29-jan-2010
Diffamation d'une sénatrice envers les végétariens (D.Ruffieux)

Selon la sénatrice Hervieux-Payette, qui milite en faveur de la chasse au phoque au Canada, depuis de nombreuses années, les végétariens sont des extrémistes subversifs, qui agissent sans respecter la loi. Dans son blog, la sénatrice ne cache pas son hostilité envers une catégorie de citoyens et de citoyennes, qui se voient ainsi stigmatisés et diabolisés au risque d’inciter à la haine.  « Les lobbies végétariens sont devenus des extrémistes qui ne respectent pas nos institutions démocratiques et utilisent des manières sauvages pour arriver à leurs fins. Cela jette un profond discrédit sur la cause qu’ils défendent. » Voici donc, en substance, le message qu’un représentant du sénat adresse aux millions de végétariens non seulement au Canada, mais à travers le monde. 

Ceci est grave, d’abord parce qu’une sénatrice s’exprime de manière indigne envers des Canadiens et des Canadiennes. Ensuite, ces allégations sont diffamatoires et heurtent les sensibilités des nombreux individus, qui pour de multiples raisons ont adoptés un mode de vie non violent, par respect envers le bien-être des animaux, dans un souci de protection de l’environnement, ou pour encourager des pratiques agricoles écologiques; d’autres personnes sont devenues végétariennes pour des raisons médicales, ou par conviction religieuse. C’est l’ensemble des végétariens qui, aujourd’hui, se consternent d’être la cible d’accusations sans fondements, mais délibérées, portées sans retenue par une sénatrice partie en campagne pour redorer le blason d’une industrie de chasse en déclin. Hervieux-Payette n’est pas la seule à salir la réputation des végétariens puisque son conseiller politique au sénat, Maximillien Depontailler, lui fait écho quand il écrit: « les groupes anti-chasse au phoque... présentent un double visage : une face respectable d'un côté et une face beaucoup plus violente de l'autre. Ce second visage est moins connu du grand public et pourtant c'est ce que l'on appelle les éco-terroristes.» La vérité la voici: pour des raisons politiques, il est devenu important pour l’industrie de la chasse et de la pêche, représentés par la sénatrice Hervieux-Payette, mais aussi par la ministre canadienne des pêches—qui vient de subir un entartage, ce lundi 25 janvier, lorsqu'une activiste de PETA s'est approchée et lui a lancé au visage une tarte au tofu—de faire passer les végétariens pour des terroristes dangereux. Il s’agit d’une stratégie qui vise à isoler une classe de citoyens dans l’opinion publique, ce qui est une manoeuvre politicienne exécrable, qui doit être condamnée.  
 
Au contraire, les végétariens doivent être loués pour leurs efforts à vouloir vivre selon des principes de paix, de justice et d’égalité, et non pas insultés. Les groupes de pressions comme PETA, et leurs actions qui peuvent paraître radicales pour certains, ne représentent pas la vaste majorité des végétariens à travers le monde. Ces derniers représentent non pas un groupe de radicaux et d’extrémistes, mais des hommes, des femmes et des enfants adoptant le végétarisme pour de nombreuses raisons, éthiques, religieuses, environnementales, ou médicales. Le comportement de la sénatrice Hervieux-Payette est odieux envers tous ces individus. L’opinion ne doit pas être dupe et la diffamation sera sans effet sur la volonté indéfectible des végétariens du monde d’exprimer et de faire ce qui est juste.    
                                                                                                                                                                                            David Ruffieux - biochimiste, biologiste cellulaire et moléculaire, candidat au parti vert
Sylvie Demers et Chantale Rondeau - pour www.coeurconscience.com
Marjolaine Jolicoeur - auteure, fondatrice d'ahimsa
Sameer Muldeen, président de l'Association végétarienne de Montréal

Blog de la sénatrice Hervieux Payette
http://www.eurekablogue.ca/?p=946

Article de Maximillien Depontailler
http://www.lepost.fr/article/2010/01/26/1908011_la-ministre-canadienne-des-peches-agressee-par-une-activiste-anti-chasse-au-phoque.html

