La radio des Oubliettes

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Tombé du ciel...

 

      J'ai reçu par la poste un Patrick! Un Dieu à "écailles", tombé du ciel! Oh! Joie!

 

    Bon congé de la Dinde, tout le monde! (eh oui quel bref message)

 Mais j'en dirai plus..Un autre soir. Je ne me sens vraiment pas bien pour le moment.



Bla bla.

 

        Si j'avais 2500 billions de dollards, je ferais construire une maison. Haute de 5 étages, mais très étroite. Aux cotés du chemin de 300 mètres pour se rendre à la porte, il y aurait de gigantesques peupliers, et à l'arrière de la maison, un étang surplombé d'un saule. Sur le toit, ce serait un solarium tout en vitre avec un bain chaud. Les escaliers seraient en colimaçon et seul le vent pourrait les faire crier. Ils seraient en vitre rosée, et au sous-sol, j'aurais un abri à guerre et un sofa en peau de zèbre.

 

                            



La rentée, prise 3, dans la Radio des Oubliettes.

 

      Ça fait déjà un mois que j'ai été réadmise à l'hopital. Une semaine que je suis rentrée de ma semaine de vacances, et 3 jours que la rentrée s'est bien passée, à l'école...

        

                Cette année, j'ai brisé, non-intentionnellement, la tradition que j'avais depuis presque 3 ans de me lever d'un coup sec et de danser.  À la place, je me suis levée en vitesse pour essuyer les fesses de mon chaton qui a la diarrhée. Eh ben. Tout un changement!

               Cette année, on était plus que 2 pour prendre le bus sur la rue des oiseaux. On avait été 6.

        Et cette année, surtout, c'était la dernière rentrée.

   J'ai mangé mes céréales et mon muffin sous les yeux de maman, et ça ne m'a même pas dérangée (Yes!). Je n'ai même pas touché au fer à cheveux, et ça ne m'a pas dérangée non plus (re-yes!).

    Je n'avais pas envie du tout d'entrer dans l'école. Moi et Jes on a pris une grande respiration, on a poussé la porte en grimaçant et on a retrouvé les autres. STRESS-STRESS-STRESS!

 -C'est quoi ton groupe?

-Je sais pas.

-C'est quoi ton groupe?

 -J'sais pas.

-C'est quoi ton groupe?

-Ah j'sais pas là, j'vais voir.

501.

 Finalement on a eu notre agenda, notre cadenas, notre photo de carte et notre horaire.

 Très réjouissant cet horaire. La journée la plus forçante: Math-Anglais-Art-Français.

 La moins forçcante? Économie-Art Dram-Methode de travail-art. En fait c'est du chômage.

 

 HIhihihh! :)

ROULEMENT DE TAMBOUUUR!

 Mesdames et messieurs, voici :

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     Robin le Magnifique!

 



Sans titre pour le moment, ou "Autofiction : ce qu'un auteur a de la difficulté à ne pas faire" ...

 

   Lui -Tu dois arrêter de regarder en arrière!

   Elle-Ah, oui merci du conseil. (pause) Je sais bien qu'il faut que j'arrête de regarder en arrière!...

    L-Ben fais-le!

     E-(marmonant) Je sais pas comment, c'est tout.

  L  -Tu ne sais pas comment, ou tu ne veux pas? Je crois que tu ne veux pas, parce que ça te fait peur.

     E-La peur, c'est sain!

     L-Pas quand ça t'empêche d'avancer!

    E -Oh écoute...On peut remettre cette conversation?

     L-Encore une fois! Tu fuis, parce que t'as peur, parce que ça ne fait pas ton affaire, et que tu voudrais rester dans le confort de tes souvenirs toute ta foutue vie!

      E-(chuchotant) Tu ne sais pas ce que c'est. Tu n'en a aucune idée. (haussant le ton) Toi, t'as jamais eu peur, et ça se voit! Tu as beau te croire courageux, jamais, jamais dans ta vie tu n'as vu la peur de tes yeux! Tu es né beau, charismatique et riche! Ta vie à toi a toujours été parfaite et confortable! Quelle leçon as-tu me faire!? Si ça se trouve, je suis beaucoup plus sage que toi.

