27-aoû-2010
LES CONTRE-VÉRITÉS DE MAXIMILIEN DEPONTAILLER (Marjolaine Jolicoeur)

En réponse à un texte de M.Depontailler: http://www.lepost.fr/article/2010/08/20/2190057_le-boycott-de-l-ue-des-produits-canadiens-du-phoque-suspendu-avant-son-entree-en-vigueur.html

Dans sa prétentieuse diarrhée de mots monsieur Depontailler se garde bien, comme à son habitude, de révéler certaines vérités dérangeantes sur la chasse aux phoques. D’ailleurs, on peut se demander combien ce conseiller politique de la sénatrice canadienne Hervieux-Payette est payé pour radoter toujours le même discours arrogant sur les « organisations animalistes » ou les « lobbies végétariens dépourvues de raison et du sens de la mesure ».Son délire paranoïaque sur les opposants à la chasse aux phoques qui se retrouvent pourtant dans tous les milieux de notre société, font dérailler ses prétentions d’élever le débat au dessus du populisme et de la démagogie.

A titre d’exemple, le sénateur MacHarb n’est ni un activiste pour les droits des animaux, ni un végétarien. C’est après des voyages d’observation de la chasse aux phoques qu’il a décidé de s’opposer à la cruauté de cette chasse commerciale : « J’ai vu de mes propres yeux les conditions dangereuses et la brutalité révoltante de la chasse. Malgré tous ses efforts, le gouvernement canadien ne peut tout simplement pas réglementer une activité commerciale exercée dans des conditions aussi dangereuses et dans un laps de temps aussi court. » Monsieur MacHarb présente partout au travers le Canada des vidéos et des photos sur la chasse aux phoques qui soulèvent dégoût et indignation chez ceux qui les visionnent: «Il y a des images encore plus horribles que celles que vous venez de voir, dit-il aux spectateurs. Ces images ne sont que la pointe de l’iceberg. »

Devant le Sénat canadien en juin 2010, le sénateur MacHarb a démontré comment le gouvernement canadien dépense des millions pour appuyer une chasse aux phoques moribonde : « Le gouvernement a gaspillé l’argent des contribuables pour commander une étude sur l’abattage possible et l’incinération, au coût de 35 millions de dollars, de 220 000 phoques gris de l’île de Sable. Il a dépensé des millions de dollars en missions politiques et bureaucratiques en Europe pour défendre une industrie condamnée. Il a participé à des défilés de mode en Chine, dans l’espoir de vendre aux Chinois davantage que des pénis de phoque. Afin de justifier sa mesure malavisée et le gaspillage de davantage de deniers publics, le gouvernement tente de nous faire croire qu’il peut faire tomber l’interdiction en la contestant devant l’OMC. Et ce sont les canadiens qui paieront la facture de plus de 10 millions de dollars de cette vaine contestation, malgré le fait que les pays de l’Union européenne ont tout à fait le droit de bannir pareils produits s’ils le veulent. L’Union européenne a pris cette décision parce que telle était la volonté de leurs citoyens et que leurs besoins l’exigeaient. Compte tenu du soin avec lequel l’Union européenne a rédigé l’interdiction, la contestation échouera.   Pourquoi gaspiller nos rares ressources à tenter de gagner des marchés étrangers alors que la majorité, dans le monde, a clairement fait savoir que cette chasse n’était pas viable? Déjà, des groupes de citoyens s’activent à obtenir que des endroits comme la Russie, Hong Kong, l’Australie, Israël et l’Amérique du Sud adoptent des interdictions semblables à celle de l’Union européenne. (…) « Un sondage d’Environics réalisé tout juste le mois dernier montre que 70 p. 100 des canadiens sont d’accord pour dire que le refus obstiné du gouvernement d’interdire la chasse au phoque commerciale nuit à la réputation internationale du Canada.»

 INUITS ET INDUSTRIE DE LA FOURRURE

Combien le gouvernement canadien a-t-il payé les inuits pour cette mascarade de contestation devant la Cour de justice de l’Union européenne qui durera des années et qui coûtera des millions aux contribuables canadiens? Qui se cache derrière les inuits? Guère surprenant d’y trouver industriels et puissants groupes de lobbies de l’industrie de la fourrure comme le Canadian Seal Marketing Group, le Fur Institute of Canada, le Ta Ma Su Seal Products, et le NuTan Furs Inc.

 Les Inuits tuent à peine 1 000 phoques adultes par année et ne font pas partie du boycott européen. Les chasseurs commerciaux pour leur part qui alimentent massivement les multinationales de la fourrure peuvent abattre plus de 350 000 phoques juvéniles âgés de quelques semaines à trois mois, selon certaines années.  Au cours de l’histoire, les inuits et les autochtones ont toujours été exploités autant par l’industrie de la fourrure que par le gouvernement canadien. Maintenant les inuits servent de paravent pour les lobbies des multinationales de l’industrie de la fourrure. (http://non-a-la-cruaute.blogvie.com/2010/02/04/phoque-pour-le-g7-dans-le-grand-nord-canadien/

GASPILLAGE D’ARGENT ET DÉSINFORMATION

Le gouvernement canadien a dépensé des millions pour faire la promotion d’une chasse aux phoques considérée par un grand nombre de canadiens et d’européens comme cruelle, non réglementée, ignorante du bien-être animal et source de gaspillage d’argent. Tout comme monsieur Depontailler, la politique canadienne déraille dans ses campagnes de désinformation et de manipulation de l’opinion publique. Au printemps dernier, le gouvernement canadien a payé 75 000 $ pour qu’une firme surveille tous les commentaires jugés discutables sur la chasse aux phoques dans les forums en ligne de discussion ou sur Facebook. Des employés des Affaires étrangères et du ministère des Pêches et des Océans répondaient ensuite aux auteurs des commentaires – sans s’identifier comme étant du gouvernement – contre la chasse aux phoques. Ces fonctionnaires étaient payés pour répondre ce que le gouvernement canadien estimait lui être une information plus juste.

Monsieur MacHarb continue, avec courage, de militer activement contre la chasse commerciale des phoques. Au cours des dernières années, il a reçu plus de 650 000 appels, courriels et lettres qui l’appuient dans ses démarches, n’hésitant pas à déclarer: « Le gouvernement a manqué a ses obligations envers le peuple canadien en refusant d’accepter qu’il soit maintenant temps d’amener les personnes participant à la chasse aux phoques à effectuer la transition vers des emplois viables offrant des perspectives d’avenir. Le manque de leadership du gouvernement a également causé des dommages considérables au bien-être des chasseurs inuits et d’autres peuples autochtones ainsi qu’à la réputation du Canada sur la scène internationale.»

Si monsieur Depontailler veut se faire le chantre de la justice et de la démocratie, il devrait tenir compte des opposants à la chasse aux phoques dont le sénateur McHarb est le digne représentant. Et cesser ses attaques méprisantes payées à même son salaire de conseiller politique de la sénatrice Hervieux-Payette. Son cynisme au service d’une idéologie mercantile est risible.

écrit par marjolainejolicoeur à 13:02 | dans: Chasse
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26-aoû-2010
Tueurs de phoques et de dauphins: même combat? (Marjolaine Jolicoeur)

                                              

 
Le président de l’Association des chasseurs de phoques des Îles-de-la-Madeleine, Denis Longuépée, participera au 19e Congrès de la Commission des mammifères marins de l’Atlantique Nord (NAMMCO) qui se tiendra prochainement aux Iles Féroé. (1)

 Ces Iles au nord de l’Écosse mais appartenant au Danemark sont célèbres non  pour leur paysage mais pour la tuerie annuelle de plus de 1 000 dauphins dans leurs eaux.   Les animaux y meurent au nom d’une tradition datant du moyen-âge, dans ce qui est considéré comme une fête. 

Les animaux sont d’abord rabattus vers des baies où les attend une bande de chasseurs ivres de sang et de bière. Les chasseurs, au volant de leurs hors-bord ultra-rapides, poussent dans un premier temps les dauphins vers une baie le long des côtes. On amène progressivement les dauphins épuisés et terrifiés vers des zones de moins en moins profondes pour pouvoir mieux les massacrer.

 A de multiples reprises les chasseurs  plongent leurs gaffes de métal lourdes de plus de 2 kilos dans la chair des dauphins, jusqu’à ce que le croc s’accroche. Puis un long couteau  est enfoncé dans la nuque des cétacées qui hurlent de douleur puis meurent parfois après de très  longues minutes d’agonie.   Les chasseurs des Iles Féréo se vantent publiquement de tout le plaisir qu’ils ont à saigner ces dauphins jusqu’à la mort, à faire exploser leurs globes oculaires à coups de couteau et même à éventrer des femelles enceintes pour en extraire des fœtus encore vivants. Toute cette boucherie se déroule avec la participation de jeunes enfants. (2)

Cette chasse barbare et rétrograde est vivement décriée partout dans le monde pour sa brutale cruauté.   Cela n’empêche pas  Denis Longuépée de déclarer à propos des chasseurs des Iles Féréo : « Ces gens-là sont comme nous autres ». Il n’hésite pas même à les décrire comme   « un auditoire parfait»,  « un allié de taille » dans sa bataille pour que la chasse commerciale du phoque puisse continuer.