 

écrit par marjolainejolicoeur à 14:59 | dans: Chasse
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26-nov-2009
VACCIN, VIANDE ET VIVISECTION (Marjolaine Jolicoeur)

Le mot influenza d’origine italienne rappelle qu’autrefois on croyait que la grippe survenait sous l’influence des astres. Il semble que de nos jours une autre forme de superstition se perpétue : croire qu’une injection de virus, de protéines animales, de mercure,  de formaldehyde et de squalène nous protègera contre la grippe.  A voir ces images médiatisées présentant de longues aiguilles entrant dans des bras d’humains, passées ad nauseum à la télévision, on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une forme de lavage pharmaceutique du cerveau. D’une hypnose collective ou d’un exercice de contrôle de la population par la peur. Finalement il ne semble pas trop difficile de rendre des humains apathiques et consentants, comme des moutons s’en allant de leur plein gré à l’abattoir. Certains médias en collaboration avec les gouvernements et les industries pharmaceutiques ont bien fait leur travail. Des millions d’humains croient dur comme fer qu’un cocktail vaccinal de substances toxiques, cancérigènes, mutagènes et allergènes est bon pour leur santé. L’appel à la peur, toujours payant.

 Pour attirer la clientèle, rien n’a été dit sur les côtés sordides des vaccins contre la grippe A|H1N1. Comme  de leur lien, par exemple, avec l’exploitation animale dans les élevages intensifs, les abattoirs, les océans et les laboratoires de vivisection. A toutes les étapes de leur fabrication, la souffrance animale imprègne ces vaccins. Les virus des vaccins anti-grippaux se cultivent dans des embryons de poulets, parfois dans des reins de singes ou de chiens. Un de leurs ingrédients le squalène est une huile provenant du foie d'un requin et un autre  le sodium déosycholate de la bile de bœuf, un sous-produit de l’industrie de la viande et dont les plus grands producteurs viennent de Chine.

