- Relatif à : qui concerne, qui a rapport à, qui est relié d’une façon ou d’une autre à.
- Qui est étroitement lié à, qui dépend de.
- (Au pluriel) Se dit de choses qui ont un rapport réciproque, qui doivent être considérées l’une par rapport à l’autre.
Empathie :
- [PSYCHOLOGIE] [PHILOSOPHIE] Capacité de se mettre intuitivement à la place de son prochain, de ressentir la même chose que lui, de s’identifier à lui.
- Compassion.
(Source : Antidote RX v8, Druide Informatique Inc.)
N'ayez crainte... Je ne vous assommerai pas avec la théorie de la relativité d'Einstein, car je n'ai aucune compétence spécifique me permettant de vous en parler de manière intelligible.
Par contre, la relativité peut très bien être discouru d'autres manières. Déjà, en tentant de considérer toute chose du point de vue de son observateur (ou des points de vue de ses observateurs).
Pourquoi ai-je aujourd'hui envie de vous parler de relativité, de ce qui est relatif?
Eh! Bien... parce que je crois personnellement que pratiquement tout est relatif (relatif au point de vue de son observateur, entre autres), et que c'est là une chose de laquelle nous ne sommes pas toujours conscients, mais qui participe tout de même à peu près toujours à la confusion et à l'incompréhension desquelles naissent les conflits humains de manière générale (et qui nourrit en quelque sorte le fossé entre les générations, si je désire être plus précis).
O.K. Je reprends avec un exemple.
Yves est un « vieux » de trente-sept ans. (C'est une affirmation que je commenterai plus loin.)
Du point de vue d'un jeune de quinze ans que je côtoie dans la rue, ça ressemblerait à un fait. J'ai plus du double de son âge, quelques cheveux blancs, et se considérant lui-même jeune, il ne lui viendrait peut-être même pas à l'idée de me voir comme tel.
D'un autre côté, du point de vue de l'une de mes amies qui est retraitée depuis quelques années déjà, cette affirmation pourrait tout simplement paraître ridicule, voire grotesque. Elle a presque le double de mon âge, et se considérant elle-même encore jeune (de coeur?), il ne lui viendrait probablement pas à l'esprit de me percevoir comme un « vieux ».
Alors, suis-je vieux, ou ne le suis-je pas?
De mon point de vue, je le suis parfois... et parfois pas. Ça dépend des circonstances (c'est – ta-dam! – relatif). Quand je passe toute une nuit à discuter avec des jeunes au bord d'un feu de camp, et que je ne rentre chez moi qu'à sept heures du matin, alors je me sens vieux. Au contraire, quand je discute avec une personne qui vit de la pratique de son art depuis cinquante ans, l'artiste en moi se sent bien jeune et sans expérience.
Quel rapport avec le fossé séparant les générations, me direz-vous? Très simple. Souvent, les plus jeunes n'ont pas encore appris (1) à se mettre à la place des autres (adopter un point de vue autre que le leur), et les plus vieux ont de leur côté bien du mal à se souvenir de ce qu'était leur façon de voir les choses à l'aube de leur vie (autrement dit, le point de vue qu'ils avaient à l'époque).
Alors voilà! Le fossé se creuse de lui-même... Non?
O.K. Je vais m'efforcer d'être plus clair encore.
Peu importe que nous soyons deux, dix ou cent observateurs face à quelque chose, aucun n'aura le même point de vue. Physiquement, c'est impossible. Deux personnes ne peuvent se trouver exactement au même endroit au même moment (c'est une sorte de petite règle universelle en lien avec l'espace-temps... Mais je laisse à Monsieur Einstein ces notions relativement plus hermétiques).
De la même manière, même si l'objet qui retient collectivement notre attention n'est pas physique, comme c'est le cas pour une idée ou un principe, par exemple, nous n'avons, là non plus, jamais tout à fait le même point de vue sur lui.
Bref, nous sommes tous différents et nous ne percevons pas les choses tout à fait de la même manière, qu'elles soient physiques ou métaphysiques.
Et l'empathie, dans tout ça?
Eh! Bien... en théorie, puisque c'est en quelque sorte la capacité que nous avons de nous mettre à la place des autres, l'empathie devrait être l'une des solutions les plus efficaces pour nous permettre d'apprendre à nous respecter entre nous et à vivre ensemble, malgré nos différences.
En pratique, toutefois, ce n'est pas aussi simple. Jeunes ou aînés, nous sommes tous conditionnés à la survie, ce qui fait que nous pensons d'abord généralement (et naturellement) à nous-mêmes. Il nous faut donc faire un effort plus ou moins conscient pour nous ouvrir aux autres, à ce qu'ils vivent, pensent et ressentent.
En prenant du recul sur mon existence, je prends conscience aujourd'hui que, les années passant, mes valeurs, mes croyances et mes idées se cristallisent doucement, très lentement, sans trop que je m'en rende compte. Je dois donc garder en tête que c'est à travers ma propre capacité à adopter le point de vue des gens avec qui j'interagis que je pourrai apprendre à les connaître, et à les reconnaître réellement pour ce qu'ils sont (souvent bien malgré eux), et ce sans jugement.
Ce n'est qu'une théorie reliée à mes observations, mais je crois personnellement que l'immanente relativité des choses de ce monde et notre capacité à faire preuve d'empathie sont réellement liées l'une à l'autre dans notre quête de mieux-être. Nous sommes séparés par la relativité de nos points de vue, et il nous faut faire preuve d'empathie pour nous rejoindre.
Parler la même langue ne suffit pas. Communiquer réellement n'est possible que si nous nous ouvrons au point de vue de l'autre. Rester campés sur nos positions, sans flexibilité, n'entraine que des dialogues de sourds (soit dit sans vouloir offenser les malentendants, vous l'aurez compris).
Alors, n'avez-vous pas parfois l'impression, de votre côté, que le monde se porterait généralement mieux, et que nous nous rejoindrions plus aisément entre générations, si nous étions tous à même de faire preuve de plus d'empathie, par-delà nos points de vue... euh... bien relatifs?
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Yves Boudreault
travailleur de rue / MRC de La Matapédia
1- Bien que je parle d'apprendre à vivre l'empathie, il se pourrait bien que certains individus, même très jeunes, soient plus à même que d'autres de l'éprouver naturellement. Certains jeunes ont plus d'empathie que d'autres, et certains « vieux » ne la développeront peut-être pas non plus vraiment.