 S’allier avec des tueurs sanguinaires de dauphins qui tuent par plaisir, par tradition ou pour s’approprier cruellement de la viande  est une stratégie dangereuse. Autant pour l’image des chasseurs de phoques que pour celle du Canada sur la scène internationale.  

 

FESTINS CRUELS ET TOXIQUES

On tue ces milliers de dauphins aux Iles Féréo pour le plaisir mais aussi pour leur chair. Pourtant, de  l’avis même de scientifiques qui ont étudié les concentrations de produits toxiques dans la viande des animaux tués, ceux-ci contiennent  trop de mercure, de BPC et de DDT pour être consommables. Leurs recherches révèlent que ces produits provoquent une hausse de la pression artérielle, des anomalies de développement du foetus, une baisse de l’immunité chez les enfants, des taux accrus de la maladie de Parkinson, des troubles circulatoires et des possibilités d’infertilité chez les adultes.(3)

Consommer de la  viande toxique de dauphin – ou de phoque ? –  peut provoquer diverses maladies mais aussi des raisonnements douteux.  Denis Longuépée va  aux Iles Féréo pour avertir les tueurs de dauphins du danger que représente les animalistes  qui «  ne sont pas des gens qui veulent protéger les animaux, mais veulent tout simplement abolir toutes les chasses

Bien au contraire, les défenseurs des animaux protègent réellement  en prennant la parole contre la barbarie des industries de la fourrure ou de traditions dépassées.  A notre époque, l’ éthique englobe aussi notre rapport avec les animaux, les consciences évoluent.  Le mode de vie traditionelle ou les coutumes d’un autre âge n’excusent  pas la cruauté.  L’argument répété  ad nauseam par les pro-chasse aux phoques  sur la méchanceté de Brigitte Bardot ou de la Humane Society of  United States commence à s’effriter.

Dans ses grotesques attaques sur les défenseurs des animaux, Denis Longuépée se garde bien de citer  le sénateur MacHarb ou le Parti Vert du Canada qui eux aussi sont contre la chasse commerciale du phoque.  Le sénateur MacHarb –  un animaliste ?– a reçu l’appui de milliers de canadiens et d’européens dans sa croisade pour que cesse une chasse  au phoque moribonde, ignorante du bien-être animal et qui ne survit que parce qu’elle est grassement subventionnée par le  gouvernement canadien.                                                                                                                                                                                                    
                                                                                                                                                                                  Tueurs de phoques des Iles -de- la- Madeleine et tueurs de  dauphins des Iles Féréo: même barbarie au nom de la tradition, même combat? Pour une fois, ce ne sont pas les « méchants animalistes » qui font l’amalgame, mais bien le président des chasseurs de phoques des Iles-de-la-Madeleine.

(1) :  http://www.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2010/08/23/004-phoques_NAMMCO_congres.shtml

(2) http://www.blog-les-dauphins.com/massacres-dauphins-iles-feroe/

(3) http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/293319/massacre-de-baleines-aux-iles-feroe

écrit par marjolainejolicoeur à 09:16 | dans: Chasse
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31-mai-2010
Tueries de phoques gris sur l'Ile de Sable

L'Ile de Sable est située dans l’Atlantique nord, à environ 300 kilomètres au large de la Nouvelle-Ecosse, au Canada.  Une colonie de  300 000 phoques gris  y vit  avec plus de 300 espèces d’oiseaux.  On retrouve  aussi  400 chevaux sauvages dont l’origine est attribuée à  des naufrages  de bateaux près de l’Ile. Dix-huit espèces de requins   résident  dans la région. L'Ile est  une aire de mise-bas pour cette plus grande colonie de phoques gris au monde. 50 000 bébés-phoques naissent chaque année dans cet écosystème unique et fragile.

Depuis des années, l’industrie de la pêche commerciale fait un lobbying agressif auprès du gouvernement canadien  pour qu’on abatte massivement les  phoques gris de l’Ile de Sable. Selon les pêcheurs, les phoques sont à blâmer parce qu’ils mangent trop de morues.

 Pour répondre à la pression croissante de ce lobby, le ministère  canadien des Pêches et des Océans (MPO) envisage un massacre animalier  de grande envergure étalé sur près de cinq ans. Lors de la  première année près de 100 000 phoques seraient tués sur l’Ile : 50 000 bébés, 30 000 femelles et 20 000 mâles.  Puis chaque année, pendant quatre ans, 30 000 autres phoques gris pourraient être éliminés.   Un programme annuel de vaccination contraceptive ciblant 16 000 phoques gris femelles est aussi envisagé comme deuxième option.

Ces recommandations pour éliminer ces  phoques gris de l'Ile  proviennent d’une étude commandée par le MPO, datant de 2009 et obtenue grâce à une demande d’accès à l’information par le journal The Coast. (1) Le coût total de la chasse et de l’élimination des carcasses pourrait s'élever à  35 millions $.

VIOLENCE SUR LES BÉBÉS ET LES MÈRES

 

Le carnage des phoques gris se déroulerait  entre décembre et début février alors que les plages et les dunes sont couvertes de mères qui allaitent leurs bébés.  On tuerait les phoques adultes à l'aide de fusils et les bébés soit avec un fusil ou un gourdin.  Pour atteindre l’objectif de 100 000 phoques tués en 25 jours,  il faudra tuer 10 phoques à la minute.  Pour maintenir une telle cadence dans les tueries, on peut imaginer tout ce que cela peut comporter comme violence,cruauté et  souffrance animale.   
                                                                                                                                                                                           La grande question de cette élimination de masse est de savoir comment  se débarrasser de toutes ces carcasses? Des cadavres animaux qui ne serviront strictement à rien, puisqu’il n’y a pas de marché autant pour les peaux que pour la viande de phoque gris. Selon l’étude, il  est extrêmement difficile d’envisager de sortir les carcasses  de phoques gris  de l’Ile  car cela  nécessiterait l'envoi de véhicules, de carburant, de travailleurs et d'abris.   100 000 carcasses totalisant un poids de 15 000 tonnes équivaut à 500 voyages par camion vers une installation d’élimination. Cette  logistique est impossible à mettre en place dans un écosystème comme celui de l’Ile au Sable.   On pense  plutôt incinérer sur place les milliers de carcasses, pour ensuite  jeter leurs cendres dans la mer.

UN CERCLE VICIEUX

Selon un porte-parole du MPO, toute décision visant à mettre en œuvre les recommandations de l'étude sera faite par le ministre Gail Shea. Ce qui est une très mauvaise  nouvelle pour  les phoques gris.  C'est cette même ministre qui n'a pas hésité à augmenter les quotas lors de la chasse aux  phoques du Groenland au printemps dernier, alors même que le manque de glaces empêchait la survie des bébés-phoques. Madame Shea a aussi donné son feu vert, en janvier dernier, pour une chasse de près de 39 000 phoques gris sur l'Ile de Sable, malgré l'opposition des écologistes.  Un fonctionnaire du MPO Don Bowen a déclaré, lors d’une récente réunion publique, que si le gouvernement canadien autorise cette chasse  à grande échelle sur l'Ile de Sable étalée sur cinq ans  « ce n’est pas une décision scientifique, mais  qu'elle est plutôt politique ou économique ».

En d'autres mots, ce  massacre  de milliers de phoques dans une aire de mise-bas  ne sert qu’à répondre au lobbying agressif de l’industrie de la pêche commerciale  qui depuis des décennies  accusent les phoques de manger trop de poissons. D'après un rapport d'experts de l'ONU (Organisation des nations unies), les poissons pourraient disparaître des océans d'ici une quarantaine d'années. Et les coupables ne sont pas les phoques, mais plutôt certaines pratiques de la pêche commerciale qui depuis des décennies vident les océans sans aucune considération éthique ou écologique.

Même si on tue tous les animaux marins qui mangent du poisson, dauphins, belugas, requins, baleines ou oiseaux de mer, les morues ne reviendront pas, pas plus que les autres poissons.   Tuer les phoques de l’Ile de Sable (ou d’ailleurs) pour renflouer les stocks de poissons n’est pas une solution à long terme, comme le confirme  Mark Butler du Centre d'action écologique d'Halifax : « Si on commence à tuer les phoques pour préserver les morues, il faudra continuer pendant des siècles car la pêche a décimé leurs prédateurs naturels (tels les requins). C'est un cercle vicieux ».

Le ministre canadien de l'Environnement, Jim Prentice,  a récemment envisagé  de faire de l’Ile de Sable  un parc national. Une décision saluée unanimement par les écologistes pour qui il faut  protéger cette île à la biodiversité unique et aux écosystèmes de dunes de sable très fragiles. Mais cette protection ne semble pas s’appliquer aux phoques, encore victimes de la bêtise humaine.  

