14-aoû-2008
Petite Crise de Nerfs

Bonjour à tous...

Comme je l'ai mentionné dans un récent article, je me suis fait voler ma voiture.  Comme si ce fait n'était pas déjà assez stressant en soit, voilà que les assurances me téléphonent et en rajoutent.

Je pars le 2 septembre en équateur.  Dans ma voiture, il y avait beaucoup de papiers dont mes prescriptions de médicaments pour le voyage, articles divers pour voyageur, etc.

Et voilà, 2 jours après l'incident,  monsieur de l'assurance me téléphone, me bombarde de questions comme si j'étais la protagoniste du vol.  Il saute du coq à l'âne et j'ai l'impression qu'il cherche à me faire dire quelque chose m'inculpant d'une quelconque faute. Mais merde!  Je pars dans 18 jours, jamais je n'aurais eu envie de m'impliquer dans des histoires à ne plus finir!

Quel paquet de trouble, je vais quitter le pays et rien ne sera réglé! C'est vraiment fâchant, déjà que la perte de ma voiture m'enrage, j'aurais eu envie d'un investigateur un peu plus sympatique.

Bon j'avais seulement besoin de faire une petite crise de nerfs, merci à tous

écrit par Nancy à 14:16 | dans:
Lien permanent | Commentaires (0) | Ajouter un commentaires
14-aoû-2008
Quand le Jeu devient réalité

Dave pourait être comme tous les petits garçons de son âge, mais il ne l'est pas. 

Il est dans une classe pour les enfants ayant une déficience intellectuelle, mais il n'accuse aucun retard mental.  Une lenteur certe, par manque de stimuli, mais pas de déficience.

Là où ça cloche, c'est qu'il a une obsession pour Mario, le jeu vidéo.  Tellement que tout son univers se construit autour de ce bonhomme animé.  Je n'avais jamais soupçonné l'ampleur que Mario avait sur la vie de Dave jusqu'à tout récemment.

Dave est le deuxième enfant d'un couple ayant une déficience intellectuelle, le premier en étant atteint également.  À l'intérieur du cocon familiale, Dave n'a jamais été très stimulé au niveau cognitif, physique et sociale.  Par contre, affectivement parlant, il n'a manqué de rien, peut-être même en à t-il trop eu.  

En arrivant ici, Dave ne voulait pas se mêler au groupe, ni même aux activités.  Il se contentait de nous parler de Mario Bross et de rester planté devant des dessins le représentant, affichant un sourir hagard sur lson visage.  Puis les mois ont coulés et Dave a essayé de  jouer au Ballon, un moment innoubliable.  Il devenait tellement surexcité devant ce jeu que ses yeux se révulsaient! 

Et puis quelques fois, Dave retourne chez ses parents et son retour ici, il semble rêveur et nous dit préférer être seul dans sa chambre et pleurer l'absence de ses parents.  Or, lorsque nous le questionnons par rapport à ce qu'il lui manque ou ses activités lors de ses sorties Dave n'arrive pas à le nommer.

J'apprendrai plus tard, quand sa mère me téléphonera en panique afin de me dire que Dave est en train de tout briser dans la maison, qu'il tente de casser la manette de Nintendo, qu'il crache au visage de ses parents, oui j'apprendrai à ce moment là que Dave joue à Mario Bross du matin au soir sans même s'arrêter.  Ses parents le laisse faire de peur que celui-ci se fâche.  Il joue en se réveillant puis continue jusqu'au dîner et va jusqu'au souper, puis vient le temps de se coucher mais Dave ne veut pas abandonné Mario! Alors Dave continue à jouer et à jouer....

De quoi Dave s'ennuit lorsqu'il revient?  S'ennuie-t-il de maman et papa ou de Mario?  Se peut-il qu'un enfant puisse confondre le jeu et la réalité.  Se peut-il que Mario soit sa réelle famille? Celle qui s'occupe de lui pour de vrai?

 

écrit par Nancy à 06:46 | dans:
Lien permanent | Commentaires (2) | Ajouter un commentaires
13-aoû-2008
La Vagabonde d'hochelaga

Le 2 septembre prochain, je ferai mon entré dans l'univers de l'amérique du sud.  Voyage d'un temps indéterminé, rien de trop pressant ne m'attendra ici, à montréal.

J'ai eu beaucoup de commentaires sur la prudence, la violence qui est partout dans ces pays sous-développés.  Les vols, les viols, les otages et tout le bla-bla-bla.  J'image qu'il faut le garder en tête.

Pourtant ce matin, en regardant à travers la fenêtre, j'ai vu une cammionette se stationner en face de mon travail.  Le conducteur à ouvert la porte et à fait sortir un individu.  Sur la banquette arrière, il semblait y avoir un homme couché, inerte.

