-- // J'en parle, vous réagissez et, dans le respect, nous en discutons! // --
Normal :
- Qui constitue la norme, qui sert de référence ou de modèle.
- Qui ne présente pas d’anomalie ou de caractère pathologique.
- [Courant] Qui n’a rien d’exceptionnel, courant, habituel.
Équilibre (1) :
- État de stabilité du corps.
- Distribution égale des forces, des éléments, des masses.
- État d’une personne pondérée (modérée, sensée, posée, tempérée...)
(Source : Antidote RX v8, Druide Informatique Inc.)
Depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte (et même très longtemps après, parfois), bien des gens accordent une importance considérable au fait d'être normal, de pouvoir s'identifier et d'être identifiés à la norme. Ne pas en être, pour une raison ou pour une autre, fait en sorte qu'ils se sentent alors exclus, rejetés... comme une anomalie bizarroïde de laquelle les autres doivent se méfier.
Dans nos milieux de vie, combien de jeunes sont ostracisés pour des raisons aussi futiles que leur taille, leur poids, la couleur de leurs cheveux ou parce qu'ils pratiquent une activité moins reconnue que les activités populaires?
Bien entendu, il y aura probablement toujours des jeunes qui feront en sorte, consciemment, de sortir du lot et de visiter la marge. Personnellement, j'en étais un. Dans l'ensemble, j'en suis toujours un, d'ailleurs... mais nous y reviendrons tout à l'heure (2).
Pour le moment, concentrons-nous sur les gens « normaux », c'est-à-dire les gens qui constituent la norme, qui se présentent sous des aspects courants et habituels. Il serait facile, et probablement non fondé, de dire d'eux qu'ils font à peu près tous un effort pour être normaux, qu'ils recherchent pour la plupart l'approbation d'autrui et construisent globalement leur existence autour de leur besoin de reconnaissance. Facile, oui, et probablement faux.
Peut-être tout simplement l'espèce humaine a-t-elle naturellement une petite tendance à produire des individus qui se ressemblent... faisant en sorte qu'une majorité, dans un domaine particulier, a des comportements plus ou moins uniformes. Les autres (peut-être une minorité), dans ce même domaine particulier, cultivent naturellement des comportements marginaux.
J'en reviens donc au jeune marginal qui ne cadre pas dans le courant, la norme, l'habituel. Peut-être qu'au-delà de son désir conscient de ne pas faire partie du troupeau (s'il en est), l'excentrique le fait-il surtout parce qu'il ne sait pas faire autrement, pour ne pas dire carrément qu'il ne peut pas faire autrement.
Dans le terme « excentrique », il y a le mot « centre ». Et si la normale est établie en fonction du centre (ou l'inverse – si le centre est établi en fonction de la moyenne ou, autrement dit, de la norme), soyons bons joueurs et reconnaissons d'autre part qu'il n'y a aucun centre possible s'il n'y a pas, pour le compléter, un pourtour, une ligne marginale formant ce que l'on pourrait nommer, en géométrie, la circonférence.
Il n'y a donc aucune « normalité » s'il n'y a pas de « marginalité ». Le normal n'a aucun sens s'il n'est pas comparé/opposé/relatif au marginal. Non?
En tant que marginal (les gens qui me connaissent savent que je fais ici un simple constat, bien plus qu'une tentative de revendication du style : aimez-moi même si je suis anormal!)... en tant que marginal, donc, j'ai une position privilégiée pour observer à la fois les marginaux avec qui je partage la marge (si je puis dire), et à la fois un recul intéressant pour observer le centre de la galaxie humaine, les gens de la norme.
Je ne prétends d'ailleurs ici rien d'autre qu'un fait m'apparaissant relativement indéniable, en ce que les marginaux le sont naturellement, comme les gens dits normaux... le sont tout aussi naturellement.
Dans mon dernier texte (DE LA RELATIVITÉ... ET DE L'EMPATHIE), je finissais par vous dire que pour que le monde se porte mieux, il nous faudrait probablement tous faire un effort d'empathie envers autrui, puisque la réalité du monde est entre autres relative à nos points de vue, en tant qu'individus.
Ce que j'avais envie de vous dire, donc, aujourd'hui, en complément à ce texte, c'est que non seulement les différentes parties du monde s'opposent et se contredisent parfois, mais elles sont habituellement en plus, paradoxalement, indissociables... car complémentaires.
Malheureusement, bien des gens ne l'ont pas compris, car il arrive encore bien trop souvent que la norme (ou la marge) prétende être plus vraie et surtout meilleure que la marge (ou la norme)...
L'important n'est peut-être pas, au final, de savoir si l'on est normal ou non, mais bien plutôt de savoir si l'on est réellement à sa place (ou non). Il serait peut-être alors parfois important de dire à un jeune qu'il n'est pas normal (dans certains cas et en des circonstances particulières), s'il a besoin de l'entendre pour comprendre la place qu'il occupe dans le monde.
Pourquoi ne pas dorénavant considérer, donc, que chez tout individu normalité et marginalité ne sont peut-être pas tant d'abord le fait d'un choix conscient, mais bien plutôt le fait d'une nécessité intrinsèque... personnelle à chacun.
Alors.... et vous, vous situez-vous généralement (et naturellement) plus au centre, ou dans les régions périphériques de la société de laquelle vous faites partie?
Êtes-vous habituellement plus à l'aise quand il vous faut agir normalement, ou marginalement?
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Yves Boudreault
travailleur de rue / MRC de La Matapédia
(pour rejoindre les T.R. de La Matapédia - 418.629.2572 poste 207)
1- Je n'ai pas explicitement parlé d'équilibre, malgré le titre. Vous en êtes-vous rendu compte? Vous aurez surement compris que, de toute manière, la recherche de l'équilibre était sous-entendu autant pour l'individu sensé (qu'il soit normal ou marginal), dans sa vie personnelle, qu'elle est idéalement souhaitable pour l'ensemble de la société... entre ses membres, ses parties, ses forces.
2- Tous les marginaux sont peut-être en quelque sorte des extrémistes, mais tous les extrémistes ne sont assurément pas des fous furieux... et savent parfois même être posés et pondérés. Je me considère moi-même souvent, bien que ça puisse sembler paradoxal, comme un extrémiste modéré. Je suis naturellement extrémiste, mais j'ai appris et adopté en bien des situations la modération (car elle a souvent – oui, oui – bien meilleur goût). Je devrais peut-être simplement dire que je suis un marginal... euh... (j'allais dire « normal ») équilibré?