travaillant avec de l’équipement sécuritaire et dans un climat de travail respectueux du travailleur?
R3 : Très peu voire pas du tout!
Le consommateur veut payer le moins cher possible pour obtenir un bien. La condition humaine nécessaire pour le produire ne doit surtout pas être prise en compte. Un honnête travailleur peut souffrir, être exposé à des situations dangereuses et même trouver la mort pour produire nos biens.
Dans cette même logique, que vaut la condition humaine d’un criminel qui empoisonnait la vie de nos enfants par la vente de drogue, encourageait la délinquance chez nos adolescents et jeunes adultes (gangstérisme) et qui se moquait de l’harmonie de notre société? Pourquoi vouloir épargner les criminels alors que l’on encourage la misère chez les honnêtes travailleurs étrangers?
Comme vous pouvez le constater, délocaliser des prisonniers est tout à fait convenable, surtout dans le cas où une sentence est suivie d’un ordre de déportation. Le gouvernement canadien, en payant les services correctionnels d’un autre pays pour abriter ce type de criminels économiserait certainement de l’argent.
Lorsque l’on accepte de vivre sous le joug de la mondialisation, il ne faut pas avoir de fausses pudeurs. Il faut être cohérent! C’est maintenant au tour des gouvernements d’entreprendre la délocalisation de certains services. Qui sait, peut-être qu’un jour nos prisonniers sortiront de prison avec un bagage socioculturel et linguistique en plus!
Lexique: (définitions prises dans "Le petit Larousse illustré):
Délocaliser: "Implanter une entreprise dans une nouvelle zone, notamm. pour réduire les coûts de production"
Déporter: "Condamner à la déportation"
Déportation: "Peine politique perpétuelle, afflictive et infamante, qui consistait à exiler un condamné dans un lieu déterminé"
Gangstérisme: "Activité des gangsters; banditisme"
Ipso facto: "Par une conséquence obligée; automatiquement"
|