Les crimes écologiques du Canada : pêche commerciale intensive et chasse aux phoques
Avertissement: Ce blogue contient des images qui pourraient ne pas convenir aux jeunes enfants et à certaines personnes sensibles!
Auteure: Lucie Savard
Traducteurs pour le traitement éthique des animaux
Cela fait plus de dix ans qu'un moratoire a été imposé sur la pêche à la morue. Où en sommes-nous maintenant? Les populations de morue n'ont toujours pas récupéré. Non seulement les écosystèmes ne sont pas arrivés à reprendre le dessus à la suite de décennies de pêche intensive, mais les pêcheurs eux-mêmes y contribuent, par les " prises accidentelles " et les " pêches fantômes ".
Les pêcheurs sont autorisés à vendre la morue qui tombe " accidentellement " dans leurs filets, en plus des quotas. On parle d'une quantité astronomique de poissons, et le nombre de prises accidentelles va en croissant : 5 400 tonnes au sud des Grands bancs de Terre-Neuve pour la morue en 2003, sans compter les autres espèces protégées, comparativement à 170 tonnes en 1994. De plus, la pêche commerciale a été rouverte aux petits bateaux, dans les eaux côtières, de 1998 à 2002. Le quota autorisé de captures (TAC) était en 2002 de 5 600 tonnes, sans compter les " prises accidentelles ".
Autre véritable fléau, l'utilisation de filets maillants, interdits en Europe mais au sujet desquels, le Canada, empêtré dans la politicaillerie, n'arrive pas à légiférer. Le filet maillant se compose de rectangles verticaux de plusieurs mètres de haut et d'environ 100 mètres de large. Ces engins de pêche se signalent par des bouées, mais il arrive que les bouées soient coupées par des hélices ou des tempêtes. Les filets continuent pourtant à capturer des poissons. Lorsqu'ils sont pleins, ils se couchent au fond de l'océan, et les poissons y pourrissent ou sont mangés par les prédateurs. Une fois vides, ils se redressent et continuent leur carnage. Il existerait quelques milliers de filets maillants, composés de nylons, matière très lente à se dégrader.
Il faut savoir qu'après avoir imposé son moratoire sur la morue aux pêcheurs canadiens, le gouvernement délivrait toujours des permis aux chalutiers étrangers, destructeurs numéro 1 de la vie marine, qui ont fait des ravages quasi-irréparables. Un bon exemple, de la bouche de chalutiers pêchant la crevette à la drague : " ... à chaque coup de filet, nous ramenions 15 000 ou 20 000 livres de petit turbot du Groenland et le rejetions à l'eau. Cela fait de 15 000 à 20 000 livres par bateau, pour chaque trait de chalut ". De plus, la plus grande partie des prises non déclarées se fait hors de la zone des 200 milles canadiens, soit juste au-delà des eaux territoriales. Ces pêches illégales sont effectuées par des pavillons de complaisance, de véritables pirates des mers qui vident les océans.
Lors de l'imposition de son moratoire sur la pêche à la morue, le gouvernement a eu besoin d'un bouc émissaire, de préférence incapable de répliquer, pour calmer les pêcheurs. Quoi de mieux que le phoque? Le gouvernement du Canada ne s'est pas embêté avec des considérations qui auraient bloqué son intention d'aller de l'avant avec la chasse, comme le fait que Jacques Cartier eut décrit les Grands bancs du Saint-Laurent littéralement tapissés de morues géantes en si grand nombre qu'on pouvait les pêcher avec un panier, moment où l'on estimait la population de phoques à 30 millions , ce qui prouve que les phoques ne déciment pas les stocks de morue, et que les deux populations se maintiennent plutôt l'une l'autre en santé.
On a alors assisté à un véritable carnage, subventionné par le gouvernement canadien qui, pour poursuivre son agenda politique, restait sourd devant les protestations de vétérinaires, de biologistes indépendants et d'organismes de protection des animaux. Ceux-ci dénonçaient la pêche intensive et le crime écologique de la chasse aux phoques. Quant aux pêcheurs, ils dénonçaient les permis accordés aux chalutiers étrangers par le gouvernement canadien et lui demandait de réagir face à la menace du chalutage de fond, du dragage, et de leur impact sur le plancher océanique. Peine perdue. La pêche intensive est venue à bout de la morue, qui ne reviendra probablement pas de votre vivant, et le gouvernement a trahit la majorité de ses citoyens qui sont contre la chasse aux phoques.
Des témoignages de pêcheurs/chasseurs de phoques de l'époque (1998), recueillis par le ministère des Pêches et des Océans, ont de quoi écœurer : " À quelques reprises nous avons pris des phoques à capuchon mâles et femelles et nous avons abandonné les petits sur la glace. Deux fois j'ai vu un bébé tomber sur le pont pendant que sa mère était écorchée. Les deux petits que j'ai observés étaient vivants et ont été jetés par-dessus bord. J'ai vu les bébés se hisser sur la glace après avoir été jetés à la mer ". Ou celui-ci : " J'ai bien vu des mères être tuées et leur bébé tomber sur le pont du bateau toujours vivant. (Nom supprimé) m'a dit de le jeter par-dessus bord, ce que j'ai fait. Il est monté sur un radeau de glace. La mère était pleine de lait, le lait s'est écoulé sur le pont lorsque le petit est tombé ".