(1): http://www.thecoast.ca/RealityBites/archives/2010/05/26/how-to-kill-220000-seals-on-sable-island-the-dfo-plan

écrit par marjolainejolicoeur à 09:53 | dans: Chasse
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30-mar-2010
CRUELLE, LA CHASSE AUX PHOQUES? (Marjolaine Jolicoeur)

 

« Le bébé-phoque regarde dans les yeux de son exécuteur. Pas une miette d’émotion n’apparait dans le visage du pêcheur pendant qu’il frappe avec un bâton sur la bouche du phoque. Il est là étendu sur la glace, du sang coulant de son nez et de sa bouche. Mais il n’est pas encore mort, alors le pêcheur la frappe encore quatre fois, avant de lui mettre un coup d’hakapik dans l’estomac pour le traîner sur la glace jusqu’au bateau …  l’animal ne semble pas  encore mort et quelques secondes plus tard, il se débat furieusement. Il est clairement toujours vivant et dans une terrible agonie. Le pêcheur le frappe sur la tête encore trois fois. Je prie pour que l’animal soit mort avant d’être dépecé. » (1)

 L’observateur de ce meurtre en direct est un journaliste britannique et auteur de documentaires pour la BBC, Danny Penman. Ce  biochimiste de formation est venu, à quelques reprises – le plus récemment en 2008 –  observer la chasse aux phoques sur la côte est du Canada, non sans faire face à de multiples problèmes.  Il a essuyé de nombreux refus du gouvernement pour l’obtention d’un permis d’observation et des chasseurs l’ont menacé avec des couteaux, des fusils et des hakapiks.  Lors d’un autre incident, le journaliste a été obligé  de se barricader à l’intérieur de son hôtel pendant près de huit heures avant que des officiels de l’ambassade américaine et de la Commission Européenne viennent à son secours contre une foule agressive de chasseurs de phoques.   

  Après bien des démarches et des tactiques d’intimation de la part du gouvernement et des chasseurs, Penman a été a même de constater que la chasse aux phoques est aussi horrible que certaines images le suggèrent. Car pour justifier  les mesures restrictives dans l’octroi de permis d’observation, le gouvernement canadien accuse  les groupes de défense animale  de montrer au public des images  périmées, déformées, datant de plusieurs années et qui n’ont plus cours. Pourtant, la chasse aux phoques est  rigoureusement documentée par des observateurs  et par plusieurs groupes de défense animale.  A chaque année,des vidéos circulent sur le web et sont mises à jour.    

Lors de ses observations de la chasse aux phoques, le journaliste britannique a  été  ébranlé par ce qu’il a vu : des banquises ruisselantes de sang, des piles de carcasses pourrissant au soleil, des bateaux de pêche rejetant le sang des phoques, la mer devenue écarlate.   Des dizaines et des dizaines de phoques battus à mort devant d’autres phoques apeurés, une infime minorité d’animaux se faisant tuer ou écorcher selon les « nouvelles réglementations gouvernementales ».  

 Malgré les prétentions du gouvernement canadien, la chasse  aux phoques comporte toujours de la souffrance animale.   Impossible de réglementer efficacement une chasse commerciale  dans des conditions imprévisibles de  météo et de glace, avec des chasseurs excités et nerveux.  Des chasseurs qui veulent  avant tout tuer un grand nombre d’animaux dans un laps de temps le plus court possible, en vitesse, pour faire encore plus d’argent.  Avec des animaux  dépecés parfois vivants, agonisant empilés les uns sur les autres, traînés toujours en vie sur la glace à l’aide de crochets tranchants. Des phoques tirés au fusil mais  pas tués du premier coup, blessés, abandonnés, se noyant dans de grandes douleurs.

Devant toute cette terreur des phoques et ce carnage des chasseurs, Penman n’a pu que se demander:« Et c’est ça qu’ils appellent une chasse aux phoques sans cruauté ?»

BIEN ÊTRE ANIMAL

Pour la gourou des tueurs de phoques, la sénatrice Céline Hervieux-Payette,  les chasseurs  ont   « toujours eu à cœur le bien-être animal ».  Certaines déclarations de chasseurs   – en 1998 –  à des agents du ministère de Pêches et Océans (MPO) et  obtenues grâce à des demandes d’accès à l’information contiennent  pourtant des cas graves de cruauté envers les phoques.                                                                                                                      

A lire ces accablants témoignages, on voit bien que l’intérêt premier des chasseurs  a toujours été de faire de l’argent et encore plus d’argent, sans aucun sens moral, de souci éthique ou de respect pour la vie animale. La course aux profits excuse toujours les comportements cruels.  «J’ai vu sept bébés jetés par-dessus bord après le dépouillement de la femelle. Nous étions dans l’aire de mise bas le 10 mars 1998 parce que j’ai remarqué qu’il y avait, sur huit des dix radeaux de glace, de jeunes bébés phoques avec les résidus post-partum et d’autres débris suite à la naissance sur les glaces. Je me souviens entre autres d’une fois où un jeune phoque regardait ses parents hissés à bord. Il a regardé le bateau qui les emportait s’éloigner. Les bébés n’ont pas été tués, ils ont été abandonnés sur la glace ».  
                                                                                                                                                                                                 « J’ai vu une femelle être dépouillée et son bébé est sorti de son ventre lorsqu’on l’a éventrée. Le petit était mort. …Le phoque était mort depuis un bon moment. Ce jour-là, on en avait attrapé cent soixante-dix. Quelqu’un a dit : « Si seulement Greenpeace était là pour voir ça ».
                                                                                                                                                                                                « Nous chassions les adultes et, à plusieurs occasions, nous avons pris les phoques plus âgés et laissé les petits sur la glace …Des phoques à capuchon ont mis bas pendant que nous les chassions. Il est vrai que nous avons pris des femelles avant qu’elles ne mettent bas et, à une occasion, j’ai bien vu un phoque tomber sur le pont pendant que sa mère se faisait dépouiller.»                                                                                                                                                          

« Il est souvent arrivé que les phoques mâles et femelles soient tués et embarqués sur le bateau et que les petits soient laissés sur la glace. Parfois, le bébé avait du sang sur lui car il venait à peine de naître… il y avait beaucoup de douilles de carabines de calibre .22 parmi les phoques. Souvent, ils se déplaçaient sur le pont du bateau.  Pendant ce voyage, nous avons capturé plus de trois mille phoques. Nous sommes arrivés autour du 21 avril 1998.  J’ai souvent vu des phoques en vie après avoir été hissés à bord des embarcations à moteur. Ils étaient achevés à l’aide d’un hakapik». 
                                                                                                                                                                                                                                           « La meilleure journée que nous avons eue est celle où nous avons tué environ cent quatre-vingts phoques. Ce jour-là, nous prenions les mâles et les femelles. C’était vers la fin de notre voyage. Il y avait beaucoup de bébés phoques autour et ils ont tous été abandonnés sur la glace. Le lendemain, nous avons tué quelques femelles qui étaient accompagnées d’un mâle et d’un petit ».

 Dix ans plus tard, en 2008, un rapport vétérinaire de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA)  portant sur le bien-être des phoques dans le cadre de la chasse commerciale, confirmait que  les phoques ne sont pas toujours tués avec des pratiques de mise à mort efficaces  et qu’ils endurent la douleur et la détresse.(2) L’affirmation du gouvernement canadien selon laquelle 98 % des phoques sont abattus en conformité avec les principes d’une chasse sans cruauté est non fondée, concluait le rapport.                                                              

 Les chasseurs de phoque du golfe du Saint-Laurent où environ 25 % de la chasse se déroule, utilisent des fusils et des hakapiks.  Ceux sur le Front (Terre-Neuve et Labrador) se servent principalement de fusils, pouvant tuer près de 100 phoques à la minute.  Moins cruel le fusil ?  

Un autre rapport publiée en 2007  affirme que  82 % des phoques chassés par arme à feu ne sont vraisemblablement pas tués par la première balle. (3)  Même avec des armes et une formation appropriées, le fait de chasser avec une arme à feu à partir d’une embarcation en mouvement  sur des phoques eux aussi en mouvement continue d’engendrer des taux de blessures élevés. La chasse aux phoques avec une arme à feu est tout autant cruelle sinon plus que celle avec le hakapik.                                                                                                                                                                                             

Ce rapport  a été cosigné par un vétérinaire ayant observé  la chasse et par quatre autres scientifiques. Ils ont comparé les standards de « bien-être animal » de la chasse aux phoques à ceux des abattoirs canadiens et américains. A cause  d’un pourcentage élevé d’animaux blessés qui ne meurent pas dès le premier coup de fusil,  la chasse aux phoques est bien en dessous des normes obligatoires rencontrées dans les abattoirs  « Cette méthode de chasse doit être considérée comme inacceptable», disent ces scientifiques.    

 FAIRE TAIRE LES OPPOSANTS À LA CHASSE AUX PHOQUES

Flagrant conflit d’intérêt : comment le gouvernement canadien, en l’occurrence le MPO, peut-il  prétendre surveiller les chasseurs de phoques alors qu’il est  à la fois le promoteur et l’organisme de réglementation de la chasse aux phoques? Les navires de la Garde côtière sont souvent appelés à accomplir d’autres tâches qui les éloignent de la surveillance de la chasse et de l’application de la réglementation.   Ils sont parfois plus occupés à entraver le travail des observateurs que  celui des chasseurs. Les agents du MPO résident dans de  petites collectivités socialement et économiquement liées à la chasse aux phoques.  Peuvent-ils  vraiment exercer une surveillance et porter des accusations envers des amis, des voisins, voire des membres de leur famille?  Est-ce la loi de l’omerta qui règne dans ses communautés de chasseurs?

