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17-sep-2009
-010- DE LA NORMALITÉ ET DE L'ÉQUILIBRE

-- // J'en parle, vous réagissez et, dans le respect, nous en discutons! // --

 

Normal :
- Qui constitue la norme, qui sert de référence ou de modèle.
- Qui ne présente pas d’anomalie ou de caractère pathologique.
- [Courant] Qui n’a rien d’exceptionnel, courant, habituel.

Équilibre (1) :
- État de stabilité du corps.
- Distribution égale des forces, des éléments, des masses.
- État d’une personne pondérée (modérée, sensée, posée, tempérée...)

 

(Source : Antidote RX v8, Druide Informatique Inc.)

 

Depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte (et même très longtemps après, parfois), bien des gens accordent une importance considérable au fait d'être normal, de pouvoir s'identifier et d'être identifiés à la norme. Ne pas en être, pour une raison ou pour une autre, fait en sorte qu'ils se sentent alors exclus, rejetés... comme une anomalie bizarroïde de laquelle les autres doivent se méfier.

Dans nos milieux de vie, combien de jeunes sont ostracisés pour des raisons aussi futiles que leur taille, leur poids, la couleur de leurs cheveux ou parce qu'ils pratiquent une activité moins reconnue que les activités populaires?

Bien entendu, il y aura probablement toujours des jeunes qui feront en sorte, consciemment, de sortir du lot et de visiter la marge. Personnellement, j'en étais un. Dans l'ensemble, j'en suis toujours un, d'ailleurs... mais nous y reviendrons tout à l'heure (2).

Pour le moment, concentrons-nous sur les gens « normaux », c'est-à-dire les gens qui constituent la norme, qui se présentent sous des aspects courants et habituels. Il serait facile, et probablement non fondé, de dire d'eux qu'ils font à peu près tous un effort pour être normaux, qu'ils recherchent pour la plupart l'approbation d'autrui et construisent globalement leur existence autour de leur besoin de reconnaissance. Facile, oui, et probablement faux.

Peut-être tout simplement l'espèce humaine a-t-elle naturellement une petite tendance à produire des individus qui se ressemblent... faisant en sorte qu'une majorité, dans un domaine particulier, a des comportements plus ou moins uniformes. Les autres (peut-être une minorité), dans ce même domaine particulier, cultivent naturellement des comportements marginaux.

J'en reviens donc au jeune marginal qui ne cadre pas dans le courant, la norme, l'habituel. Peut-être qu'au-delà de son désir conscient de ne pas faire partie du troupeau (s'il en est), l'excentrique le fait-il surtout parce qu'il ne sait pas faire autrement, pour ne pas dire carrément qu'il ne peut pas faire autrement.

Dans le terme « excentrique », il y a le mot « centre ». Et si la normale est établie en fonction du centre (ou l'inverse – si le centre est établi en fonction de la moyenne ou, autrement dit, de la norme), soyons bons joueurs et reconnaissons d'autre part qu'il n'y a aucun centre possible s'il n'y a pas, pour le compléter, un pourtour, une ligne marginale formant ce que l'on pourrait nommer, en géométrie, la circonférence.

Il n'y a donc aucune « normalité » s'il n'y a pas de « marginalité ». Le normal n'a aucun sens s'il n'est pas comparé/opposé/relatif au marginal. Non?

En tant que marginal (les gens qui me connaissent savent que je fais ici un simple constat, bien plus qu'une tentative de revendication du style : aimez-moi même si je suis anormal!)... en tant que marginal, donc, j'ai une position privilégiée pour observer à la fois les marginaux avec qui je partage la marge (si je puis dire), et à la fois un recul intéressant pour observer le centre de la galaxie humaine, les gens de la norme.

Je ne prétends d'ailleurs ici rien d'autre qu'un fait m'apparaissant relativement indéniable, en ce que les marginaux le sont naturellement, comme les gens dits normaux... le sont tout aussi naturellement.

Dans mon dernier texte (DE LA RELATIVITÉ... ET DE L'EMPATHIE), je finissais par vous dire que pour que le monde se porte mieux, il nous faudrait probablement tous faire un effort d'empathie envers autrui, puisque la réalité du monde est entre autres relative à nos points de vue, en tant qu'individus.

Ce que j'avais envie de vous dire, donc, aujourd'hui, en complément à ce texte, c'est que non seulement les différentes parties du monde s'opposent et se contredisent parfois, mais elles sont habituellement en plus, paradoxalement, indissociables... car complémentaires.

Malheureusement, bien des gens ne l'ont pas compris, car il arrive encore bien trop souvent que la norme (ou la marge) prétende être plus vraie et surtout meilleure que la marge (ou la norme)...

L'important n'est peut-être pas, au final, de savoir si l'on est normal ou non, mais bien plutôt de savoir si l'on est réellement à sa place (ou non). Il serait peut-être alors parfois important de dire à un jeune qu'il n'est pas normal (dans certains cas et en des circonstances particulières), s'il a besoin de l'entendre pour comprendre la place qu'il occupe dans le monde.

Pourquoi ne pas dorénavant considérer, donc, que chez tout individu normalité et marginalité ne sont peut-être pas tant d'abord le fait d'un choix conscient, mais bien plutôt le fait d'une nécessité intrinsèque... personnelle à chacun.

Alors.... et vous, vous situez-vous généralement (et naturellement) plus au centre, ou dans les régions périphériques de la société de laquelle vous faites partie?

Êtes-vous habituellement plus à l'aise quand il vous faut agir normalement, ou marginalement?