COCHON GRIPPÉ
La grippe du cochon, devenue sous la pression du lobby de la viande la grippe A|H1N1, ressemble à une répétition de diverses alertes  épidémiques du passé.   On a eu  peur de la vache folle, de la dioxine, de la fièvre aphteuse puis de la grippe aviaire. En 2004, certains  « experts » prédisaient presque la fin du genre humain suite à des cas de grippe aviaire. L’apocalypse n’était pas loin. Le gouvernement fédéral  canadien prévoyait même plus de 58 000 morts et la paralysie de l’économie du pays. Une pandémie de grippe aviaire était inévitable et même imminente.  
Partout dans le monde des millions de poulets furent abattus sans ménagement, enterrés à la va vite dans des fosses communes alors que certains bougeaient encore. Seulement en Asie, 80 millions de poulets furent éliminés. L’abattage massif des volailles devait éliminer le méchant virus aviaire, mais il  circule toujours sous une forme encore plus virulente.  Malgré tous les prophètes de malheur, il n’y a pas eu de pandémie de grippe aviaire chez les humains. Le scénario de catastrophe s’est avéré complètement faux, ce qui n’a pas découragé les industries pharmaceutiques. On a repris dans les grandes lignes les mêmes prédictions pour instaurer, cette fois-ci, une vaccination de masse contre la grippe porcine.
« L’un des aspects extraordinaires de cette grippe – et de toute cette saga – est qu’il existe des gens qui font des prédictions chaque année, de plus en plus inquiétantes. Aucune d’elles ne s’est encore manifestée, mais ces gens s’entêtent à les répéter. Ainsi, qu’en est-il de la grippe aviaire qui devait tous nous tuer? Rien. Mais cela ne les a pas découragés dans leurs prédictions. Parfois, nous avons l’impression qu’il existe tout un secteur industriel qui espère que cette pandémie va se produire. » (Tom Jefferson, épidémiologiste, juillet 2009, Spiegel Online International)
VIANDE ET VIRUS
 45 milliards de poulets et un milliard de porcs vivent sur toute la planète afin de satisfaire l’appétit vorace des humains pour la viande.  Mondialement, 5 milliards de poules pondent chaque année près de 100 milliards d'oeufs et les plus grosses fermes avicoles peuvent contenir parfois plus d’un million de poules.
L’hypothétique pandémie de grippe porcine de 2009 aurait commencé au Mexique dans la communauté de La Gloria dans un élevage intensif de porcs de la Smithfield Foods, plus grand producteur de porcs au monde. La compagnie détient des fermes et des usines dans plus de 26 états américains et  dans 9 autres pays. Elle élève et tue près de 14 millions de porcs chaque année et vend aussi de la viande bovine et de la volaille. Smithfield possède plus d’une centaine de compagnies qui vont des dindes Butterball  aux produits Weight Watchers. Ses plus gros clients sont les fast-foods McDonald et Burger King.
La Gloria, une communauté de 3 000 personnes, a souffert de plusieurs cas de  maladies respiratoires semblables à la grippe porcine, faisant plusieurs morts.   Les habitants ont tenté à plusieurs reprises d’obtenir l’aide des autorités afin de mettre fin à la pollution de la multinationale du cochon, ce qui a mené plusieurs leaders locaux en prison. Ceux ayant osé critiquer l’élevage intensif  de Smithfield ont reçu des menaces de mort.  Smithfield a toujours nié le lien entre l’émergence de la grippe porcine et ses activités d’élevage intensif. La région autour de La Gloria compte aussi de nombreux élevages  intensifs de poulets où des épidémies de grippe aviaire ont éclaté en 2008.
 Les industries de la viande n’ont pas plus de respect pour la santé des animaux que pour celle des humains. Et les industries pharmaceutiques font fortune avec ce manque de respect.
VACCIN ANIMAUX
Pour survivre aux conditions de leur détention, les porcs et les volailles des élevages intensifs ont besoin d’énormes quantités d’antibiotiques mais aussi de vaccins.  L’industrie de la « santé animale », évaluée dans le monde à 19,2 milliards de dollars, attire les convoitises des groupes pharmaceutiques car elle bénéficie d’une croissance encore plus supérieure que celle de la pharmacie humaine.  Récemment, Sanofi-Aventis a  racheté pour 4 milliards de dollars à l’américain Merck sa participation dans leur coentreprise Merial, numéro trois mondial du médicament vétérinaire.  