Un Comité permanent des pêches et des Océans, dont font partie des députés de circonscriptions de  chasseurs de phoques,  présente différents documents au gouvernement. Dans celui  intitulé « Pour une chasse aux phoques durable et sans cruauté », le  Comité  recommande que le MPO modifie le Règlement sur les mammifères marins pour réduire la distance à maintenir entre les titulaires de permis d’observation et les chasseurs. Le Comité veut fixer la zone tampon entre observateurs et chasseurs à 100 m. et à 400 m là où on chasse au fusil.  Il a aussi demandé que l’observateur obtienne « le consentement exprès et éclairé des chasseurs avant de les photographier en action »(4)

 On veut de plus en plus éloigner les observateurs des lieux de chasse pour les empêcher de documenter les agissements des chasseurs. Une démarche antidémocratique et anticonstitutionnelle. Les tribunaux ont reconnu que l’observation de la chasse constitue une liberté fondamentale dont jouissent les observateurs en vertu du paragraphe 2(b) de la Charte canadienne des Droits et Libertés,  garantissant la liberté d’expression.

Cette liberté d’expression donne aussi le droit de se déclarer publiquement contre la violence de la chasse aux phoques, sans se faire insulter par les chasseurs ou certains membres du gouvernement et du Sénat.

 UN SÉNATEUR QUI A DU COEUR

 Le sénateur Mac Harb n’est pas un activiste pour les droits des animaux, ni un  végétarien. C’est après des voyages d’observation de la chasse aux phoques qu’il a décidé, lui aussi, de s’opposer à la cruauté de cette chasse commerciale : « J’ai vu de mes propres yeux les conditions dangereuses et la brutalité révoltante de la chasse. Malgré tous ses efforts, le gouvernement canadien ne peut tout simplement pas réglementer une activité commerciale exercée dans des conditions aussi dangereuses et dans un laps de temps aussi court. »

A quelques reprises, le sénateur a voulu présenter un projet de loi, la S207, afin de mettre fin à ce plus grand abattage de mammifères marins au monde.   Un seul sénateur, le conservateur Lowell Murray,  lui a donné un appui pour son droit à prendre la parole.    Mais tout débat  a été impossible sous les huées  des sénateurs du parti libéral qui lui criaient de se taire.  « Je n’ai jamais été aussi insulté dans ma vie que depuis ma tentative de faire passer cette loi, a-t-il déclaré à un journal de Vancouver.  Nous appelons ça encore une chasse. Mais ce n’est pas une chasse du tout. Ils ne peuvent pas marcher, ne peuvent nager, ne peuvent voler. Ce sont des bébés. Ce n’est pas une chasse. C’est un massacre.»

 Le sénateur  s’est heurté au mépris de ses collègues sénateurs  mais aussi  à celui du gouvernement.  En 2008,  lorsqu’il  a tenté de rejoindre les troupeaux de phoques pour observer la chasse, le gouvernement n’a jamais voulu lui indiquer l’emplacement des tueries. Mais les brise-glaces de la Garde côtière – qui coûtent  50 000 $  par jour aux contribuables canadiens – n’hésitent pas à escorter les chasseurs  vers les troupeaux de  phoques.  Harb a dû  passer trois heures en hélicoptère à la recherche du site où étaient tués les phoques, avec l’aide du groupe de défense animale l’International Fund for Animal Welfare  (IFAW)  « En tant que sénateur le gouvernement aurait pu m’indiquer l’endroit, à titre de courtoisie. » 

Harb a été témoin de scènes de chasse d’une barbarie inqualifiable.  Depuis ses voyages d’observation, dès qu’il le peut,  il présente partout à travers le Canada des vidéos et des photos  sur la chasse aux phoques qui soulèvent  dégoût et indignation chez ceux qui les visionnent:  «Il y a des images encore plus horribles que celles que vous venez de voir, dit-il aux spectateurs.   Ces images ne sont que la pointe de  l’iceberg. »

TOUTES LES VIOLENCES SONT LIÉES ET INTERDÉPENDANTES

Le travail des observateurs de la chasse aux phoques et des groupes de défense animale est dès plus important, il est même vital.  Pour ouvrir les consciences mais aussi pour avertir le public de certaines dérives cruelles envers les animaux. 

 Si la chasse aux blanchons  a été interdite  en 1987 ce n’est pas grâce aux chasseurs, à l’industrie de la fourrure ou au gouvernement canadien.  C’est plutôt suite aux efforts soutenus de militants pour la défense animale.   C’est en 1977 que  Brigitte Bardot a été  informée de la brutalité infligée aux bébés-phoques par  l’écrivaine Marguerite Yourcenar  qui considérait cette chasse comme  « une sauvagerie de l’âge de pierrel’un des symboles de notre brutalité envers la nature, pour des raisons futiles et indéfendables…Je trouve atroce d’avoir à penser chaque année, vers la fin de l’hiver, au moment ou les mères phoques mettent bas sur la banquise, que ce grand travail naturel s’accomplit au profit d’immédiats massacres. »

 Alors qu’on demandait à Marguerite Yourcenar pourquoi elle avait un si grand  intérêt pour les animaux, elle a tout simplement répondu : « … la souffrance des animaux me touche. Comme la souffrance des enfants: j’y vois l’horreur toute particulière d’engager dans nos erreurs, dans nos folies, des êtres qui en sont totalement innocents. Quand nous frappons un enfant ou quand nous l’affamons, quand nous l’élevons de telle sorte que sa pensée soit faussée ou qu’il perde son goût de la vie, nous commettons un crime envers l’univers qui s’exprime à travers lui. La même chose est vraie quand nous tuons inutilement un animal, ou quand sans bonne raison, nous coupons un arbre. Chaque fois, nous trahissons notre mission d’homme qui serait d’organiser un univers un peu meilleur. » (5)

 (1) Is this what they mean by ‘humane’ seal hunting? Danny Penman: http://www.dailymail.co.uk/news/article-1006242/Is-mean-humane-seal-hunting.html

(2)  E FSA. 2007. Scientific Opinion of the Panel on Animal Health and Welfare, document préparé à la demande de la Commission on the Animal Welfare aspects of the killing and skinning of seals. The EFSA Journal (2007) 610:1-123   http://www.phoques.net/études-vétérinaires

(3) B utterworth et al. 2007. Welfare aspects of the Canadian seal hunt: final report. http://www.antisealingcoalition.ca/resources/library/reports/welfareaspectsofcanadiansealhunt_butterworth.pdf

(4)http://www2.parl.gc.ca/HousePublications/Publication.aspx?DocId=3067100&Language=F&Mode=1&Parl=39&Ses=1

(5) Marguerite Yourcenar – Les yeux ouverts, 1980 – entretiens avec Matthieu Galey

 

écrit par marjolainejolicoeur à 16:56 | dans: Chasse
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26-mar-2010
PHOQUES, MAXIMILIEN DEPONTAILLER (Marjolaine Jolicoeur)

Lorsqu'on n'a plus d'arguments, on frappe sur la personnalité de l'opposant(e) à la chasse aux phoques. Pour dénigrer Patricia Tulasne on dira, comme M. Depontailler, qu'elle est une « mauvaise actrice ». Ou qu'une autre se vautre dans les « erreurs », qu'elle est une extrémiste, voir une fanatique végétalienne. Sur certains forums des gentils chasseurs, madame Tulasne a même été traitée de « mal baisée » . Quand on a plus rien a dire pour défendre ses idées, on passe aux insultes.

Voilà tout l'art de détourner des vrais enjeux de la chasse aux phoques, une tactique à la Richard Berman, ce lobbyiste d'extrême-droite dont M. Depontailler semble apprécier au plus haut point les procédés. (1) (M. Depontailler répète aussi inlassablement des chiffres et des faits provenant du Center for Consumer Freedom, le groupe de lobbying de Berman.) Tactique aussi absurde que si pour s'opposer aux pro-chasse aux phoques, on évoquait leur orientation sexuelle ou le fait qu'ils portent des lunettes. Détournons l'attention vers les extrémistes végétarien(nes), pour mieux faire oublier les magouilles politiques autour de cette chasse aux phoques grassement subventionnée par le gouvernement canadien à tous les niveaux.

Il serait intéressant de savoir combien monsieur Depontailler est payé par le gouvernement canadien pour sa diarrhée de mots (trop de phoque au menu?) et pour son prosélytisme pro-chasse aux phoques. Pour son ignorance aussi.

La culture du soya détruit la planète pour nourrir essentiellement le bétail mangé par les carnivores, en particulier le boeuf.

Les végétarien(nes) refusent les vaccins pour des raisons éthiques. Tous les vaccins contiennent des substances animales, de la gélatine, du sérum bovin,de la bile de boeuf ou de l'huile de poisson. (2) Pas besoin non plus d'ëtre végétarien(nes) pour ne pas vouloir de métaux lourds ou de substances toxiques et cancérigènes dans notre organisme. De nombreux scientifiques et de médecins s'opposent aux vaccins pour leurs effets secondaires et leurs ingrédients potentiellement dangereux. (3)

Mettre en doute l'objectivité des végétarien(nes) parce qu'ils s'opposent a la chasse aux phoques, est une vrai farce. On peut sérieusement s'interroger sur l'objectivité d'un employé du gouvernement canadien comme M. Depontailler quand il défend la chasse aux phoques. Son salaire, payé a même les fonds publics, est de combien?