 (se lève et se dirige vers la table. Prend la pochettes de photo qui s'y trouve et les regarde un moment)

     E -(en se tournant vers lui) Les photos sont prêtes?

     L -(en murmure) Apparemment.

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E-...Elles sont pas mal.

L-Evidemment puisque c'est toi qui les as prises.

E-Ah, ta gueule.

L-Oh, pardon, madame. J'ignorais que vous ne preniez aucun compliment.(sourire)

 (il se lève et la rejoint) (essaie en vain de prendre sa main) (la regarde inquiète)

E-(chuchotant)Je voudrais tellement que tu sois matériel...

 (À ce moment il s'efface doucement)

 



Mon hiver, suite et fin.

             Le réflexe de la balance est arrivé plus tard. En avril, presque. La première pesée m’a affiché 96 livres. Ce chiffre est monté en moi comme une fierté, mais comme un défi aussi. « Pourras-tu atteindre 90? » Je ne buvais presque plus. Les résultats auraient pu se fausser. Et la nuit…. Je me couchais vers 8h30 du soir. Trop fatiguée. Mais couchée en boule dans mon lit, en grelottant, comme toujours, je passais presque 1h à penser à ce que j’allais manger le lendemain, et à combien de calories j’allais arriver. 500? C’était fâchant. Je pouvais faire mieux. Elles allaient en diminuant de semaines en semaines. Et moi, je ne pensais plus qu’à ça. Je ne parlais presque plus avec mes amies. Que dire? Toutes les choses qui tournaient dans ma tête étaient reliés à la nourriture. J’avais trop honte.

          

     Heureusement, le destin s’en est mêlé. La première fois où j’ai eu des doutes que j’avais un trouble alimentaire, c’est quand ma mère en a eu. Je ne comprenais pas pourquoi elle me soupsonnait. Je me disais : « Mais pourtant, je n’ai pas de problème, non? » J’ai écrit une lettre où je lui disais que je n’avais pas de problème, que tout allait bien. Je lui disais aussi que oui je me pesais et que oui, je comptais les calories, mais que tout allait bien. J’ai laissé la lettre sur mon bureau. Mais deux jour après, j’ai changé d’avis. J’ai caché la lettre, sans savoir qu’elle l’avait déjà lu.

 

    

      

          Un midi où je suis descendue à ma chambre, j’ai vu la réponse qu’elle m’avait envoyé. J’ai éclaté en sanglots en me disant « oh merde, oh merde, oh non! » Pendant le cours de français, j’ai réécrit un mot pour elle, c’était difficile, j’essayais de retenir mes larmes, en vain, devant Guy qui riait comme un clown. Drôle de vision. Après, moi et maman, on s’en est parlé. Elle a planifié des rendez-vous chez le médecin, pour savoir quoi faire, où aller, des prises de sang, pour voir où j’en étais…Je ne comprenais pas vraiment. Après tout, j’allais bien. Non? Dans le cabinet, c’était ma mère qui devait parler. Moi je n’étais pas malade.

    Je vois aujourd'hui que j'avais un problème. Que j'en ai toujours un, d'ailleurs. Mais la distorsion physique est toujours là, j'ai des difficulté à manger beaucoup de choses et c'est facile de rechuter lorsque je suis seule. J'ai alors envie de ne rien manger du tout, ou alors de me gaver. Pareil lorsque je ne me sens pas bien.  J'ai de la difficulté à bien m'entendre avec une personne au régime, ou encore avec une personne qui fait de l'activité physique. J'aimerais qu'il en soit autrement, mais je n'y arrive pas. J'espère qu'un jour tout ira mieux.

     Et sinon, j'ai des projets plein la tête et je vois l'avenir d'un très bon oeil! J'ai confiance.



Mon hiver 02.