Au Canada, plus d’une centaine de vaccins ont été homologués pour l’élevage du porc et de la volaille. Tout comme ceux destinés aux humains, les vaccins pour les animaux contiennent  des virus vivants ou atténués, de l’aluminium, du squalène et  du thimerosal|mercure.  Selon Bernice Wuthrich - Chasing the Fickle Swine Flu, Science, mars 2003 – les vaccinations massives d’animaux  pour certains types de virus anti-grippaux  pourrait favoriser la mutation des virus ou créer une résistance aux vaccins.  Aux États-Unis, une grande majorité des truies gestantes sont maintenant vaccinées avec plusieurs virus anti-grippaux, dans l’espoir de transmettre à leurs porcelets des anticorps protecteurs.  Mais les vaccins ne peuvent «protéger» contre toutes les souches de virus impliqués. De l’aveu même  des fabricants de vaccins, les cochons vaccinés développent une forme de grippe et ce malgré la mythique théorie des anticorps venant de la mère.
« Une réaction immunitaire, si forte soit-elle, obtenue avec de tels vaccins expérimentaux à partir, qui plus est, d’une souche qui ne pourra correspondre à celle de l’hypothétique pandémie par le jeu des mutations incessantes, ne signifie en aucune façon que le sujet sera protégé, mais seulement sensible au vaccin injecté, comme c’est le cas après toute injection de produit chimique ou d’allergène.» (Dr. Marc Vercoutère, La Vaccination contre la grippe, mythe ou réalité?)
Au lieu de régler globalement les problèmes de santé engendrés par les industries de la viande, les animaux malades et  la pollution, on s’abandonne au rêve du vaccin protecteur.   Complices d’un cercle infernal, les industries pharmaceutiques ont elles aussi recours à l’élevage intensif des animaux et aux sous-produits de l’abattoir. 
PONDEUSES DE VACCINS
Les virus des vaccins ont besoin de cellules vivantes pour se reproduire.  Celtura le vaccin A|H1N1 de Novartis est cultivé dans des reins de chiens, celui de Baxter dans des reins de singes.  L’Arepanrix de GlaxoSmithKline (GSK) donné au Canada est cultivé dans des embryons de poulets.
 L’industrie des œufs collabore activement avec les industries pharmaceutiques  Pour obtenir des embryons de poulets servant à l’élaboration des vaccins, au cours des cinquante dernières années, des millions de poules furent exploités ainsi que des milliers de coqs pour les fertiliser.  En 2008, au Canada seulement, près de 830 000 poules pondeuses  étaient impliquées dans ce commerce, dont 562 000 au Québec.  Mais cette année, suite à la psychose de la grippe A|H1N1, la production d’œufs destinée aux vaccins s’est accélérée. Des couvoirs ont convenu d’augmenter leur production afin de fournir davantage de poules.  En cas de pénurie de mâles, l’insémination artificielle a même été envisagée. La souche du virus de la grippe A|H1N1 étant plus difficile à cultiver dans les œufs que ceux de la grippe saisonnière, un nombre supplémentaire d’oeufs a été requis.
Un embryon de poulet est fort différent – et plus vivant en quelque sorte – qu’un œuf non fécondé acheté en magasin.  Les embryons de poulets se forment entièrement après 35 heures d’incubation et on peut voir leur cœur battre dès le cinquième jour. Ils proviennent d’un accouplement entre une poule et un coq.  Comment finissent-ils dans un vaccin? Une fois pondus, les œufs  se retrouvent dans des couvoirs afin de favoriser la croissance de l’embryon. Après neuf à douze jours d’incubation les compagnies pharmaceutiques injectent le virus à l’intérieur de l’œuf pour sa réplication.  Les virus baignent autour de l’embryon, dans le liquide allantoïque, l’équivalent chez l’humain du liquide amniotique. Ce liquide  ou l’embryon lui-même est traité avec différents produits chimiques et du thimerosal. Cette macération permet selon les laboratoires    pharmaceutiques de « digérer l’embryon».  L’embryon est ensuite tué par refroidissement et le  liquide est prélevé.  