MASSACRES ET MENSONGES

Il n'y aura peut-être pas de chasse aux phoques cette année, par manque de glace. On cherche en vain le troupeau de phoques. Il est très loin des chasseurs, qui devront dépenser des fortunes en pétrole pour pouvoir aller les frapper avec leurs hakapiks ou les achever a la carabine. Pour certains, il faudra 30 heures de bâteau pour atteindre quelques phoques. Les phoques femelles n'ont pas de glace pour mettre bas leurs petits. Cela n'a pas empêché les fonctionnaires gouvernementaux d'augmenter les quotas pour tuer des phoques juvéniles, lors de ce plus grand massacre de mammifères marins au monde. Une chasse cruelle, sanglante, liée a l'industrie du luxe, celle de la fourrure. Une chasse qui nous fait honte devant toute la communauté internationale, malgré les tentatives désespérées de M. Depontailler pour la défendre. A quoi sa patrone la sénatrice Céline Hervieux-Payette pourra bien l'employer, si la chasse aux phoques se termine?

Pour garder dans l'ignorance le public et pour détourner son attention des vrais enjeux de la chasse aux phoques, dénigrons les végétariens(nes) et les militants pour les droits des animaux. Pourtant c'est bien à cause de l'activisme des militant(es) pour les droits des animaux et des organisations de défense animale que la chasse aux blanchons s'est terminée en 1987. C'est l'écrivaine Marguerite Yourcenar qui avait, des années auparavant, averti Brigitte Bardot de ce massacre ignoble. L'interdiction n'est donc pas venu en premier des gentils chasseurs de phoques « qui ont toujours eu a coeur le bien-être animal » selon la sénatrice Hervieux Payette , ni par les fonctionnaires gouvernementaux ou de l'industrie de la fourrure. Les organisations de défense animale sont donc très utiles et même essentielles dans nos sociétés, pour dénoncer les dérives de la chasse mais aussi des laboratoires de vivisection ou des multinationales de la viande.

Quand on milite pour les animaux mais que l'on est pas végétarie(ne), on se le fait reprocher. Mais si on est végétarien(ne), nous voilà taxer d'extrémiste et de fanatique. Il faudra maintenant raser les murs, de peur que les Depontailler de la terre allument des bûchers, comme aux temps des Cathares. Pourtant quel beau parterre de talent et d'intelligence, de philosophes, d'écrivains, d'éthiciens, de scientifiques ou d'artistes parmi le monde végétarien: Pythagore, Bouddha, Gandhi, George Bernard Shaw, Leonard de Vinci, Leon Tolstoi, Isaac Bashevis Singer, les Esséniens, Plutarque, Marguerite Yourcenar, ect. ect. (Et non Hitler n'était pas végétarien, il a toujours mangé du jambon et des saucisses.) Tous ces grands esprits s'ils vivaient a notre époque, s'élèveraient, tout comme Paul McCartney par exemple, contre la violence et la barbarie de la chasse aux phoques. Toutes les violences sont liées et interdépendantes.

Puisque nous vivons, semble-t-il, en démocratie nous avons tous le droit de nous opposer a la cruauté de la chasse aux phoques, sans se faire insulter. Une chasse qui ne pourrait survivre sans subventions gouvernementales et défendue par idéologie à même les fonds publics. Une chasse qui va bientôt être chose du passé, tout comme les idées poussiéreuses, rétrogrades et archaiques des Depontailler de notre planète.

(1): http://www.lepost.fr/article/2010/03/10/1981376_phoques-la-senatrice-et-le-terrorisme-vegetarien.html

(2): http://www.centpapiers.com/vaccin-viande-et-vivisection/10754/

(3) : http://www.whale.to/vaccine/articles4.html

Ce texte est une réponse  à « Les dangers de la pensée végétarienne au service des droits des animaux» :  http://www.wikio.fr/article/dangers-pensee-vegetarienne-service-droit-animaux-175887848

écrit par marjolainejolicoeur à 09:38 | dans: Chasse
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29-jan-2010
Diffamation d'une sénatrice envers les végétariens (D.Ruffieux)

Selon la sénatrice Hervieux-Payette, qui milite en faveur de la chasse au phoque au Canada, depuis de nombreuses années, les végétariens sont des extrémistes subversifs, qui agissent sans respecter la loi. Dans son blog, la sénatrice ne cache pas son hostilité envers une catégorie de citoyens et de citoyennes, qui se voient ainsi stigmatisés et diabolisés au risque d’inciter à la haine.  « Les lobbies végétariens sont devenus des extrémistes qui ne respectent pas nos institutions démocratiques et utilisent des manières sauvages pour arriver à leurs fins. Cela jette un profond discrédit sur la cause qu’ils défendent. » Voici donc, en substance, le message qu’un représentant du sénat adresse aux millions de végétariens non seulement au Canada, mais à travers le monde. 

Ceci est grave, d’abord parce qu’une sénatrice s’exprime de manière indigne envers des Canadiens et des Canadiennes. Ensuite, ces allégations sont diffamatoires et heurtent les sensibilités des nombreux individus, qui pour de multiples raisons ont adoptés un mode de vie non violent, par respect envers le bien-être des animaux, dans un souci de protection de l’environnement, ou pour encourager des pratiques agricoles écologiques; d’autres personnes sont devenues végétariennes pour des raisons médicales, ou par conviction religieuse. C’est l’ensemble des végétariens qui, aujourd’hui, se consternent d’être la cible d’accusations sans fondements, mais délibérées, portées sans retenue par une sénatrice partie en campagne pour redorer le blason d’une industrie de chasse en déclin. Hervieux-Payette n’est pas la seule à salir la réputation des végétariens puisque son conseiller politique au sénat, Maximillien Depontailler, lui fait écho quand il écrit: « les groupes anti-chasse au phoque... présentent un double visage : une face respectable d'un côté et une face beaucoup plus violente de l'autre. Ce second visage est moins connu du grand public et pourtant c'est ce que l'on appelle les éco-terroristes.» La vérité la voici: pour des raisons politiques, il est devenu important pour l’industrie de la chasse et de la pêche, représentés par la sénatrice Hervieux-Payette, mais aussi par la ministre canadienne des pêches—qui vient de subir un entartage, ce lundi 25 janvier, lorsqu'une activiste de PETA s'est approchée et lui a lancé au visage une tarte au tofu—de faire passer les végétariens pour des terroristes dangereux. Il s’agit d’une stratégie qui vise à isoler une classe de citoyens dans l’opinion publique, ce qui est une manoeuvre politicienne exécrable, qui doit être condamnée.  
 
Au contraire, les végétariens doivent être loués pour leurs efforts à vouloir vivre selon des principes de paix, de justice et d’égalité, et non pas insultés. Les groupes de pressions comme PETA, et leurs actions qui peuvent paraître radicales pour certains, ne représentent pas la vaste majorité des végétariens à travers le monde. Ces derniers représentent non pas un groupe de radicaux et d’extrémistes, mais des hommes, des femmes et des enfants adoptant le végétarisme pour de nombreuses raisons, éthiques, religieuses, environnementales, ou médicales. Le comportement de la sénatrice Hervieux-Payette est odieux envers tous ces individus. L’opinion ne doit pas être dupe et la diffamation sera sans effet sur la volonté indéfectible des végétariens du monde d’exprimer et de faire ce qui est juste.    
                                                                                                                                                                                            David Ruffieux - biochimiste, biologiste cellulaire et moléculaire, candidat au parti vert
Sylvie Demers et Chantale Rondeau - pour www.coeurconscience.com
Marjolaine Jolicoeur - auteure, fondatrice d'ahimsa
Sameer Muldeen, président de l'Association végétarienne de Montréal

Blog de la sénatrice Hervieux Payette
http://www.eurekablogue.ca/?p=946

Article de Maximillien Depontailler
http://www.lepost.fr/article/2010/01/26/1908011_la-ministre-canadienne-des-peches-agressee-par-une-activiste-anti-chasse-au-phoque.html

 

écrit par marjolainejolicoeur à 14:59 | dans: Chasse
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24-sep-2009
Tuer tous les ours du Québec? (Richard Chartier)

