24 octobre 2008
Je craque un peu
Les temps sont durs.
Je ne sais même pas par quoi commencer tant les trois dernières semaines ont été, et le sont toujours, aussi pénibles à traverser, psychologiquement, nerveusement et émotionnellement.
Je suis en vacances depuis hier soir pour... 10 jours.
D'un bord, mon ado de 15 ans qui me dépasse de deux têtes, d'une charpente impressionnante et d'un tempérament... les chiens ne font pas des chats !!!
Cela va faire un mois que je me suis rapprochée de son travail au lycée et là... ouille... le début des hostilités ont commencé.
Visiblement son père l'avait laissé en roues libres, moi aussi, comme il en était convenu depuis l'année dernière, gardant toujours un oeil en coin...
Bien vu ! Les résultats étaient en chute et un gros conflit s'est engagé où il a démolli sa chambre, tapé dans les murs et jeté tout ce qui lui passait dans les mains... mon coeur battant à tout rompre, me propulsant dans mon état enfant où la peur me tenaillait parce que les cris, les coups se faisaient entendre par le plancher alors que ma mère et mon frère se faisaient violenter par mon père... cette confusion m'a flanquée par terre, j'avais mon fils sous les yeux, un face à face terrible où je ne l'ai pas laissé prendre le pouvoir sur moi mais où moi, intérieurement, j'étais ailleurs.
Il s'est mis à pleurer... j'ai consolé mon enfant, me consolant en même temps et je me suis effondrée en larmes.
Dès lors, une longue réflexion inconsciente s'est mise en route sur l'adolescence de mon fils et mes limites...
D'un autre bord, la préparation de mon diplôme. Après les encouragements du jury bac pro, confirmés par l'inspecteur d'académie et la sociologue avec laquelle j'ai effectué un bilan de compétences, je me lance dans ce difficile et pénible travail avec un accompagnateur qui ne croit pas en mon projet !
J'en suis à me heurter avec lui et je n'ai pas confiance en son accompagnement, les pistes de travail qu'il me donne me conduisent à aller vérifier l'information ailleurs... je ne me sens pas en confiance, il voudrait planter mon projet qu'il ne s'y prendrai pas mieux... ou alors c'est moi qui manque d'objectivité... c'est moi qui suis contrariée qu'il ne rejoigne pas l'avis des autres -12 personnes quand même contre 1- en étant le seul à ne pas y croire... c'est vrai, j'ai dû mal à l'entendre, mes amis, les professionnels, m'encouragent sur ce diplôme, il est le seul à me dire que c'est risqué, et n'a que des arguments qui démontent mon projet.
Je me sens comme lorsque j'étais au lycée où un prof m'a dit un jour "que je n'arriverai à rien dans la vie"... je me sens réduite et je me sens comme "cassée" par quelqu'un qui, pour moi, est dans l'abus de pouvoir, je ne sais pas pourquoi je ressens ça... je crois que je vais aller parler avec le psy...
Et encore d'un autre côté, cette... cette... bécassine qui me sert de responsable qui m'a donnée un cours hier matin (lors d'un trajet en voiture pour aller à une réunion) sur la manipulation... hallucinant !!!
- mais si, vous savez comment ça marche les manipulations, vous mettez une petite dose tous les jours à la personne qui subit...
Je n'ai pas répondu... n'en croyant pas mes oreilles... en l'occurence elle parlait d'elle, qui aurait subi ça de notre ancien directeur... Vous m'en direz tant Madame Bécassine... c'est mon tour maintenant c'est ça ?
Mais je la ferme... et j'attends... quoi ? Je me le demande bien... si, que mon statut soit réglé en juillet 2009, après quoi, je serai avec elle comme je le suis avec les autres... c'est à dire... directe.
Néanmoins... le suis-je vraiment avec les autres ?
Je ne crois pas, je pense que je continue à avoir peur... peur que le ciel me tombe sur la tête.
Je vais aller parler avec le psy...
Puis il y a aussi mes cours d'anglais sur Internet... ah c'est beau les nouvelles technologies de l'information et de la communication... maintenant on peut apprendre seul, chez soi, devant son ordinateur... quelle liberté ! quelle chance ! quel progrès !!!
Encourageons les gens à s'isoler et à rester muet !!!
J'ai accepté cette formation puisqu'elle m'était payée mais je devais la faire sur mon temps perso.
En somme, sur mon temps perso, je bosse mon diplôme, je bosse l'anglais, je m'occupe de mon ado qui pète les plombs dès que j'ouvre la bouche, je m'occupe de son frère, du quotidien et... JE CRAQUE UN PEU !!!
La musique m'apaise... une chance... pendant que j'écris, j'ai le casque relié à Deezer.com, le chat qui dort jusque à coté du clavier, l'oreille dans ma trousse de crayons... et je me sens seule.
... tellement seule...
Mes enfants grandissent et moi aussi... j'ai bien réfléchi... je crois qu'il serait bon pour mon fils ainé qu'il parte vivre chez son père en permanence pour se construire, pour qu'il coupe ce lien avec moi, ce lien que je n'ai pas tissé sur de bonnes bases, avec toute l'inconscience de mes pratiques, de mes mots, de ma maltraitance... je le sais... il y a bien longtemps que j'ai compris maintenant... je dois l'aider à grandir et je vais passer le relais à son père... s'il en est d'accord, je le saurais demain.
