Créer mon blog gratuitement

blog gratuit
Cacher la publicité
 
14-févr.-2012
Lou et Friedrich

Lou Andreas-Salomé a écrit un bel ouvrage d’analyse caractériologique et de la pensée de son ami Nietzsche. Et elle le fait à travers ses œuvres. Il serait trop fastidieux dans faire une tentative de résumé. Je vais donc mentionner quelques petites choses au hasard.

 Il faut, en tout premier lieu, retenir l’idée des métamorphoses. Pour Salomé, Nietzsche aurait vécu trois passages importants. Le premier consiste en la perte de la foi. Il est bon de rapporter que ce philosophe assez précoce se questionne, à treize ans, sur l’origine du mal, et qu’il répond logiquement que le mal provient de Dieu le Père. La deuxième métamorphose provient de son adhésion au wagnérisme et à la prise de conscience du moment schopenhauerien. Donc, nous sommes dans la mythologie allemano-scandinave et la métaphysique. La troisième métamorphose a lieu quand Nietzsche renie son passé avec véhémence et introduit des éléments du positivisme anglais, selon Salomé. Mais, ici, il y a un problème. Nous ne croyons pas que l’auteure de l’ouvrage soit assez bien au courant de l’histoire de la philosophie pour prétendre qu’il y a eu effectivement influence anglaise. Il serait peut-être plus judicieux de fouiller du côté de la pensée allemande; soit le positiviste néo-kantien. Il pourrait y avoir une quatrième métamorphose, mais en fait c’est un retour à la volonté quasi mysthique de la puissance, considérée non plus comme une négation que l’on rencontre chez Schopenhauer, mais comme une affirmation absolue de la vie qui débouche sur une philosophie de l’avenir propre à Nietzsche. 

Il faut souligner autre chose. Dans la troisième partie du livre, qu’elle intitule le système Nietzsche, Salomé, qui a été très critique de l’hyper-intellectualisation du philosophe, va utiliser une grille freudienne qui va à son tour tomber dans le piège de la rationnalisation. Cela pose problème, puisque que l’on comprend bien Nietzsche en ayant à l’esprit son magnifique besoin de liberté et d’originalité. Il faut dire aussi que la troisième métamorphose positiviste, bien qu’influencée par son ami Paul Rée, nous semble être davantage compréhensible à partir du fait que Nietzsche était un grand lecteur des moralistes, de leurs aphorismes, maximes et pensées.

 La pensée de Nietzsche ne s’est pas formée pour aboutir dans un système fermé comme le pense Salomé. Elle a surgi au jour le jour à travers une démarche composée de fragments qui forme un puzzle jamais abouti parce que toujours en formation. Par contre, sa caractérisation est parfois juste puisque ce philosophe semblait avoir un esprit de sacrifique important et une espérance grandiose de mysticisme, où, lui, le penseur moderne, doit être sacrifié dans un mouvement de regénération qui ouvre les voies du futur.
 

écrit par Divagations à 11:31 | dans:
Lien permanent | Commentaires( 0 )
Commentaires:
Ajouter un commentaire


Ajouter un commentaire