Prioritairement, dans La doctrine de la science, Fichte s’occupe à définir le moi et la conscience. Il le fait dans des analyses éblouissantes, mais dont la traduction française rend la compréhension difficile et laborieuse. Dans l’étape subséquente, celle du travail de Kant, il faut passer par Jacobi pour aller à l’essentielle, en une trentaine de pages. À l’université, étant donné la relative ignorance des enseignants, on ne peut compter sur eux pour nous aiguillonner en direction de la brillante analyse jacobienne. Dans ce qui suit, on peut lire ce qu’est une bonne façon de résoudre un problème kantien fondamental.
«Ce qu’il y a au fond de cette opération déterminant des objets a priori (espace et temps, Crp., p. 202, 203, 204), c’est, de tous les secrets les plus incroyables et de tous les prodiges, le plus prodigieux et le plus incroyable. Il s’appelle expressé-ment : faculté de juger transcendantale et schématisme de l’entendement pur . – Que désormais l’imagination est liée à nouveau à ses propres concepts, et l’on dira aussitôt d’une telle liaison qu’elle se passe…dans l’entendement. La conscience de soi est alors achevée et l’entendement s’étend, la connais-sance croît, en ce que de nouvelles distinctions surgissent puis s’évanouissent, en ce qu’elles sont posées puis supprimées.»
Ce qui est nouveau, ici, c’est que par la faculté de juger transcendantale, Kant nous affirme maintenant que l’imagination se lie au jugement précis et efficace, générateur de véritables connaissances. «De nouvelles distinctions posées et supprimées», tout cela anticipe la dialectique hégélienne.