 Toute la chaîne industrielle de production du vaccin A|H1N1 a été retardée suite une contamination mortelle des embryons de poulet.  Richard Marchand, microbiologiste et infectiologue à l’Université de Montréal, a déclaré sur les ondes d’une radio montréalaise en octobre 2009: « Le virus est constitué d’une composante aviaire et les oeufs embryonnaires qu’on a utilisés, mouraient ou produisaient moins parce que la composante aviaire était toxique pour les oeufs de poulet …  tout le monde l’a découvert un peu par surprise, on n’est pas les seuls au Canada, les quatre manufacturiers sur la terre ont fait la même découverte en même temps.»
Les vaccins cultivés dans des cellules animales peuvent contenir des virus inconnus, au potentiel ignoré. Des virus apparemment inoffensifs ont la capacité de passer de l’état latent à celui de virulent quand on les inocule à une autre espèce, animale ou humaine. Par le passé, nombre de vaccins furent contaminés par des virus qui n’avaient pas été identifiés. En 1966, sept chercheurs allemands du laboratoire Behring trouvèrent la mort en travaillant sur des primates, pour des vaccins contre la polio et le typhus. Trente autres chercheurs ont été malades sans qu’on puisse reconnaître le virus responsable.
Le transfert d’un virus simien à l’humain peut en modifier la virulence et avoir des conséquences dramatiques. Dans les années 50, on a produit un vaccin pour la polio à partir de cultures de cellules de reins de singes (dites Vero). Des années plus tard et après bien des controverses, plus de 60 études ont découvert la présence d’un virus provenant du singe, le SV40, dans des cas de cancers du cerveau et des os, de lymphomes non Hodgkinien, de tumeurs intracrâniennes chez l’enfant et de leucémie. Jusqu’à ce jour seulement 2% de tous les virus de singes ont été identifiés. Malgré cela, des virus cultivés sur des cellules Vero se retrouvent encore dans de nombreux vaccins : grippe, polio, variole, diphtérie, rage, Rotarix (de GSK pour la gastroentérite), etc.
Fin octobre 2009, le groupe pharmaceutique suisse Novartis a démenti que  son vaccin Celtura  pourrait ne pas recevoir le feu vert des autorités, suite à la découverte de contaminations par des bactéries de source animale. Ce vaccin pour la A|H1N1 est produit à partir de cultures cellulaires de reins de chiens et permet, selon Novartis, une production plus rapide que la méthode sur des embryons de poulets. (Novartis commercialise aussi un vaccin pour la grippe A|H1N1  provenant d’embryons de poulets). Des bactéries auraient été relevées dans les lots testés par Swissmedic, l'autorité suisse en matière de vaccins.  Malgré cette affaire de bactéries, en novembre,  le vaccin à base de chien a été homologué en Allemagne, là où il est fabriqué déjà par millions de doses afin d’être distribué dans plusieurs autres pays. Novartis a reçu des commandes pour ses vaccins A|H1N1 de 35 gouvernements, dont la France et les Pays-Bas. Le gouvernement américain a passé, à lui seul, deux contrats avec Novartis d’une valeur totale d’un milliard de dollars pour tout le processus de la production des vaccins A|H1N1.  
Selon le journal suisse Tagesanzeiger, Celtura serait une version d’un autre vaccin anti-grippal, le Aflunov/Fluad H5N1 (souche aviaire) responsable d’avoir tué plus d’une vingtaine de personnes lors de tests cliniques, en Pologne, en 2008.
Plusieurs  vaccins fonctionnent sur un mode « mock-up », c'est-à-dire que les données sont extrapolables à d’autres souches à fur et à mesure de l’arrivée de nouveaux virus. L’Arepanrix est le même vaccin que le Pandemrix mis à part que le premier est fabriqué au Québec et le second en Allemagne. Pandemrix a d'abord été développé comme un «mock-up » vaccin, avec la souche aviaire H5N1 du virus de la grippe appelée A/Vietnam/1194/2004. Après le début de l’hypothétique pandémie A|H1N1, GSK aurait remplacé la souche du virus aviaire de Pandemrix avec la souche porcine A| H1N1.   La mise en marché d’Arepanrix et de Pandemrix fut autorisée à  partir de données existantes et élaborées pour le virus grippal H5N1.
En d’autres mots, on veut prévenir une grippe porcine par des données provenant  d’un vaccin de souche aviaire. Et on nous demande, comme le dr. Elwyn Griffiths de Santé Canada « d’avoir une confiance totale en ce vaccin ».  Faut-il aussi, plein de foi, s’agenouiller devant les autorités pour recevoir notre injection?
                                                            