AU MINISTÈRE DE LA FAUNE

: Il n'est pas étonnant de voir la réaction négative de la population face aux ours lorsque la panique, entretenue par les médias, s'empare des gens qui vivent à proximité de la forêt. Surtout lors d'évènements tragiques où il y a mort d'homme. Cependant, les spécialistes s'entendent pour affirmer que ce phénomène est rare et circonstanciel.
Il faut aussi noter que les banlieues s'étendent de plus en plus et que l'humain empiète sur les territoires de nombreuses espèces y compris l'ours. La cohabitation peut devenir difficile et provoquer des affrontements malheureux. Il y a, me semble t-il,une réflexion à entamer d'urgence non seulement pour l'ours mais aussi pour d'autres
espèces animales au Québec afin d'assurer la sauvegarde et la pérennité de ces animaux au nom du respect de la biodiversité...et pour l'avenir, pour nos enfants.
J'ai entendu aujourd'hui la solution d'un porte-parole de la Fédération des trappeurs du Québec qui m'a fait sursauter: augmenter la prise d'ours afin disait-il de diminuer la surpopulation. Pourtant, un représentant de votre ministère a déclaré qu'il n'y avait pas de surpopulation. Ce qui est grave et inquiétant au Québec c'est que les chasseurs et les trappeurs exercent un lobby puissant auprès de votre ministère et vous risquez malheureusement d'écouter ces promoteurs de l'extermination des ours (et d'autres espèces animales aussi ! ).
Pouvez-vous me garantir que vous ne céderez pas à leurs pressions en permettant d'abattre davantage d'ours ? Les écosystèmes ne fonctionnent pas comme des machines bien huilées et ne répondent pas toujours à nos attentes et à nos désirs comme semble le croire les trappeurs et les chasseurs. Éliminer le plus grand nombre d'ours ne réglera pas le problème, il en créera d'autres. Il faut apprendre à vivre avec les animaux de la forêt, il n'est pas nécessaire de les exterminer.
Au moment où nous vivons une crise écologique et environnementale des plus préoccupantes, le rôle des décideurs est de protéger, sauvegarder et promouvoir une approche plus respectueuse de la nature et des animaux.
Je vous prie de ne pas tomber dans l'étroitesse d'esprit des trappeurs et des chasseurs et d'agir en gestionnaire responsable qui se préoccupe de l'avenir de l'humanité avant les intérêts égoistes des groupes de pression dont le seul souci est de pouvoir rapporter à la maison un trophée qui dégage l'odeur nauséabonde d'une gloire éphémère.                (Richard Chartier, M.Sc.)

écrit par marjolainejolicoeur à 10:33 | dans: Chasse
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21-sep-2009
JACQUES GODIN: de chasseur à végétalien

L’auteur est un acteur prolifique et de grand talent  qui a joué dans de nombreux téléromans, films ou pièces de  théatre. Chasseur repenti, il est aussi un ardent défenseur des animaux. 

Je crois que c’est l’écrivain et critique français, Paul Léautaud, qui résume le mieux ma relation avec les animaux. Cet homme né en 1872, disait un jour dans une interview : « Les gens qui ne s’intéressent pas aux bêtes, qui n’en ont jamais eues, ceux qui rient qu’on puisse les aimer, ne savent pas quelle merveille de bonté, de fidélité, d’attachement, d’intelligence curieuse on trouve en elles. C’est la plus charmante compagnie quand on sait s’y prendre et je parle de toutes les bêtes sans exception. Nous ne savons rien d’elles avec notre sotte façon de les regarder de loin. Quand on vit avec elles, que de choses on découvre, que d’autres on éveille quand on sait leur donner confiance ».

C’est ce qui se produit avec la plupart des gens. On regarde les animaux de loin, on ne se rend pas compte de ce qu’ils sont. Ils ne sont pas des automates biologiques comme les considèrent ceux qui les exploitent dans les cirques, les jardins zoologiques, les corridas, les rodéos, en élevage intensif, l’industrie de la fourrure, la recherche médicale, etc. Les animaux sont des êtres sensibles à ce qui se passe autour d’eux. Ils peuvent agir, pas seulement réagir, prendre conscience, non seulement être conscients, ils peuvent se souvenir. Ils ont aussi des sentiments comme les humains : la joie, la jalousie, la peur, la colère, la frustration, etc.

Comme le mentionne le philosophe et éthologue Dominique Lestel, dans un article qui a été publié dans le Nouvel Observateur : « Peu de gens réalisent à quel point nos représentations de l’animal ont été bouleversées en trente ans, y compris les éthologues eux-mêmes. Cette transformation est du même ordre que la révolution quantique en physique dans la première moitié du 20ième siècle ou celle de la révolution de la biologie moléculaire dans la seconde moitié de ce même siècle : « l’animal est devenu un sujet non pas parce que nos projections populaires et affections nous les font voir ainsi, mais parce que les travaux scientifiques les plus modernes ne nous laisse pas le choix « (1)

On est loin des opinions de Descartes, Aristote, Claude Bernard et cie sur le sujet. Des chercheurs japonais qui ont fait des études sur les singes de Koshima, Dian Fossey, Jane Goodal, Sherley Strum, Jonatha Balcom (Pleasurable Kingdom, chez MacMillan) nous démontre qu’il existe une culture animale, c’est à dire que les animaux ont une vie sociale, une subjectivité et peuvent prendre conscience de leurs actes.

C’est une lutte parfois déprimante et difficile que celle de la bataille pour la libération des animaux et la fin de leur exploitation. J’ai commencé à m’y intéresser il y a au moins quarante ans. Ayant quelques animaux à la maison, j’ai commencé à héberger des chats et des chiens que des gens inconscients et insouciants abandonnaient près de chez moi. Je me suis finalement retrouvé avec 13 chats et chiens. Me rendant compte comment ces animaux peuvent souffrir laissés à eux-mêmes dans la nature, je décidai de donner un peu de mon temps à un refuge pour animaux abandonnés. C’est alors qu’une personne du milieu me suggéra de lire le livre de Hans Ruesch, « Ces bêtes qu’on torture inutilement » sur les expériences médicales atroces et inutiles faites aux animaux en laboratoire, ça vous donne la nausée. Je continuai à me renseigner, à lire l’opinion de scientifiques honnêtes, rigoureux, réalistes et conséquents, opposés à ce procédé de recherche (non seulement cruel mais inutile) soutenu par l’industrie des médicaments, la médecine officielle, l’appât du gain, le lobbying et l’ignorance des politiciens.

Je crois que ce qui est important pour garder le moral c’est de se renseigner sur les progrès (et il y en a !) qui se font dans la cause animale. Il faut se rendre compte qu’on est pas seul à s’y opposer et à la défendre. Il faut voir les progrès que font des associations sérieuses comme le Comité des médecins pour une médecine responsable (2), l’Association des vétérinaires pour le droit des animaux (3), PETA (4) et la Société américaine contre la vivisection (AAVS) (5). Quand c’est possible, il est important d’être membre de ses organisations pour les soutenir dans leur démarche et lire des publications produites par des organismes locaux comme AHIMSA, la Société québécoise pour la défense des animaux (SQDA), Life Force et beaucoup d’autres groupes de défenses qui sont pour moi un beaume qui démontre que la cause avance. Si on pense à la longue lutte contre l’esclavage et aux droits des femmes, on réalise que ce n’est qu’avec persévérance qu’on peut y arriver.

Avant cette prise de conscience, j’avais comme le mentionne Léautaud, « cette sotte façon de regarder les animaux de loin ». J’ignore encore pourquoi je faisais de la chasse, peut-être était-ce pour éprouver la sensation d’être un vrai mâle, isolé dans la forêt, comme ses ancêtres, sans eau, sans électricité pendant une semaine, avec un groupe d’amis. Je pensais peut-être que la chasse était un sport, mais un sport où tu essaies de tuer l’adversaire n’est pas un sport, sauf pour certains joueurs de hockey peut-être…

Finalement, je me suis demandé si à force de joueur la vie d’un coureur des bois à la télévision, je n’en était pas un, qui sait ?

Toujours est-il, qu’un jour où je tirai un pauvre chevreuil à moitié caché derrière un arbre, lui fracturant la colonne vertébrale, je m’approchai pour achever la pauvre bête. Elle tenta péniblement de se relever à l’aide de ses pattes avant, me regardant d’un air ahuri, un regard sans colère, sans reproche. Elle avait plutôt un regard interrogateur, me demandant sans doute pourquoi je faisais une chose aussi affreuse. Je me souviendrai toute ma vie de ces doux yeux de biche et ce fût ma dernière partie de chasse. C’est alors que je réalisai que j’étais tout à fait inconséquent de défendre les animaux et de manger de la viande. Ce sont des milliards d’animaux qui sont élevés, transportés et tués de façon affreuse dans le monde. Il y a une trentaine d’années, je décidai de devenir végétarien, puis je suis devenu végétalien (sans aucun produit animaux). Je me suis rendu compte avec le temps comment cette consommation de viande est dommageable pour la santé (cancer, maladie cardiaque, diabète) et pour l’environnement (gaz à effets de serre, utilisation excessive d’eau et de céréales pour nourrir les animaux, déjection, pollution, etc).

Lorsque j’étais plus jeune, dans mon milieu, consommer de la viande était une chose normale, que personne ne remettait en question, le végétarisme n’était pas tellement courant. Après avoir travaillé sur un plateau de tournage avec des brebis, je me suis dit qu’il était inconcevable qu’on puisse égorger des créatures aussi douces et gentilles. Je commençai donc par éliminer de mon alimentation l’agneau puis, le veau, le porc, le bœuf, le poulet, les fruits de mer et poissons et aujourd’hui je suis végétalien. Je m’en porte très bien et je mange des repas sains, variés très savoureux et appétissants.

