Poème de la cassure, de Roger-Arnould Rivière
Poème de la cassure
Tout épris qu’il fût des mailles
sac de soies et de sévices
mon amour a saveur d’âme
sous sa coque de silice
mais au geste oblong du crabe
ta méfiance se mesure
dans l’avide carapace
tombent les graviers d’usure
Ton boudoir à l’avenant
n’offre que paroi convexe
quand je n’ai plus deniers sonnants
pour la sébile de ton sexe.
Roger-Arnould Rivière
Masques pour une ordalie, de Roger-Arnould Rivière

Masques pour une ordalie
Crâne de plomb lascif
lit-cage de mes années
sous tes linges croupis
ta mariole de vie
s’insurge ventre dru
J’ai soif de coucheries
sur les remblais de sel
où des scorpions odieux
se pourlèchent les moelles
Passions à l’étuvée
laits de gonfles fortuites
tes orgues et tes guis
crèvent sur l’ongle blanc
de cimes à peine taillées
replètes à mi-poursuite
entre l’épure et le large.
Entre cri et silence, de Roger-Arnould Rivière
Entre cri et silence
Orties cuisant pèlerinage
persistance verte d’ennui
vagues amères d’un orage
aux sourcils froncés d’un talus.
Ingrate lèvre d’un présage
fugitif ou lent circuit
veiné d’électrique mirage
l’amertume se sent nue.
Acre la lèvre où s’humecte
dans les mailles de l’ortie
le baiser de la suspecte.
Âme vol de sœur infirme
dentelée d’or ou d’abîme
sous une traîne de suie.
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