Bref, une bataille surgit en moins de temps que cela ne le prend pour le dire.  Violente, froide, gratuite.

Je voudrais crier mais rien ne sort, l'homme va mourir. Qu'est-ce que je peux faire dans mon petit corps de femme?  Je téléphone la police et donne les infos, le temps qu'ils arrivent il n'y a plus aucune traces d'eux. Aucune idée si les hommes sont blessés ou non, je n'osais pas trop regarder.  J'ai joué à l'autruche, j'ai mis ma tête dans le sable.  Et s'il fallait qu'ils m'aient vue prendre le téléphone?

Pour ceux qui connaissent le coin, c'est une histoire comme une autre.  Je ne me rapelle plus le nombre de fois où j'ai dû téléphoner les policiers depuis le début de l'année.

Pour cette fois où une femme marchait dans la rue, qu'une voiture s'est arrêtée avec 4 jeunes hommes à l'intérieur... et qu'ils ont tabassé avec rage la demoiselle.

Ou encore cette fois où un homme avait engagé une prostitué du coin et que celle-ci avait recraché banalement le sperme de monsieur dans notre entré...

Et puis hier encore, alors que je me suis fait voler ma voiture...

Bref, tout cela pour dire que partout ici ou ailleurs, c'est un peu la même histoire.  Il y a du bon, du mauvais.  Évidemment que nous sommes très bien au québec, mais quelques fois, il faut ouvrir les yeux et se boucher les oreilles.  Ou alors seulement venir faire un tour dans hochelaga-maisonneuve.

La vagabonde

écrit par Nancy à 13:25 | dans:
Lien permanent | Commentaires (1) | Ajouter un commentaires
13-jun-2008
Quand maman est dans les parages.

Jordan à 9 ans.  En fait, il l'a apprit aujourd'hui car avant que je lui mentionne, il ne connaissait ni sa date de fête, ni son année de naissance. Comment peut-on se construire une identité en ne sachant  pas ces informations?   Oui, l'âge est subjective diront les puristes. Néanmoins, dans la tête d'un enfant, c'est une toute autre histoire.

Je le vois demander à sa mère :  «Maman, quand est-ce que je suis né

Et celle-ci lui répond: « Je suis pas trop sûre, je dois avouer que j'étais pas mal stone dans ce temps-là ; avec l'alcool, le freebase et l'épidural, il me manque des bouts!»

Semblable à beaucoup d'autres, Jordan est né d'une mère toxicomane et d'un père perdu dans la brume. Par une nuit où le seuil de tolérance des enfants avait été atteint, la soeur de Jordan le prit par la main et se sauva directement au poste de police afin de dénoncer leur condition.  Aucune nourriture dans la maison, la drogue prennant la totalité de l'argent de la mère.  Aucun encadrement, les enfants étaient laissé à eux-mêmes. Violence conjugale, violence-tout-court. Ces piètres qualités de vie ont fait de Jordan un enfant vivant de graves troubles du comportement.  Tellement qu'à huit ans, il aura un ordonnance de la cours lui interdisant d'approcher à plus de 100m la cours d'école, suite aux nombreux incidents violents dont il aurait été le protagoniste.

À son arrivé ici, on se rend compte que Jordan est un petite garçon très attachant qui n'a pas un once de méchanceté dans le corps, seulement un besoin imminent d'encadrement et d'attention.  La mère semblait se stabiliser et faire les efforts afin de ravoir ses enfants à la maison.  Nous parlions même d'un retour en milieu familiale pour Jordan, avant même la fin de son ordonnance ce qui est très rare et surtout très encourageant. 

Ce qui deva arriver arriva, la mère rechute et part au large là où le mal n'existe plus, où tout devient rêve, oublie que trois enfants la requiert et ne prend surtout pas conscience que ses gestes pertuberont ces enfants jusqu'à un point de non retour. 

Entre deux bonne pofs, elle dira à Jordan:

«N'écoute pas les autres, maman te dit que le mois prochain, tu reviendras à la maison, j'en ai pas de problème»

Et le mois suivant, Jordan attend toujours

« N'écoute pas les autres Jordan, Maman n'a pas de problème et fait beaucoup d'effort pour te ravoir.  Les gens te mentent, tu ne restera pas là-bas parce que ton placement est une erreur, ce sont des voleurs d'enfants.» dit-elle en regardant le fond de sa bouteille de Jack Daniel's

Et Jordan attend toujours, refusant de manger comme s'il cherchait à se punir lui-même, à protester passivement.  Comme si les déboires de maman-chérie étaient de sa faute, comme si le monde entier se porterait mieux sans sa présence.