En même temps, je voudrais préparer ce changement pour les enfants, que le premier concerné ne se croit pas abandonné par moi, alors je prépare ma réflexion et mes mots afin qu'il sache que même là-bas, je serai là, et puis son petit frère aussi, qui va désormais vivre avec moi les jours où il sera chez moi, sans son frère.
Une autre façon de vivre va s'offrir à nous tous, séparément et je souhaite préparer cela au mieux afin que pour chacun, ce ne soit pas brutal.
Je ne veux plus être en colère... je ne veux plus donner l'horrible spectacle d'un visagé défiguré par la colère... je ne veux plus sentir en moi ce cahot qui augmente le rythme de mon coeur, me fait trembler de la tête au pied, me plonge plusieurs jours dans un état de culpabilité et de fatigue... je ne veux plus.
Je comprends ma mère qui, à mon âge, n'a pas su, n'a pas pu, passer le relais à qui que ce soit pour nous éduquer... devant son impuissance, son incapacité, sûrement formatée elle aussi à la perfection et à la culpabilité, n'a eu d'autres réflexes que devenir violente, agressive et... maltraitante.
Je suis là... face à mon impuissance, mon incapacité à surmonter l'adolescence de mes fils sans la présence d'un père, l'autorité d'un père, pour eux.
Par contre... ils en ont un.
Alors je décide de saisir cette chance que ma mère n'a pas eue, de laisser le père de mes enfants prendre le relais, et ne pas m'engager sur cette voie de relever un défi impossible.
Je comprends maintenant le sens du mot "magnanime"... je me retire de cette compétition stérile.
Je ne courbe pas le dos, je ne me sens pas perdante, je me sens tout simplement... humble je crois.
Et ça... ça... je peux vous garantir que c'est un grand bouleversement en moi... je ne fais que pleurer... pleurer... écrire ces mots me fait l'effet de laisser tomber par terre des tonnes de plomb que je porte depuis des années, sans répit, me tirant vers le bas mais ne les laissant jamais toucher le sol... comme si à chaque fois au moment où ça allait lacher, je redonnais un coup pour tenir bon... ne pas lacher... surtout ne pas lacher.
Pourquoi faire ?
Mais pourquoi me suis-je imposer un tel fardeau... je cède enfin et c'est un effondrement.
A me voir ces jours-ci (mais on ne me voit pas ainsi car je ne laisse rien paraitre) on penserait que je fais une dépression nerveuse mais je ne crois pas car je continue mon travail, je continue à préparer mes examens, je continue à m'entretenir avec les professeurs de mes enfants, à voir mes amies, à m'occuper de ma maison, à aller me reposer au soleil à faire des photos de ce que je croise et que je trouve beau, à écouter de la musique, à chanter, à jouer avec mon petit chien, à rire chaque jour avec mes collègues et à raconter des âneries.
Je me suis offert un joli bouquet de tulipes roses... je me fais plaisir mais certainement oui... que je suis dépressive... fatiguée... épuisée et qu'une épaule me ferait vraiment du bien.
Celle de mon collègue s'est présentée... mauvaise pioche... on remet la carte dans le tas et on attend qu'une autre se présente... espérant tirer la bonne... à chaque fois...
Cela faisait longtemps que je n'avais pas écrit tout ce qui me passe par la tête sans m'interroger sur le sens de mes idées, de mes écrits, ça fait du bien... vraiment du bien... les lignes filent, s'inscrivent, je tape et très vite ce qui me permet de parler... en silence.
Je cultive la compassion à mon égard... et la patience qui me sert de guide maintenant, remplaçant cette colère qui m'habitait.
Vous rendez-vous compte... en lisant mon parcours... des pas et des étapes franchies ???
Suis-je en train de déraisonner ou suis-je bien en train d'évoluer ?
... je vais aller parler avec le psy...
En attendant, je me laisse caresser par la musique...
... je me sens déjà mieux.
écrit par Lili à 12:58 | dans:
Lien permanent | Commentaires(2)
Commentaires:
Ajouter un commentaire
Prends soin de toi !
Une épaule virtuelle, ça peut aider ?

:-) merci Libereco

Edité par lamouette dans 25 octobre 2008 à 05:23
Écrit par libereco à 20:37, 24 octobre 2008 | Lien | |
Je suis loin de toi
et je le regrette. Dommage qu'un océan nous sépare. On dit que j'ai une bonne écoute. Je m'assoierais près de toi et je t'écouterais. Dans ton cas, c'est ce dont tu as besoin. Continue de nous écrire car même si je n'ai pas de solution miracle, ça te fait grand bien.
A+
xx



C'est très gentil à vous tous, je sais que je manque de présence, d'écoute, les gens sont individualistes, je n'ai pas les bons amis... toujours pas... ceux que j'ai sont à des centaines de kilomètres voire même dans un autre pays, mais ils sont là, au téléphone ou par mail. Je manque de proximité, de vraies embrassades et d'affection. Mes frères me manquent... Merci pour ton soutien. :-) ----,---'---,--------@

Edité par lamouette dans 25 octobre 2008 à 05:27
Écrit par humanity07 à 01:58, 25 octobre 2008 | Lien | |


Ajouter un commentaire