VIVISECTION 
                                                                                                                                                                                                                                         
Partout dans le monde GSK possède 14 centres de vivisection utilisant des animaux. Elle accorde aussi des projets de recherche à des contractants comme la  Huntingdon Life Science (HLS). Ce centre de recherche tue plus de 75 000 animaux chaque année pour différentes industries pharmaceutiques afin de tester médicaments, vaccins, détergents ou pesticides. HLS a été rendu célèbre suite à  une campagne fortement  médiatisée d’un groupe de militants pour les droits des animaux  le Stop Huntington Animal Cruelty (SHAC).  SHAC a dévoilé des preuves vidéos accablantes montrant des chercheurs de HLS  qui falsifiaient des données scientifiques ou maltraitaient cruellement des cobayes animaux.   
Les laboratoires de GSK testent leurs vaccins et leurs médicaments sur une panoplie d’animaux : rats, souris, cochons d’inde, lapins, poissons, porc, chiens, chats et primates.  Il est effroyable de remarquer  que dans leur recours à l’expérimentation animale, les laboratoires pharmaceutiques se contredisent et mentent pour arriver à leurs fins.  Pour démontrer l’efficacité ou l’innocuité d’un vaccin, il sera testé sur des animaux. Si le vaccin amène des effets secondaires dangereux chez une espèce animale, le laboratoire pharmaceutique affirmera qu’on ne peut toujours extrapoler ces données vers l’organisme d’un humain. La compagnie ira de l’avant pour faire homologuer son produit en passant sous silence les études négatives ou  en minimisant les conséquences hasardeuses pour l’humain.  
La vivisection est une pratique immorale envers les animaux mais c’est aussi une fraude scientifique. A quoi sert la torture de millions d’animaux de  laboratoires si les industries pharmaceutiques ne tiennent compte des études sur le modèle animal que lorsque cela fait leur affaire, pourquoi continuer ces méthodes cruelles et absurdes?  
Selon un document interne de GSK (datée du 21 octobre 2009) les données cliniques sur l’Arepanrix sont extrêmement  limitées. La nouvelle version du vaccin A|H1N1 est un cocktail expérimental de fragments viraux, de métaux lourds  et de produits chimiques.   Pour ce vaccin pas de données cliniques pour les humains, enfants, personnes âgées ou  femmes enceintes. La capacité du vaccin à « induire une protection » a été évaluée lors d’une infection expérimentale chez le furet, « considéré comme l’animal le plus près de l’humain lorsqu’il est infecté par l’influenza. »  Dans sa demande pour son brevet européen, GSK a indiqué qu’il avait expérimenté plusieurs sortes de vaccins anti-grippaux sur des embryons de poulet, mais aussi sur des cellules rénales de chien, de singe et de porc.
Dans des études sur des rats  avec son vaccin de souche H5N1, GSK a remarqué une incidence accrue de malformations fœtales et un retard de la maturation neurocomportementale. Malgré ces données alarmantes, GSK à nier la corrélation entre les malformations et son vaccin.
D’autres études indépendantes révèlent qu’un adjuvant du vaccin A|H1N1, le Polysorbate 80,  est une source d’infertilité chez les rats.
Un autre adjuvant le squalène déclenche chez les rats une inflammation chronique du système immunitaire liée à l’immunité et spécifique aux articulations comme la polyarthrite rhumatoïde, selon une étude datant de l’an 2000 et publiée dans l’American Journal of Pathology.  Quantité d’études scientifiques provenant de plusieurs pays confirment le développement de maladies auto-immunes chez des animaux soumis à des injections de squalène, allant de la sclérose en plaques au lupus érythémateux. Connu aussi pour leur donner le cancer.
Le formaldehyde (ou formol) a provoqué des cancers et des mutations génétiques lors d’expérimentations animales.
Le thimerosal  lorsqu’il est injecté à un primate  s’accumule dans son cerveau.  Le système nerveux central et les reins sont les cibles des composés mercuriels, avec au-delà d’une certaine dose des symptômes de défaut de coordination motrice. En 1967, une étude parue dans l’Applied Microbiology a constaté que des vaccins contenant du thimerosal et injectés à des souris provoquaient leur mort. Dès son ajout  dans les vaccins en l930, son fabriquant Eli Lilly savait que le thimerosal pouvait causer des dommages et même la mort d’animaux ou d’humains. En 1935, des chercheurs à l'emploi de Pittman-Moore, un autre fabricant de vaccins, a averti Lilly que ses déclarations au sujet de la sécurité du thimerosal ne concordaient pas avec leurs données : la moitié des chiens ayant reçu des vaccins au thimérosal étaient tombés gravement malades.
Le danger potentiel du thimerosal  n’a pas empêché les industries pharmaceutiques de l’incorporer dans leurs vaccins et de continuer à le faire.    L’Arepanrix en contient 5 mg et celui sans adjuvants donné aux femmes enceintes 10 fois plus, soit 50 mg.
MENSONGES ET DICTATURE DE L’ARGENT

