-- // J'en parle, vous réagissez et, dans le respect, nous en discutons! // --
Qui ne connait pas au moins un jeune, dans son entourage, désirant depuis longtemps partir loin de son environnement familial, sac de voyage sur le dos et bottillons de marche aux pieds? Ces jeunes globetrotteurs rêvent parfois de l'Ouest canadien, parfois de quelque pays d'Europe ou d'Amérique du Sud; mais qu'importe leur destination, ils veulent voir du pays et se frotter à d'autres cultures. Ils ont résolument envie de liberté.
D'un autre côté, il y a tous ceux qui n'en ont pas envie. Ils n'ont pas ou peu d'intérêt pour l'aventure et apprécient sincèrement le confort du foyer familial. Ceux-là rêvent souvent de se forger un nid douillet et de s'enraciner. Ils ont résolument besoin de sécurité.
Bien sûr, l'existence n'étant à peu près jamais seulement en noir et blanc, il y a aussi nombre de jeunes qui sont soit déchirés entre ces deux extrêmes, soit vivant en équilibre entre eux... dans quelques zones de gris peut-être aussi diverses qu'il y a d'individus.
Derrière eux (idéalement), il y a des parents ayant autant de visions personnelles distinctes qu'ils sont dissemblables. Il y a le parent protecteur, à l'affût du moindre danger, du plus infime des risques. Mais il y a aussi, à l'autre bout du spectre parental, le parent ultra libéral (qu'importe son allégeance politique), pour qui l'enfant doit absolument se casser le nez tout seul au moins quelques fois pour apprendre.
Je me défends bien de considérer ces types comme étant les seuls représentatifs de l'ensemble des parents que je connaisse, mais ils me suffisent ici à illustrer mon propos.
Vos enfants crient-ils leur besoin de liberté et d'indépendance, ou sont-ils à la recherche de stabilité et de sécurité? Et comme adultes, êtes-vous plus paniqués à l'idée de voir votre fille partir outre-mer avec sa meilleure amie, ou bien de voir votre fils devenir un Tanguy (2)?
Malheureusement, il n'y a pas de mode d'emploi infaillible. Il n'y a aucune recette magique applicable à tout un chacun. Il n'y a que des êtres humains en évolution, tous différents et tous à la recherche d'une vérité qui leur est propre.
Au fond, qu'importe qu'il faille à nos jeunes qu'ils quittent (ou non) le foyer pour s'ouvrir au monde; ils sont de toute façon condamnés à la vie, aux rencontres, aux embûches et à l'échec, comme ils sont aussi condamnés aux découvertes et à la réussite.
Le meilleur moyen d'aider nos jeunes à atteindre leur plein potentiel, c'est probablement d'être à l'écoute de ce qu'ils sont, puis de les guider au meilleur de nos connaissances vers ces chemins qu'ils sentent devoir et pouvoir parcourir, vers ces routes qui les habitent et qui les appelleront tant et aussi longtemps qu'ils ne les auront pas empruntées.
La voie de l'un ne convient pas nécessairement à l'autre, mais celle qui part à l'aventure aura peut-être aussi un jour à dessein de vivre sur des bases stables, comme celui n'ayant jamais voulu explorer le monde aura peut-être un jour envie d'aller voir ailleurs s'il s'y trouve. Chacun d'eux devra simplement trouver une façon de concilier et d'équilibrer ses besoins de liberté et de sécurité.
Au final, l'adulte en devenir aura probablement un jour le désir, et d'une manière qui sera sienne, de rencontrer L'alchimiste (3) pour entreprendre son voyage intérieur et découvrir les trésors qui sommeillent en lui... comme il s'en trouve en chacun de nous.
Les voyages déforment-ils la jeunesse? Peut-être. Mais si c'est le cas, ne croyez-vous pas que c'est peut-être justement parce que les voyages ont aussi le pouvoir de la réformer, de l'informer, de la transformer... et de la reformer?
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Yves Boudreault
travailleur de rue / MRC de La Matapédia
1- Titre inspiré de l'expression consacrée « Les voyages forment la jeunesse ».
2- Tanguy, réalisé par Étienne Chatiliez, 2001.
3- L'Alchimiste (O Alquimista), écrit par Paulo Coelho, 1988.