Maman rajoute après avoir acheter une bonne quantité de coke: «Je te promet, je viens te chercher dimanche et dès que j'ai de l'argent, je viendrai te voir plusieurs fois par semaine, parce que je t'aime, parce que tu es mon fils et c'est ce que fait une mère

Et Jordan attend toujours.  Isolé dans sa chambre, pleurant sur son oreillé, rejettant tout les autres parce que si sa mère ne l'aime pas, personne ne peut l'aimer.

Alors nous coupons les contacts, faute de fausses promesses, de désillusion et Jordan reprend du poil de la bête en s'habituant à une vie sans maman.  Elle surgit parfois de nul part, refait son discours, ses promesses et bascule la vie du petit pour un moment, le moment de lui redonner espoir.

Qu'arrivera-t-il quand l'espoir sera mort? Quand il comprendra enfin que maman-toxicomane à réellement des problèmes, de gros?

Jordan continuera d'aimer sa mère, inconditionnellement, problèmes ou non, simplement parce qu'elle porte le nom : M-a-m-a-n.

écrit par Nancy à 10:21 | dans:
Lien permanent | Commentaires (0) | Ajouter un commentaires
30-mai-2008
Barbie et Ken

— Hey Nancy! J'ai une blague à te raconter!  me dit Sean avec exclamation.

— Vas y mon homme, je suis toute ouie!

— Connais-tu la différence entre une fille et une clôture? ...... non!?....  Il n'y en a pas, toutes les deux on peut les sauter!!  (ha-ha-ha)

Des blagues du genre, j'en entends quotidiennement de la part d'enfants et d'adolescents pour qui la sexualité est grossièrement banale. À quel point un enfant de neuf ans comprend cette blague? Beaucoup plus qu'on le crois...

Sean est un p'tit gars de neuf ans, dans le corps d'un ado de onze ans, phénomène assez rependu.  Son histoire? Semblable à toutes celles qui passent par ici : une maman que je peux croiser vers 23h rue sainte-catherine, un papa plongé tellement creux dans la consommation qu'il risque de s'y noyé, tous deux disparus dans la brume depuis plusieurs mois.

Cela fait plusieurs fois que j'entends Sean avoir des verbalisations à caractères sexuelles, plus ou moins adéquates.  Des paroles poétiques comme : « Une plote stune plote, une queue ça pas dyeux» à prime à bord très choquantes, mais qui, définitivement, ne proviennent pas du cru d'un gamin de neuf ans, aussi aède qu'il puisse être. Après quelques recherches internet, je découvre que ce texte élaboré appartient à Black Taboo, un groupe rap francophone, groupe qui empreindra décidément le patrimoine québécois pour la profondeur de leurs textes.  Je ne m'étendrai pas ici sur l'influence des médias et des groupes musicaux sur l'hypersexualisation chez les jeunes puisque c'est un sujet déjà connu, je tenais seulement à y faire un clin d'oeil.

J'apprendrai par la suite que lui et ses amis font des conversations web cam avec des copines de classe où ils s'amusent à regarder les fillettes faire des streap-tease.  D'accord d'accord, quel enfant n'a jamais joué à touche-pipi? Il faut tout de même admettre qu'il y a eu un évolution au niveau de l'éveille sexuelle chez les jeunes.  Je ne me rappelle plus très bien où j'en étais à cet âge, par contre, je sais que Barbie ne faisait pas de fellation à Ken.

Bien sur, la dynamique familiale a un impact sur le raisonnement d'un enfant face à la sexualité, des parents ouverts et disponibles à en parler favorise un développement sain à ce niveau, par contre, la cour d'école reste un espace très influent et les jeunes gardent les oreilles grandes ouvertes lorsqu'il est question de sexe!  Avec les cours de f.p.s. qui ont été retirés des horaires de cours, les jeunes ont besoin de modèles et d'apprentissages venant de sources sures, comme les parents.

Je ne suis pas certaine que Black Taboo aient un discours très éducatif!

 

 

écrit par Nancy à 09:10 | dans:
Lien permanent | Commentaires (0) | Ajouter un commentaires
27-mai-2008
L'amour avec un grand A

Ha l'amour!  C'est un sujet inépuisable, un peu comme l'histoire de l'ex ministre des affaires étrangères, monsieur Bernier!

L’amour avec un grand «A», ce n’est pas toujours évident, surtout lorsqu’on est adolescent et qu’on se sent incompris par tout notre environnement.  Avec l’hyper sexualisation projetée par les médias, la banalisation de la sexualité et de la violence, il est difficile pour un ado de vivre des relations saines et positives.  J'ai eu la chance, dernièrement, d'animer des ateliers sur les relations amoureuses dans une école secondaire avec des ados entre 15 et 17 ans.  Une expérience incroyablement enrichissante qui pourtant, me laisse un goût amer dans la bouche...

