LE QUÉBEC PRÉ-ÉLECTORAL DE 2012

LE QUÉBEC PRÉ-ÉLECTORAL DE 2012

mardi 10 juillet 2012, par Alexandra Cyr
Au cours des années quatre-vingt-dix, lors d’un congrès de printemps, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS) de la CSN avait donné à ses militantEs le slogan : « Cet été je réfléchis sur la grève » ! Dans les négociations en cours à l’époque, une grève était anticipée pour la rentrée. Je dirais que cet été, la conjoncture bien tricotée par le premier ministre Charest entre autre, nous oblige à réfléchir aux enjeux de l’élection qui arriveront plus ou moins vite à la rentrée.
Où en est le Québec à cette heure ? Que voulons-nous atteindre en matière de démocratie, d’économie, de travail vs chômage, de lutte à la corruption dans nos administrations publiques, de l’attitude de nos dirigeantEs avec la population, de lutte à la pauvreté, de justice, d’éducation, de la manière dont sont gérées la dispensation et la qualité des soins de santé dont ceux offerts aux personnes âgées, de nos rapports avec les personnes qui immigrent ici, avec les communautés culturelles, avec les AmérindienNEs comme peuples et avec ceux et celles qui vivent dans nos villes, hors « réserves », de la situation et de la place des femmes, des libertés fondamentales, de l’intégration de la protection écologique du territoire dans la marche des choses, de logements décents pour tous et toutes, du travail à faire pour que le Français tienne sa place, de nos rapports avec le gouvernement fédéral, et bien évidemment de l’accès à la souveraineté et surtout de la manière d’y arriver ? Voilà une longue liste, non exhaustive, de préoccupations majeures dont nous écartent les petites batailles politiciennes qui prévalent dans les médias à l’heure actuelle.
En d’autres mots, dans quel Québec voulons-nous vivre ? Quels changements exigeons-nous ? Quelle est la manière d’y arriver ?
Le Québec actuel
C’est presque un cliché mais, l’idéologie et les pratiques néo libérales qui nous sont imposées depuis les années quatre-vingt, nous privent même des moyens pour corriger les graves travers qui nous affectent tous et toutes. Nous ne vivons plus dans une société mais dans une économie, qui fonctionne selon ses propres règles, produit des inégalités encore jamais vues dans l’histoire en pompant toutes les richesses du territoire, y compris l’apport des citoyenNEs.
Cette orientation de la vie est aussi assise sur une arrogance et un mépris inqualifiables. Le dogme doit être imposé et toute personne ou groupe qui propose autre chose rentre dans le camp des ennemis et est traité comme tel. La démocratie se résumerait presque aux élections aux quatre ans si ce n’était de la place que l’on concède encore à l’assemblée nationale. (À Ottawa, le parlement est traité comme un accessoire embêtant). De la participation citoyenne, il ne reste que celle prédéterminée qui sert de fioriture dans les documents officiels.
Ce tableau est répandu sur la planète et s’est imposé ici au cours des années, quel que soit le parti au pouvoir. Il est toujours allé en se renforçant, l’apogée ayant été atteinte ce printemps face au « printemps érable ».












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