J'appréhendais beaucoup cette rencontre au bureau... quand je suis arrivée ce matin, il était déjà là, dans les bureaux des boss... pfiou... déjà... rien ne se passait comme je le pensais car je le voyais arriver vers 10 heures... et non !
Ensuite... quand il est sorti et qu'il est venu me saluer... LA CLAQUE !
Il a une mine... ça m'a fait mal... je ne pense pas qu'il dorme... il doit pleurer beaucoup aussi...
Oh qu'on s'est fait mal !
Je ne sais pas comment je fais pour rester "pro"... je ne sais pas, en tout cas, je n'ai pas réussi, lui non plus, à faire comme si de rien n'était... j'avais beaucoup de travail et je me suis réfugiée dedans... mais le voir en face, travailler avec son assistante, concentrer sur ses affaires alors qu'il devait probablement, comme moi, puiser dans ses forces pour y parvenir... c'était... dur, vraiment.
Nos regards se sont croisés, plusieurs fois, des regards anodins comme ceux que nous avions avant... et il y a eu les autres... ceux qui se lachaient pas... ceux qui tenaient, profonds... brrrrr... ça me fait trembler rien qu'en y pensant.
Je suis rentrée du travail ce soir... et j'ai lâché encore... dans la bagnole !!!
Il m'a semblée... tellement... perdu... abattu... je l'ai entendu répondre à une collègue qui lui trouvait mauvaise mine et qui le questionnait à savoir si ça n'allait pas... il a répondu que ça allait, que c'était... psychologique.
Elle a zappé car elle-même est dans une histoire de séparation alors les autres... pfiou...
Mais moi... j'ai entendu... mon tendre amant... souffre.
Et je n'y peux rien... on se remet chacun de notre côté... il travaille seul, il est sur un site isolé et responsable de son secteur... il peut se lâcher lui aussi, librement... au milieu de nulle part mais... ça me fait mal, j'ai mal pour nous.
Quelle histoire... je n'aurais jamais pu imaginer que nous serions aussi... épris comme ça, et je n'imaginais pas du tout qu'il puisse en souffrir autant... après et aussi vite...non... ça, je ne l'imaginais pas... je pensais que ne pas vouloir m'avouer ses sentiments étaient parce qu'ils n'étaient pas à la hauteur des miens... je pensais qu'il ne voulait pas me blesser en me disant qu'ils étaient bien moindre que ceux qu'il porte à son épouse... je pensais... je pensais être la seule à aimer.
Ses yeux sont gonflés... il a le sourire triste... j'avais envie de glisser mes mains sous sa chemise... de poser mes lèvres sur ses paupières et... déjà là... je me sentais prise dans la spirale que nous avons connu... TERRIBLE !
Il est reparti, m'a trouvée sur son chemin pour me poser deux bises, me souhaitant une bonne fin de journée... j'ai posé fermement les miennes sur ses joues, elles étaient lourdes mes bises... lourdes de tendresse.... et mes souhaits également que la sienne se termine bien, également.
Je n'ai pas pu résister à lui envoyer un mail... lui disant que je l'avais trouvé fatigué et tourmenté, que s'il voulait qu'on se parle, que j'étais toujours joignable... et... aucune réponse...
Je vais le laisser panser ses plaies... j'ai pensé à moi, tout le temps, je me culpabilise ce soir.
J'ai mal qu'il ait mal, j'ai mal...
(et j'arrive à raconter des bétises sur les photos des canards de MichelWinner... je ne me comprendrai jamais je crois).
Je me découvre une force incroyable... je ne sais pas d'où je tiens ça... et pourtant... j'ai mal.