Un ange tombé du ventre de satan, c'est ainsi que son histoire commence
Noah est né d'une mère-fille toxicomane et d'un père absent. Trois ans à peine et le petit bonhomme attend sa maman aux portes de la garderie, maman qui ne reviendra jamais plus, maman qui a probablement pris une ligne de trop.
Le bambin de trois ans commence donc sa cavale à l'intérieur de la remarquable entreprise de la protection de la jeunesse. D'abord, on le met dans une famille transitoire avant de lui trouver une famille d'accueille. Une fois cette famille trouvée, celle-ci fait la promesse à Noah de l'adopter. Pourtant, quelques mois plus tard, elle refermera la porte derrière lui en accusant ses troubles du comportement beaucoup trop difficiles à gérer. Noah sera encore en stand by pour une durée illimitée, le temps de trouver une autre famille, qui lui fera également la promesse de l'adopter. Cette famille qu'il apellera ''papa et maman'' dès la première journée tant il a besoin d'amour, cette famille qui l'abandonnera à leur tour après deux longues années. Pour faire une histoire courte, Noah aura été déplacé huit fois avant de cogner à ma porte, ou plutôt la porte d'une autre entreprise affiliée à la protection de la jeunesse et qui en dépend plus que tout...
Noah avait huit ans quand je l'ai rencontré, l'air de rien, mignon comme tout. Je ne savais pas qu'autant de colère pouvait entrer dans un si petit corps. Les fervents religieux auraient surement demandé un exorcisme devant l'ampleur de ses crises, toutefois, c'était un petit garçon adorable, attachant et réellement intelligent.
Depuis son arrivé au centre, il faisait de grands progrès et les crises diminuaient de plus en plus. Par contre à l'école, c'était de pire en pire, il refusait catégoriquement toute forme de scolarisation. Il y aurait sûrement eu des solutions autres que la conclusion fâcheuse de cette histoire. La Dpj aurait pu offrir un service personnalisé à Noah, notamment, une intervenante qui l'accompagne à l'école, mais comme tout est question d'économie, ils ont préféré transférer Noah vers une autre ressource. Cette ressource qui selon moi n'est pas du tout adaptée aux besoins de l'enfant et qui le conduiera décidément encore plus loin dans son anarchie mondiale. Il coûterait beaucoup trop cher à l'État de payer une éducatrice à 11$/h afin d'assurer un bon suivi à cet enfant. Noah, le citoyen de demain, Noah, qui risque encore plus que tout les autres enfants de sombrer dans la criminalité. Pendant ce temps, nos politiciens se payent des déjeuners à 1000$.
À huit ans, Noah aura finalement été tranféré de place neuf fois. Comment peut-on se développer judicieusement à travers ses conditions de vie? Je déplore ici le fait que le service qui est sensé protéger les enfants fait passer l'argent avant le bien-être d'un petit bonhomme de huit ans. Et c'est une histoire parmis tant d'autres...