Je suis devenu végétalien pour toutes ces raisons mais, chacun à son cheminement. Si on réalise l’immense souffrance imposée aux animaux de consommation et les bienfaits du végétarisme pour notre santé, le choix n’est pas trop difficile. Aujourd’hui, il est facile de se procurer des aliments végétariens (ou végétaliens). On les trouve même dans tous les supermarchés. Il y a une quantité incroyable de livres de recettes de cuisine végétariennes (ou végétaliennes) et de sites internet. On a l’embarras du choix. A mon avis, il n’y a aucune raison de ne pas adhérer à ce mode de vie, respectueux des êtres vivants et de la nature.                                                                                                                        Jacques Godin, Journal AHIMSA, printemps 2009

(1) Dominique Lestel, auteur de : « Des origines animales de la culture » (Flammarion, 2001) et «L’animal singulier » (Seuil, 2004)                                                                                                                            

(2)PCRM (Physicians Committee for Responsible Medecine

(3) AVAR (Association of Veterinarians for Animal Rights )

(4) PETA (People for the Ethical Treatment of Animals )

(5) AAVS (American Anti-Vivisection Society)

écrit par marjolainejolicoeur à 14:23 | dans: Chasse
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20-mar-2009
Des écolos appuient une chasse au phoque qui est loin d'être écologique-Marjolaine Jolicoeur

Dans un récent communiqué Nature Québec appuie la chasse au phoque et fait du lobbying auprès du Parlement européen afin qu’il n’interdise pas les importations des produits dérivés. Nature Québec agit-il réellement par conviction écologique?

On peut se poser la question quand on voit dans sa liste de « partenaires financiers » Pêches et Océans Canada, le ministère gouvernemental qui subventionne et coordonne la chasse au phoque. Nature Québec reçoit aussi des subventions de la Fondation de la Faune du Québec, un organisme gouvernemental favorisant la chasse et la pêche dites sportives ainsi que du Fond mondial pour la nature Canada (World Wildlife Fund-WWF) dont toute l’histoire est liée à la chasse.(1) Un des présidents du passé de la WWF était non seulement un chasseur célèbre pour ses tueries massives d’animaux mais aussi président de la National Rifle Association, un lobby international contre tout contrôle des armes a feu. Jusqu’en l988 la WWF organisait des enchères de vente de fourrure pour renflouer ses caisses. Elle a toujours soutenu la chasse aux phoques en connivence avec le gouvernement canadien.

Nature Québec a de plus des « partenaires en biens et services pour des expertises, conseils et validations scientifiques et techniques » comme la Fédération des trappeurs gestionnaires du Québec,la Fédération québécoise de la Faune (qui malgré son nom regroupe des chasseurs et des pêcheurs) et la Fédération des pourvoiries du Québec. Ces groupes pro-chasse et pro-fourrure peuvent-ils réellement donner une expertise valable et objective à un organisme se voulant écologique?

ECOLOGIQUE OU MERCANTILE?

Justifier écologiquement la chasse aux phoques parce que ces derniers mangent trop de morues est questionnable d’un point de vue crédibilité scientifique mais aussi vision globale. L’effondrement de la population des poissons relève bien plus de la pêche intensive et de l’inertie du gouvernement en matière de gestion que de l’alimentation du phoque. Même si tous les phoques jusqu’au dernier sont tués, la morue ne reviendra pas. Selon une étude faite par 14 chercheurs scientifiques et publiée dans la revue américaine Science la quasi-totalité des espèces de poissons et de crustacés pêchés pour la consommation auront disparu des océans avant 2050.(2) Cette disparition annoncée des poissons s’accompagnera d’un dérèglement de l’ensemble de l’écosystème des océans et ce ne sera pas la faute des phoques mais bien des industries de la pêche.Mais les pêcheurs qualifient ces prédictions de         « pessimistes » et refusent d’y croire.

En février 2009, les pêcheurs de morues du Québec et des Maritimes ont même tenté de convaincre Pêches et Océans Canada de ne pas imposer un moratoire pour stopper la pêche dans le sud du golfe Saint-Laurent. Regroupés dans une coalition, les associations de pêcheurs rejettent les prévisions scientifiques prédisant la disparition des poissons. Plus facile d’accuser les phoques que de faire son mea culpa.

Tout comme pour l’industrie de la fourrure, la pêche commerciale n’a montré que très rarement un souci écologique. Elle a plutôt vider les océans et continue de le faire dans un esprit strictement mercantile. Morue mais aussi requin, thon rouge, flétan, espadon, crevette, plie canadienne et capelan sont des espèces marines menacées par la pêche. On estime que dans le monde 75% des espèces de poissons seraient présentement exploitées à pleine capacité, surexploitées ou épuisées.

Tuer des phoques pour sauver le poisson ne ressemble que trop à de l’histoire ancienne. Le béluga par exemple, a toujours été maudit par les pêcheurs, coupable selon eux de faire fuir le poisson. Au cours des années 30, les pêcheurs chassaient cette petite baleine blanche parce qu’on croyait qu’elle dévorait elle aussi trop de morues et de saumons. Pour chaque queue de béluga tué le gouvernement payait l5$. Plus de 5 000 bélugas vivaient dans le fleuve St-Laurent en 1885 mais cent ans plus tard ils n’étaient plus que 500, considérés comme de véritables déchets toxiques.

Faudra-t-il massacrer la totalité des bélugas, des baleines, des dauphins, des requins et des oiseaux de mer sous prétexte qu’ils mangent du poisson?

FAUX PRINCIPE DE PRÉCAUTION

La chasse au phoque est en complète contradiction avec tous les principes écologiques autant par ses liens avec l’industrie de la fourrure que par sa gestion gouvernementale.

Deux chercheurs scientifiques Russel Leaper et Justin Matthews ont analysé les méthodes utilisées par le gouvernement pour évaluer la taille de la population de phoques du Groenland et son évolution de même que l’approche gouvernementale pour la fixation des quotas de chasse.(3) Selon Russel Leaper « le risque pour la population de phoques est alarmant. L’étude démontre que le gouvernement pourrait ne pas être au courant que le niveau de la population a atteint un seuil critique avant qu’il ne soit trop tard, et que seules des mesures draconiennes devront êtres prises. Cela signifie que le gouvernement continuerait à fixer des quotas de chasse élevés alors que la population serait sérieusement en déclin.» Selon ces chercheurs l’approche actuelle du gouvernement pour gérer la chasse au phoque fera baisser sérieusement leur population, de 50 à 70% au cours des 15 prochaines années.

La supposée ’approche de précaution" du gouvernement ne résiste pas à une analyse sérieuse. Les phoques peuvent être décimés par des variations au niveau de l’approvisionnement alimentaire, des virus, des contaminations par la pollution ou par des changements climatiques. Dès à présent, le réchauffement climatique est une menace réelle pour le troupeau de phoques puisqu’il nuit à leur milieu de reproduction. Les mauvaises conditions de la glace contribuent de plus en plus au pourcentage anormal du taux de mortalité des phoques. En 2002, 75% des bébés phoques dans le golfe St-Laurent sont morts à cause de l’absence de glace avant même que la chasse ne commence. Cela n’a pas empêché le gouvernement de continuer à fixer des quotas de capture mettant en péril leur population.

CRUAUTÉ SUBVENTIONNÉE

Invoquer la tradition pour maintenir la chasse aux phoques sous prétexte qu’elle est pratiquée depuis 400 ans est une tactique de diversion assez maladroite. Une multitude de traditions - esclavage des enfants, des noirs, violence faite aux femmes ou cannibalisme - étaient aussi des traditions dans certaines contrées mais d’un point de vue éthique elles ne sont plus défendables. Le comportement de l’humain primitif devrait logiquement évoluer vers un mode de vie plus moralement acceptable.

La chasse au phoque n’est plus depuis longtemps une chasse de subsistance à proprement parler mais alimente plutôt le commerce de la fourrure. Cette industrie est devenue multi-millionnaire en détruisant et en exploitant autant les communautés rurales,les autochtones, les animaux que l'environnement. L'industrie de la fourrure est uniquement préoccupée par les profits. Le gouvernement continue malgré tout de la subventionner par fanatisme idéologique. L’industrie de la chasse au phoque ne se perpétue que parce qu’elle est grassement subventionnée. Entre 1995 et 2000, le gouvernement canadien et celui de Terre-Neuve et Labrador ont donné 20 millions $ en subventions directes à la chasse aux phoques. Un article du Post signé par Murray Teitel confirme que présentement les 6 millions que gagnent les chasseurs coûtent aux contribuables canadiens au moins 60 millions.(4)

ECOLO LA FOURRURE?

Cette tuerie de phoques n’est jamais écologique pas plus que ne l’est l’industrie de la fourrure. Pour aller tuer les phoques il faut une grande dépense de pétrole tout comme pour expédier les peaux ou les produits dérivés dans des ports européens ou asiatiques. Préparation, tannage, trempage, séchage, nettoyage, taille et finition des fourrures requièrent des traitements chimiques considérables. Les produits chimiques utilisés pour traiter la fourrure incluent des acides, du peroxyde d’hydrogène, de la formaldéhyde, des agents de blanchiment et divers types de teintures. Potentiellement cancérigènes ces produits peuvent causer divers problèmes de santé, polluant les cours d’eau et les sols. Il faut aussi penser à l’énergie requise pour opérer les voûtes à fourrures réfrigérées (pour l’entreposage pour période de non utilisation) ainsi que l’énergie requise pour nettoyer professionnellement par nettoyage à sec les manteaux. La fourrure est un produit de luxe nécessitant d’énormes quantités de ressources et d’énergie. Elle ne peut en aucun cas être considérée comme un produit écologique.

