Bechamel | |
Seule parmis le monde !Je suis là, assise par terre, entourée de monde… ils rient, semblent heureux. Pourquoi ne le suis-je pas ? Il me parle, je vois ses lèvres bougées mais le son ne me parvient pas, je ne veux pas l’entendre, je me fous totalement de ce qu’il est entrain de me dire. Merde ! Il s’est arête de parler, dois-je lui répondre ? Mais quoi ? Ma voisine rit aux éclats, ça devait être drôle alors je souris et lui répond une de ces phrases toute faites, qui n’a aucun sens réel et qui se faufile dans toutes circonstance. « Ah ! Délire ! » ou « C’est clair ! »… Il a l’air satisfait de la réponse, Il rit et balbutie d’autres mots mais manque de chance, ma cigarette s’est éteinte, je cours à la recherche d’un briquet, je dois quitter sa compagnie. Je n’ai pas envie d’eux, de les connaître, je n’ai même pas envie de faire semblant. Suis-je folle ? Tout jeune normalement constitué, rêverait de se faire des amis… Pourquoi pas moi ? Je suis différente… mais en quoi ? Pourquoi ? Je m’éloigne d’eux, je les vois parler, rire, je n’entends rien, je suis devenue sourde. Sourde à leurs voix, sourde à leurs existences. Une main passe devant mes yeux, je sursaute, j’entends à nouveau… la tristesse s’empare de moi. Ma voisine me demande si ça va. Je mets mon état sur le compte de l’alcool. J’ai bu, je suis presque ivre. J’ai cette sensation bizarre : ma tête commence doucement à virvoleter, je suis bien, mieux en tout cas. Je les apprécierais presque, ces gens autour de moi. J’ai envie de rire, d’être comme eux. Il est minuit passé de quelques minutes, nous sommes mercredi, la personne qui me ramène veut rentrer. LA conductrice n’a pas bu, elle n’a pas l’air de s’être amusé. Je ne la connais même pas, je ne me souviens plus de son nom. Elle est grande, brune, forte à la limite de la grosseur. Elle est belle. Elle me raccompagne jusque chez moi, le silence s’installe dans la voiture : je suis bien, je me sens dans mon élément. Il est une heure précise, je suis enfin en pyjama seul, chez moi. Il y a cet homme à la télé, petit, bossu, important parait-il pour Il est sept heures du matin, la télé est restée allumée, le petit homme trapu a disparut de l’écran. Dommage ! Ses paroles m’auraient rendormie. Je vais en cours… Soporifique. Je prends le métro, comme tous les mercredis, pour retrouver mon chéri. Nous passons cette nuit ensemble. Je l’aime, il m’aime malgré notre différence. Il fait semblant de ne pas voir, de ne pas comprendre mais pourtant je ne suis pas comme lui. Qu’importe, les sentiments sont là. Je suis folle de lui, il est fou de moi. Laissez un commentaire { Page précédente } { Page 100 de 192 } { Page suivante } |
Béchamel
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