Sois toujours poète, même en prose

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Clichés et autres riens.

12:51, 4-jui-2008 .. 0 commentaires .. Lien
Mes petites cellules grises philosophes sont au lavage. J'ai l'impression que le cycle d'essorage est encore plus long lorsque j'affronte la page blanche.

Je m'en remets donc au cliché. Il sert à cela, j'imagine: à remplir tout cet espace qu'on ne veut pas réfléchir trop longtemps.

Cliché numéro un: la météo. "Ah mon doudoux qu'il fait beau", disait ma grand-mère.

Ça sent les vacances et le vert aujourd'hui. Ça sonne comme une tondeuse. Ça sent la camomille sauvage.  L'été me donne mal au ventre.

J'ai un  souvenir en mémoire. J'ai quinze ans, je suis étendue sur mon lit, et ma peau est moite dans l'air qui ne circule pas. J'entends la télé à travers le mur, et c'est une musique mélancolique qui serre l'intérieur du nombril  qui annonce la fin des émissions. Je me rappelle m'être dit dans le noir: "C'est ça, une musique de fin du monde."

C'est peut-être pour cela les soirées de juillet et d'août me rendent nostalgique. La nuit me paraît plus riche. Le monde me semble encore plus immense. Le temps marche plus lourdement. Je retrouve l'insouciance à l'automne. L'été, malgré ce qu'on essaie de me faire croire avec les festivals du carré aux dattes et les drinks colorés, c'est une saison qui se peint de l'intérieur. J'ai l'intuition qu'elle est plus profonde qu'on veut bien le croire. Tout ce tondage de gazon, ces fleurs qu'on plante, toutes ces lectures frivoles qu'on se permet de faire en buvant du rosé et en mangeant des fraises, tous ces déploiement d'énergie sont des façons de se permettre de vivre comme on le voudrait vraiment avec l'excuse idéale que c'est la nature de l'été et qu'il passe vite.

Mon été à moi, c'est l'automne.


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