VIOLENCE ET BRUTALITÉ

Cette chasse industrielle génère une immense souffrance car c’est une exécution massive d’animaux devant se faire le plus rapidement possible. Tuer 300 000 phoques en quelques semaines amène de comportements cruels démontrant bien l’incapacité des autorités à veiller à l’application des lois. De nombreux vidéos et témoignages d’observateurs apportent des preuves indéniables de l’agonie de phoques crochetés vivants puis traînés sur la glace, d’animaux frappés au gourdin ou blessés par balles puis abandonnés de longues minutes à leurs souffrances avant parfois d’êtres dépecés encore conscients. Ces abus loin d’être des cas isolés demeurent rarement sanctionnés.

98% des phoques chassés ont entre deux semaines et trois mois. Les chasseurs les nomment des "chiots" mais les défenseurs des phoques n’ont pas le droit eux de dire qu’ils restent en quelque sorte des "bébés". Certains de ces phoques n’ont pas encore pris de repas solides ou même commencé à nager. Les chasseurs fracassent leur crâne parce qu’en tant que juvéniles, les parois de leur tête sont encore minces. Tout ce massacre à lieu sous les yeux horrifiés des autres phoques, des mères, dans un vacarme de cris de peur et dans l’odeur du sang.

Peut-on accepter toutes les violences et les brutalités au nom de l'argent?

Pour continuer ce plus grand massacre de mammifères au monde on tente désespérément de nous vendre leur viande et leur graisse. Mais le phoque est loin d’être assez bio pour nourrir les écolos puisqu’il est contaminé par de multiples substances toxiques et des pesticides. Il est même recommandé aux consommateurs de phoque de n’en manger pas plus qu’une fois par semaine et de s’abstenir d’en consommer le foie. Ces substances toxiques s’accumulent dans l’organisme, provoquant cancers, dérèglements hormonaux et immunitaires. Les femmes inuites, à cause de leur consommation de phoques, détiennent dans leur lait maternel le plus haut pourcentage de BPC au monde, mettant ainsi en danger autant leur santé que celle de leur bébé.

Quand aux oméga-3 de source animale, leurs vertus exagérées relèvent du marketing puisqu’elles peuvent aussi élever le taux de cholesterol et provoquer une baisse des réponses immunitaires. Tous les poissons (et donc leur graisse et leur chair ) sont contaminés à divers degrés, phoque compris. Plusieurs alternatives végétales contiennent des oméga-3 : graines de lin, algues, noix et huile de chanvre. Tous ces produits se retrouvent sous l’appellation bio et sont donc écologiques.

AMES SENSIBLES S’ABSTENIR?

Au Canada il est presque interdit de prendre la parole pour défendre les phoques sans se voir aussitôt taxer de "méchants animalistes", "d’âmes sensibles" ou de souffrir de "sensiblerie". Être écologiste c’est aussi avoir des notions d’éthique, de justice, de non-violence et de solidarité envers les plus vulnérables. Si un peu plus d’humains avait de la sensibilité dans leur âme et leur coeur, l’état de la planète ne s’en porterait que mieux.

Notre relation écologique avec les animaux englobe aussi un débat moral. Une soixante de philosophes et d’éthiciens ont co-signé avec le professeur Andrew Linzey de l’Université d’Oxford un texte dénonçant la chasse aux phoques comme étant cruelle et moralement injustifiable.(5) Pour eux le phoque est un être vivant et sensible, bien plus qu’un simple produit de consommation.

Se dire écologiste c’est aussi comprendre que tout est interdépendant et lié, autant la souffrance des animaux, des humains que celle de la planète. Les biologistes au service des chasseurs, de l’industrie de la fourrure et des politiques gouvernementales doivent montrer leur vrai visage et ne plus se cacher derrière leurs prétentions écologiques. On peut tout fuir, mais notre conscience finit toujours par nous rattraper.

1.http://www.naturequebec.org/pages/noussoutenirpartenaires.asp
2.Impacts of Biodiversity Loss on Ocean Ecosystem Services (novembre 2006)
3.An Investigation of the effects of uncertainty on Canadian harp seal management
4.National Post, article de Murray Teitel: http://network.nationalpost.com/np/blogs/fpcomment/archive/2008/04/18/the-millions-ottawa-spends-subsidizing-the-seal-hunt.asp
5.An Ethical Critique of the Canadian Seal Hunt and an Examination of the Case for Import Controls on Seal Products : http://www.animallaw.info/articles/arus2journalanimallaw87.htm\w

écrit par marjolainejolicoeur à 09:39 | dans: Chasse
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9-déc-2008
Chasse: culture de la mort (Marjolaine Jolicoeur)

Lorsque les chasseurs tentent de s’expliquer sur leur pulsion morbide de tuer des animaux, leurs arguments frôlent l’absurde. Selon leur logique, il faut tuer pour protéger. Et il n’y a que les chasseurs pour comprendre les mécanismes complexes des écosystèmes et de la vie animale. Humblement, nous les ignorants, devons nous incliner devant ces sportifs de la gâchette qui font une guerre impitoyable à tout ce qui bouge, sous prétexte que la chasse "fait partie de notre patrimoine". Quel patrimoine, celui d’une culture de la mort?

Et gare à vous si vous osez remettre en question l’activité de ces disciples de Nemrod, nommés en l'honneur d'un cruel dictateur biblique. Sensationnalisme, confusion des esprits, extrémistes, dénoncer la violence sportive de la chasse peut vous attirer les pires insultes. Le mépris des chasseurs englobe autant les animaux que les humains.

L’argument de la chasse pour se procurer de la chair fraîche ne tient pas face à ses chasseurs hilares photographiés avec leur trophée animal. C’est qui aura le plus gros panache et l’animal sanguinolent est fièrement exhibé sur le capot des voitures. Plutôt rare de voir la photographie d’un humain le pied sur son sac d’épicerie. Ou une tête de chou-fleur empaillée sur le mur d’un salon.

Afin de défendre leur sport archaïque, les chasseurs mettent de l’avant de soi-disants spécialistes qui n’ont pour objectivité que leur désir de continuer à tuer des animaux. Les théories d’un biologiste-chasseur sur le bien-fondé de la chasse ont autant de valeur éthique et scientifique que la position d’un boucher sur le végétarisme.

Les décisions concernant le sort des animaux sauvages passent essentiellement par les chasseurs, autant au niveau municipal que gouvernemental. Le féroce lobby pro-chasse infiltre toutes les sphères décisionnelles dont le Ministère des Ressources Naturelles et de la Faune (MRNF). Selon les chiffres de ce ministère (l999), 1.8 million de personnes exercent des activités de plein-air sans tueries animales comparé à environ 400 000 chasseurs. Les chasseurs québécois forment une minorité, une espèce en voie de disparition, mais eux seuls ont droit de parole face aux choix des gouvernants. Les groupes consultatifs à lesquelles l’MRNF se réfère pour sa "gestion de la faune" sont tous pro-chasse: Fédération québécoise de la faune, Fondation Héritage Faune, Fédération des Pourvoyeurs du Québec, Fédération québécoise des gestionnaires des Zecs, Fédération des trappeurs gestionnaires du Québec, la Fondation de la Faune du Québec, etc. Démocratique comme procédé?

Scientifiques, philosophes et juristes confirment le concept de "sensibilité animale". Les animaux, tout comme les humains, vivent dans un univers d’émotions, possèdent une conscience et tissent des liens affectifs avec leur famille. Ils ne sont pas que de la viande sur pattes. Leur statut doit être repensé de façon radicale au sein de la communauté des vivants. La chasse est révélatrice de cette extraordinaire injustice des humains envers les animaux. Ces chiens et ces chats que nous aimons comme nos propres enfants expérimentent la douleur tout comme l’orignal ou le chevreuil. La vie émotionnelle d’un chien est-elle si différente d’un coyote, celle d’un chat si éloignée de celle d’un lynx? C’est l’anonymat des victimes animales qui engendre notre indifférence.

Avec leur vision dépassée du monde les chasseurs se placent dans une perspective anthropocentriste. Ces "amants de la Nature" la viole afin de mieux la dominer. Dans une relation verticale d’autorité les chasseurs s’inscrivent dans une hiérarchie brutale. A voir l’état de la planète et du non respect de la Vie, l’humain semble présentement surtout supérieur en cruauté. Il est plus que temps que nous renversions ce vieux schéma d’exploitation, que nous fassions la paix avec nos semblables. Une souffrance demeure une souffrance, qu’elle soit animale ou humaine. Tout est lié et interdépendant.

Même déguisé sous des élucubrations scientifiques et écologiques, il n'y a aucune noblesse à poursuivre un être vivant pour en faire un trophée: "Tuer pour le plaisir est un acte inhumain, indigne et dégradant" (Hubert Reeves, astrophysicien contre la chasse). Les animaux, tout comme les humains, n’ont pas besoin de la violence des armes pour survivre.

écrit par marjolainejolicoeur à 09:49 | dans: Chasse
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