Le gouvernement s'est plaint plus tard que les rapports des observateurs étaient obsolètes, que les pratiques de tuer des blanchons avaient été abandonnées et qu'il fallait impérativement tuer les phoques pour que la morue revienne. Cette stratégie de nier les faits au moment où ils se produisent et de plus tard invoquer que les faits sont " vieux " est un classique du gouvernement, utilisé encore aujourd'hui. Le gouvernement ne reconnaît jamais après coup que les affirmations des protecteurs des animaux étaient vraies au moment où elles ont été faites, et ne s'excuse jamais de les avoir combattues avec l'argent des contribuables. On a aussi accusé les observateurs et les protecteurs des animaux, de vouloir faire du sensationnalisme. Pourtant, c'est uniquement grâce à ces derniers et aux pressions internationales que la folie de la chasse aux phoques a été dénoncée aux yeux du monde entier. Ces organismes sont nos yeux et nos oreilles.
Scène déchirante d'une mère devant la dépouille de son bébé phoque...un pauvre bébé phoque d'à peine 14 jours, il a été abattu d'un violent coup de gourdin par un chasseur Le gouvernement du Canada a déclaré que la chasse aux phoques ne tue pas de bébés phoques?
Cliquez ici pour voir quel âge ont les phoques lorsqu'ils sont tués..
Cette honteuse chasse non rentable, non durable et non écologique s'est un peu assagie pendant quelques années. Les chasseurs devaient maintenant attendre que le petit ait perdu sa fourrure blanche - quelques jours de plus - ce qui en soit ne change pas grand chose. Le bébé phoque perd son nom de blanchon, ce qui n'est qu'un événement au début de sa vie, comme un bébé humain perce sa première dent. Dès qu'il s'appelle beater, entre trois et quatre semaines, on le considère adulte, et on se vante de ne chasser que des phoques " adultes ".
Le gouvernement, au lieu de chercher une solution durable au problème économique auquel les pêcheurs de l'Est du Canada sont confrontés et que tous les Canadiens doivent assumer économiquement, subventionnait cette chasse qui, tout bien calculé, ne rapportait qu'une somme ridicule à chaque pêcheur. Ce montant est tellement minime qu'une américaine a même offert au gouvernement canadien, en 2006, la généreuse somme de 16 millions de dollars à remettre aux chasseurs, pour les empêcher d'aller massacrer les phoques.
Le gouvernement canadien continue en 2007 sur sa lancée exterminatrice. Le voilà maintenant qui parle de payer, aux frais des contribuables canadiens, des voyages en Europe aux chasseurs de phoques et qui offre des voyages au Canada à des journalistes européens pour promouvoir une chasse dont ne veulent pas la majorité des citoyens canadiens et qui ternit notre image à l'étranger. Le gouvernement utilise mes impôts, vos impôts, pour promouvoir le massacre de la chasse aux phoques!
La population canadienne pourrait très bientôt être exposée à une fournée d'arguments manipulateurs : le massacre des phoques associé à la dignité, à la fierté et aux pratiques ancestrales d'un peuple accueillant. Si le passé était garant de l'avenir, les femmes n'auraient pas le droit de vote et il n'y aurait aucune loi de protection de l'enfance en Amérique du Nord. La coutume ou les pratiques passées n'ont jamais conféré automatiquement de rectitude morale à quoi que ce soit, comme par exemple la lapidation ou l'excision.
Vous pourriez également entendre des arguments des plus spécieux et manipulateurs, en plus d'une équation entre le terme désinformation et tout ce qui est contre la chasse aux phoques. Les végétariens deviendront des pollueurs, et les chasseurs de phoques, des bienfaiteurs de l'humanité. Pour justifier le massacre des phoques, on le comparera aux odieuses batteries de cage et aux élevages industriels, ces enfers sans soleil, comme si la misère des uns justifiait celle des autres, misère que les protecteurs des animaux dénoncent depuis des années, se heurtant chaque fois à la puissance des lobbies.
Protégée par des représentants des médias qui sont plus préoccupés par leur carrière que par la protection des animaux, vus comme de simples objets, la chasse aux phoques de 2007 nous sera à nouveau infligée comme un bienfait pour l'humanité. On nous présentera des saintes familles de chasseurs sympathiques qui, en sortant de l'église, s'en vont massacrer des phoques avec la bénédiction du pape. Avec notre argent et en se fichant complètement de notre opinion.
Bravo à IFAW, à la HSUS, et à la Sea Shepherd Conservation Society , qui ont l'appui d'un très grand nombre de Canadiens. Bravo aux personnalités internationales qui ont le courage de venir dénoncer nos pratiques tiers-mondistes, d'autant plus que notre gouvernement ne représente pas la majorité de ses citoyens dans ce dossier. Boycottez les fruits de mer canadiens et les produits du phoque! Les contribuables canadiens doivent faire savoir à leur gouvernement sans vision à long terme, sans aucune considération pour la vie animale et sans conscience face aux grands enjeux écologiques, qu'ils ne veulent plus que leur argent soit dépensé pour cette chasse honteuse. Et faites taire ceux qui se vantent d'être des prédateurs de la chaîne alimentaire. Nous ne sommes pas plus prédateurs que nous ne sommes pédophiles ou batteurs de femmes.
1- http://www.dfo-mpo.gc.ca/csas/Csas/Publications/ResDocs-DocRech/2005/2005_018_f.htm (mars 2005)
2- http://www.sciencepresse.qc.ca/archives/quebec/capque1105j.html
3- http://cmte.parl.gc.ca/Content/HOC
/committee/361/fish/evidence/ev1038095/fishev06-f.htm#T0907
et http://cmte.parl.gc.ca/cmte/CommitteePublication.aspx?COM=8978&SourceId=133026&SwitchLanguage=1
4- http://www.kindtranslators.com/fichier_joint/Traduction/2-Document_Fr.doc
5- http://www.ifaw.org/ifaw/general/default.aspx?oid=130355
6- http://www.seashepherd.org/seals/
Source