D'abord chers blogueurs, il est important de savoir que dans la majorité des écoles, les cours de f.p.s. ont été supprimés.  Le personnel, que ce soit le professeur de francais ou encore celui d'éducation physique, se doit d'apporter un brin d'éducation à la sexualité dans ses cours.  La matière est donc peu, ou pas exploitée, à quelques exceptions près.

Or, lorsque la sexualité est abordée, on en parle souvent comme un acte terrifiant.  « Attention au sida, aux mts!  Les grossesses indésirables... et tout le tra-la-la»     J'ai l'impression que nous avons peur d'éduquer les jeunes à la sexualité en présentant le thème comme étant une action de passion et de désir pouvant être agréable.  Un geste de sensualité et de proximité qui permet de fusionner complètement avec l'être aimé.  Je crois qu'il y a un moyen de parler des bons côtés de la sexualité sans pour autant en faire la propagande.  Les jeunes seraient peut-être plus réceptifs aux précautions à prendre si nos propos étaient nuancés?

Bon, je me suis éloignée du sujet.  Je voulais parler des verbalisations que j'entends au quotidien au niveau de la sexualité mais j'en suis venue à faire une critique de l'éducation... Ce sera pour une autre fois!

écrit par Nancy à 22:19 | dans:
Lien permanent | Commentaires (0) | Ajouter un commentaires
26-mai-2008
Quand je serai grand

Un ange tombé du ventre de satan, c'est ainsi que son histoire commence

Noah est né d'une mère-fille toxicomane et d'un père absent.  Trois ans à peine et le petit bonhomme attend sa maman aux portes de la garderie, maman qui ne reviendra jamais plus, maman qui a probablement pris une ligne de trop. 

Le bambin de trois ans commence donc sa cavale à l'intérieur de la remarquable entreprise de la protection de la jeunesse.  D'abord, on le met dans une famille transitoire avant de lui trouver une famille d'accueille.  Une fois cette famille trouvée, celle-ci fait la promesse à Noah de l'adopter.  Pourtant, quelques mois plus tard, elle refermera la porte derrière lui en accusant ses troubles du comportement beaucoup trop difficiles à gérer. Noah sera encore en stand by pour une durée illimitée, le temps de trouver une autre famille, qui lui fera également la promesse de l'adopter. Cette famille qu'il apellera ''papa et maman'' dès la première journée tant il a besoin d'amour, cette famille qui l'abandonnera à leur tour après deux longues années.   Pour faire une histoire courte, Noah aura été déplacé huit fois avant de cogner à ma porte, ou plutôt la porte d'une autre entreprise affiliée à la protection de la jeunesse et qui en dépend plus que tout...

Noah avait huit ans quand je l'ai rencontré, l'air de rien, mignon comme tout.  Je ne savais pas qu'autant de colère pouvait entrer dans un si petit corps.  Les fervents religieux auraient surement demandé un exorcisme devant l'ampleur de ses crises, toutefois, c'était un petit garçon adorable, attachant et réellement intelligent. 

Depuis son arrivé au centre, il faisait de grands progrès et les crises diminuaient de plus en plus.  Par contre à l'école, c'était de pire en pire, il refusait catégoriquement toute forme de scolarisation.  Il y aurait sûrement eu des solutions autres que la conclusion fâcheuse de cette histoire. La Dpj aurait pu offrir un service personnalisé à Noah, notamment, une intervenante qui l'accompagne à l'école, mais comme tout est question d'économie, ils ont préféré transférer Noah vers une autre ressource.  Cette ressource qui selon moi n'est pas du tout adaptée aux besoins de l'enfant et qui le conduiera décidément encore plus loin dans son anarchie mondiale. Il coûterait beaucoup trop cher à l'État de payer une éducatrice à 11$/h afin d'assurer un bon suivi à cet enfant.  Noah, le citoyen de demain, Noah, qui risque encore plus que tout les autres enfants de sombrer dans la criminalité.  Pendant ce temps, nos politiciens se payent des déjeuners à 1000$.

À huit ans, Noah aura finalement été tranféré de place neuf fois.  Comment peut-on se développer judicieusement à travers ses conditions de vie? Je déplore ici le fait que le service qui est sensé protéger les enfants fait passer l'argent avant le bien-être d'un petit bonhomme de huit ans.  Et c'est une histoire parmis tant d'autres...

 

écrit par Nancy à 15:02 | dans:
Lien permanent | Commentaires (3) | Ajouter un commentaires