L’ÉCONOMIE DE LA CHASSE COMMERCIALE AUX PHOQUES
Avertissement: Ce blogue contient des images qui pourraient ne pas convenir aux jeunes enfants et à certaines personnes sensibles!
La valeur débarquée de la chasse commerciale aux phoques au Canada n’a atteint que 7 millions de dollars environ en 2008, et coûte aux contribuables canadiens 60 millions.(1)

Personne ne vit de la chasse au phoque. La chasse commerciale ne fournit de l’emploi que pendant quelques jours, voire quelques semaines seulement par année. Les prises autorisées ont été atteintes en moins d’une seule semaine à plusieurs années. L’argent gagné par la vente de peaux de phoques ne sert donc que de supplément au revenu – et non de revenu principal –pour les quelques 5 000 individus qui pratiquent la chasse commerciale aux phoques au Canada.
Même en 2006, année durant laquelle le prix des peaux de phoques a atteint un niveau exceptionnellement élevé – la grande majorité (environ 75 %) des communautés de chasseurs de phoques à Terre-Neuve a déclaré que moins de 5 % de leur revenu provenait de la chasse aux phoques, et plus de la moitié de ces communautés ont déclaré que moins de 2 % de leur revenu provenait de la chasse aux phoques.
La chasse aux phoques commerciale n’est pas une industrie de « pleine utilisation », et donne en fait lieu à un grand gaspillage. L’objet de convoitise de la chasse est la fourrure des jeunes phoques du Groenland âgés de trois semaines à trois mois, qui sera transformée en vêtements de luxe et autres colifichets. Le profit dérivé de la vente de la fourrure de ces jeunes phoques représente désormais environ 99 % de la valeur débarquée de la chasse commerciale aux phoques. L’industrie n’a toujours pas trouvé de marchés pour la viande de phoque, et la grande majorité des carcasses sont laissées sur la glace. Malgré d’énormes subventions gouvernementales pour mettre en marché des produits à base d’huile de phoque, un rapport récent de l’Université Memorial à Terre Neuve conclut que 80 % de la graisse de phoques est rejetée.
Sans soutien financier et gouvernemental, notamment pour couvrir les coûts de gestion et de recherche, de promotion de la chasse, de services de brise-glace et d’exemptions d’impôt aux chasseurs de phoques, l’industrie de la chasse canadienne aux phoques ne pourrait pas survivre de façon autonome. Entre 1995 et 2000, le gouvernement du Canada et celui de Terre-Neuve et Labrador ont fourni 20 millions $ en subventions directes à l’industrie de la chasse aux phoques.
La chasse continue à être subventionnée. En 2007, le gouvernement a dépensé 3,4 millions $ pour évacuer des chasseurs de phoques pris dans les glaces. Un « Plan de défense de la chasse aux phoques au Canada pour l’Europe» a coûté au contribuable canadien la somme de 362 000 $. Des centaines de milliers de dollars de fonds publics sont distribués à ceux qui participent à l’industrie de la chasse aux phoques, et servent à envoyer des délégations à l’étranger.
La chasse aux phoques est une industrie en déclin. Les prix en vigueur pour les peaux en 2007 ont chuté de presque 50 % par rapport à l’année précédente. Les prix en 2008 ont à nouveau chuté d’un autre 50 %, les chasseurs n’obtenant qu’environ 30 $ pour une peau de phoque de la meilleure qualité. La Norvège et le Groenland – pays qui pratiquent également la chasse aux phoques du Groenland, mais à plus petite échelle – subventionnent aussi largement leurs chasses. En 2006, la Norvège a subventionné l’abattage des phoques, puis, comme il n’y avait pas de marché pour les peaux, a ensuite subventionné leur incinération.

Au lieu de soutenir et promouvoir une chasse saisonnière courte et gaspilleuse, le gouvernement du Canada devrait plutôt investir dans des alternatives d’emploi plus utiles et durables pour les personnes qui perçoivent encore des revenus de la chasse aux phoques.