---------

Yves Boudreault
travailleur de rue / MRC de La Matapédia

(pour rejoindre les T.R. de La Matapédia - 418.629.2572 poste 207)

 

1- Je n'ai pas explicitement parlé d'équilibre, malgré le titre. Vous en êtes-vous rendu compte? Vous aurez surement compris que, de toute manière, la recherche de l'équilibre était sous-entendu autant pour l'individu sensé (qu'il soit normal ou marginal), dans sa vie personnelle, qu'elle est idéalement souhaitable pour l'ensemble de la société... entre ses membres, ses parties, ses forces.

2- Tous les marginaux sont peut-être en quelque sorte des extrémistes, mais tous les extrémistes ne sont assurément pas des fous furieux... et savent parfois même être posés et pondérés. Je me considère moi-même souvent, bien que ça puisse sembler paradoxal, comme un extrémiste modéré. Je suis naturellement extrémiste, mais j'ai appris et adopté en bien des situations la modération (car elle a souvent – oui, oui – bien meilleur goût). Je devrais peut-être simplement dire que je suis un marginal... euh... (j'allais dire « normal ») équilibré?

 

  

Écrit par YvesLeTR à 01:00 | dans:
Lien permanent | Envoyer par courriel | Commentaires(6)
Commentaires:
Vice-Versa
Ça me fait penser aux Jésuites qui disent que le bien nous paraît bien, seulement parce que le mal existe. Mais pour répondre à la question: Je me sens à mon mieux à contre-courant, tout en admirant ce qui regroupent quantité de gens.
Écrit par Edge à 01:30, 17-sep-2009 | Lien | |
Commentaire sans titre
Toute sa vie, ma mère m'a répété: «Tu ne fais jamais rien comme les autres (frère et soeurs), t'es toujours à part des autres !». J'en étais fière...Mais je ne l'ai pas assez crue. Je me balance donc entre la normalité et la marginalité. Dualité, quand tu nous tiens!
Écrit par L'esquive à 11:27, 17-sep-2009 | Lien | |
De la normalité et de l'équilibre...
Qu'est-ce que t'en penses ? Pour ma part, je crois bien que je fais partie du centre. Je suis bien quand je marche dans le sens du vent, et non à contre-courant. Ceci étant dit, je n'ai rien contre ceux qu'on dit "marginaux". C'est d'ailleurs ce qui met de l'intérêt et du piquant dans l'existence.
Écrit par YD à 20:49, 17-sep-2009 | Lien | |
Les gens normaux....
Mmmmmm, selon moi Yves les gens "normaux" sont des gens qui ont peur. En fait, je crois foncièrement que l'on a tous nos propres couleurs mais que chacun de nous se retrouve contraint à être tassé dans un rang parce que si ce qui s'en vient n'est pas planifié, ça fait drôlement peur. Cela vient selon moi de tous ces problèmes d'apparence extérieure. Si nous nous attardions à regarder à l'intérieur de nous, je suis certaine que plusieurs comportements changeraient. Mais non, on veut faire plaisir à son Surmoi et au lieu "d'être" tout simplement, nous survivons dans ce monde où l'on nous dicte qui nous devons être... Pour ma part, j'accepte très difficilement que l'on me dise de quelle façon je dois vivre, je sens qu'on brime ma liberté. Par contre, lorsqu'on n'y est pas habitué, cette liberté peut faire peur parce qu'on n'a plus de balises. Je pense tout de même qu'un jour les gens devront se réveiller et tenter de retrouver qui ils sont vraiment. Certains gens marginaux ne l'ont pas plus trouvé mais du moins ils tentent selon moi, de le trouver. Mais tu as raison, le blanc n'existe pas sans le noir...
Écrit par L'artiste à 09:25, 18-sep-2009 | Lien | |
commentaire
en effet aujourd'hui, je me sentirais moi un peu à cheval entre les 2. Qu'est-ce qui est normal ? Quelque chose qui nous ressemble ? cela veut-il dire que parce qu'on est différent, on n'est pas normal, donc qu'on représente une sorte de menace ? Parce que l'on est pas comme ceux qui se considère normal ? je me considère à la fois comme "normal" et "anormal". J'ai mes périodes de révoltes, car je sens souvent qu'on accepte pas mes défauts... et ca m'agace profondément. Je ne veux pas changer car je suis comme je suis. Je dois accepter les autres comme ils sont. Aux autres à faire de même!
Écrit par Gégéboubou à 14:01, 22-sep-2009 | Lien | |
Un peu de tout en chacun de nous
@ tous

Il ne nous aura fallu que quelques commentaires pour, déjà, avoir un échantillonnage varié de gens se disant tantôt plutôt marginal, tantôt plutôt "au centre", et tantôt l'un et l'autre. Intéressant! Merci d'avoir pris le temps de...

@ L'artiste

Je ne suis pas convaincu que les gens "normaux" soient tous des gens qui aient peur. Je connais des artistes marginaux qui ont peur, et des comptables fort peu excentriques qui sont tout à fait bien dans leur peau. Par contre, j'abonde dans votre sens lorsque vous dites que nous devrions tous, tout simplement "être".

@ Gégéboubou

Dans ce texte, j'ai considéré "normaux" les gens qui forment une majorité moins excentrique. Je ne l'ai pas précisé, mais comme je ne définis pas un groupe en particulier (les gens qui s'habillent en noir ou qui portent des bretelles, par exemple), soit il nous faut considérer "dans la vie en générale" ou "dans un aspect particulier de la vie". Ainsi, une personne "dans la norme" dans la vie en général peut être "excentrique" dans sa manière de considérer l'importance de l'hygiène. Et un punk qui se révolte à propos d'à peu près tout peut, au niveau des arts visuels, aimer sincèrement les grands classiques de DeVinci (très populaire, donc). Ni tout à fait noir, ni tout à fait blanc...

= : ') x
Écrit par YvesLeTR à 20:42, 22-sep-2009 | Lien | |


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