30-mai-2008
Barbie et Ken

— Hey Nancy! J'ai une blague à te raconter!  me dit Sean avec exclamation.

— Vas y mon homme, je suis toute ouie!

— Connais-tu la différence entre une fille et une clôture? ...... non!?....  Il n'y en a pas, toutes les deux on peut les sauter!!  (ha-ha-ha)

Des blagues du genre, j'en entends quotidiennement de la part d'enfants et d'adolescents pour qui la sexualité est grossièrement banale. À quel point un enfant de neuf ans comprend cette blague? Beaucoup plus qu'on le crois...

Sean est un p'tit gars de neuf ans, dans le corps d'un ado de onze ans, phénomène assez rependu.  Son histoire? Semblable à toutes celles qui passent par ici : une maman que je peux croiser vers 23h rue sainte-catherine, un papa plongé tellement creux dans la consommation qu'il risque de s'y noyé, tous deux disparus dans la brume depuis plusieurs mois.

Cela fait plusieurs fois que j'entends Sean avoir des verbalisations à caractères sexuelles, plus ou moins adéquates.  Des paroles poétiques comme : « Une plote stune plote, une queue ça pas dyeux» à prime à bord très choquantes, mais qui, définitivement, ne proviennent pas du cru d'un gamin de neuf ans, aussi aède qu'il puisse être. Après quelques recherches internet, je découvre que ce texte élaboré appartient à Black Taboo, un groupe rap francophone, groupe qui empreindra décidément le patrimoine québécois pour la profondeur de leurs textes.  Je ne m'étendrai pas ici sur l'influence des médias et des groupes musicaux sur l'hypersexualisation chez les jeunes puisque c'est un sujet déjà connu, je tenais seulement à y faire un clin d'oeil.

J'apprendrai par la suite que lui et ses amis font des conversations web cam avec des copines de classe où ils s'amusent à regarder les fillettes faire des streap-tease.  D'accord d'accord, quel enfant n'a jamais joué à touche-pipi? Il faut tout de même admettre qu'il y a eu un évolution au niveau de l'éveille sexuelle chez les jeunes.  Je ne me rappelle plus très bien où j'en étais à cet âge, par contre, je sais que Barbie ne faisait pas de fellation à Ken.

Bien sur, la dynamique familiale a un impact sur le raisonnement d'un enfant face à la sexualité, des parents ouverts et disponibles à en parler favorise un développement sain à ce niveau, par contre, la cour d'école reste un espace très influent et les jeunes gardent les oreilles grandes ouvertes lorsqu'il est question de sexe!  Avec les cours de f.p.s. qui ont été retirés des horaires de cours, les jeunes ont besoin de modèles et d'apprentissages venant de sources sures, comme les parents.

Je ne suis pas certaine que Black Taboo aient un discours très éducatif!

 

 

écrit par Nancy à 09:10 | dans:
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