         Ça commence probablement à mes 15 ans. Je ne voulais pas avoir plus que 15 ans. D’ailleurs, je disais souvent : « 15 ans, c’est parfait. Ce n’est pas trop vieux, ni trop jeune, c’est juste assez. Je resterais toujours à 15 ans ». Le symptôme numéro 1 s’enclenchait alors : refus de vieillir.  Et il y avait toujours ces petits défis que je me lançait à moi-même : « pourras-tu tenir debout toute la nuit? » « pourras-tu tenir 3 jours sans déjeuner? » Mauviette, si je n’y arrivais pas. C’est aussi à 15 que j’ai vu l’apparition d’un ami imainaire, Thom le félin, qui me suivait partout. Pour être moins seule, peut-être, dans mon isolement toujours plus grand.

   

     Pourquoi avoir tombé si bas? Comment est-ce arrivé? Un jour, j’ai décidé que ma vie allait devenir plus saine. J’allais faire un peu de sport, manger mieux, me sentir mieux, quoi… Je me souviens d’un souper au restaurant, où j’avais mangé les quatres petits pains que le serveur avait apporté. J’entends encore ma mère en rire, et moi, presque en pleurer. Je me suis juré que ça n’arriverais plus jamais. C’était difficile, au début. J’avais toujours faim. Mais de plus en plus, la faim s’estompait, devenait normale. Je ne la sentirais bientôt plus.

     C’est aussi à cette époque que j’ai commencé à consulter le magasine Elle Québec. Je ne peux pas dire que ça ait un rapport. Seulement après, je m’en suis rendu compte.  Je n’écoutais plus rien dans les cours. Parfois même je retenais des larmes. Le soir, je passais des heures à consulter des recettes, comme un robot, sans pouvoir m’arrêter. La seule chose qui me faisait avancer, c’était la pensée de l’été. J’ai cru que ça n’arriverais pas, un moment, mais je gardais espoir. Espoir qu’arrivée là, tout s’arrangerais comme par magie, tout serait mieux, tout serait bien.

   



Mon hiver 01

       

      Par où on commence? *soupir* Il faut préciser qu’Avant, mon rapport avec la nourriture n’était peut-être pas si sain que ça. Je vais toujours me rappeler des fois où je consommais de grande quantité de pâte à biscuits, jusqu’à en être malade, d’où parfois le but recherché. Parce que de me sentir malade, ça m’aidait à me sentir en vie. Je me disais qu’il se passait quelque chose, pour une fois. Je pouvais aussi y arriver avec des milk-shakes. Grossir? Ça n’était même pas une option. Ça n’existait pas dans ce monde-là.

        

      Il a fait froid, cet hiver. Plus froid que jamais. C'est le mot qui caractérise tout. Je grelottait tout le temps. J’avais toujours froid, dans ma tête comme dans mon corps. Je me sentais comme sur une île déserte au Pôle Nord. Je me rappelle d’une fois où on a dû aller dehors en éducation physique. Moi qui à ce moment-là, ne sortais jamais sans mon manteau d’hiver et mon foulard, je me retrouvais en shorts et en petite veste. J’en pleurais tellement j’avais froid.  Je voulais tellement qu’on prenne soin de moi. Et en même temps j’avais si peur. De moi-même, des autres aussi.   Je me couchais dans le noir complet, avec le ventilateur pour effacer les sons, et la voix qui comptais avec moi pour les calories du lendemain.

 Extrait de mon blogue, 30 mars, la maladie a fait son chemin :

  

      " J'ten train de virer folle moi. J'ai vraiment de plus en plus de misère avec le monde. C'est vrai. C'est l'affaire qui me fait le plus peur en ce momment. Je sais plus quoi dire, je sais plus quoi faire...J'ai l'impression que mes amis et ma famille sont à 20 00000000 (0000) pieds de moi, pis... J'ai peur. J'ai tellement d'affaires que j'ai jamais dites à personne.... C'est tellement un ramassis de p'tits riens, mais c'est ça pareil! Pis ça commence à faire un tas, là....[...]   J'ai peur! J'ai peur de moi-même! J'me fais pas confiance, mais pas du tout! J'ai peur...Vraiment."



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..j'ai senti sur ma cheville une odeur de lune de miel qui riait sans cesse...

Tombé du ciel...
Bla bla.
La rentée, prise 3, dans la Radio des Oubliettes.

..et j'ai fermé les yeux très fort pour ne pas laisser s'échouer le rêve.

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