Deuxième société pharmaceutique en importance au monde, GSK a réalisé en 2008, un chiffre d’affaire de 43 milliards de dollars. En 2008 toujours, Ottawa a accordé une subvention de 40 millions de dollars à GSK, alors que Québec a versé une contribution financière non remboursable d’un montant de 20 millions étalé sur trois ans. A la vue de tous ces transferts d’argent entre les gouvernements et GSK, il n’est guère étonnant de constater que c’est l’Aperandix de GSK qui a été choisi comme l’heureux gagnant pour vacciner la population.
La dictature de l’argent s’accommode toujours avec les conflits d’intérêts et le lobbying intensif. Presqu’à l’aveuglette, nos gouvernements ont mis en place une vaccination de masse avec un vaccin expérimental venant d’une industrie pharmaceutique au passé trouble. L’histoire de GSK recèle des affaires de corruption, de fraudes, de pratiques peu recommandables, d’études biaisées et de manipulations de données.
En France, le  vaccin pour l’hépatite B de GSK est  impliqué dans plusieurs cas de sclérose en plaque suite à une vaccination massive. On a accusé GSK (avec Sanofi Pasteur) d’avoir orchestré la campagne médiatique de vaccination des années 90 en France de manière à faire vacciner la population le plus largement possible. Les industries pharmaceutiques ont délibérément mis l’accent sur un mode de transmission de l’hépatite B très rare, celle par la salive. Au plus fort de cette campagne médiatique, la demande française pour le vaccin pour l’hépatite B était tellement grande que certaines pharmacies se retrouvèrent  en rupture de stock. En janvier 2008, GSK a été poursuivie en justice pour « tromperie sur les contrôles, les risques et les qualités substantielles d’un produit ayant eu pour conséquence de le rendre dangereux pour la santé de l’homme».   Plusieurs procès sont en cours en France, pour des cas de scléroses en plaque après un vaccin pour l’hépatite B.
GSK a aussi occulté certaines données sur la paroxétine qu’on retrouve dans le Paxil, le Deroxat et le Seroxat. Des dirigeants de GSK ont décidé d’épurer les résultats négatifs contenus dans une étude  parce que selon eux  « il serait inacceptable du point de vue commercial de parler du fait que l’efficacité de la paroxétine n’a pas été démontrée, puisque cela saperait le profil global de la molécule. » (Document interne de la Medical Association Journal)  Le Paxil a été impliqué dans des suicides et des malformations de fœtus particulièrement au niveau du cœur. A l’origine testé sur des rats  le Paxil avait  démontré des malformations congénitales, mais GSK passa outre les études pour commercialiser son antidépresseur le plus prescrit au Canada, avec des ventes mondiales de 3 milliards de dollars. Partout dans le monde, Paxil fait face présentement à des centaines de procès.  
GSK semble aussi avoir sciemment passé sous silence certaines études sur la nocivité d’Avandia, médicament prescrit pour contrôler le taux de glucose chez les diabétiques mais impliqué dans plus de 87 000 crises cardiaques. Un cardiologue ayant voulu alerter la communauté scientifique sur les risques à long terme de l’Avandia, a été menacé de poursuites légales par GSK.
REFUSER LA PEUR
Au moment où des enfants souffrent de malnutrition ici même au Québec, que la pauvreté rend malade et que le système de santé est à bout de souffle, les gouvernements n’ont pas hésité à investir plus de 1,5 milliard de dollars dans une vaccination de masse pour une hypothétique pandémie. (Chiffre du journal Globe and Mail)  A elle seule, la campagne de publicité vantant les mérites du vaccin A|H1N1 a coûté plus de 4,5 millions.
Le virus de la grippe A/H1N1 a déjà muté partout dans le monde, en Norvège, en Chine, au Brésil, en Ukraine, aux États-Unis et au Mexique. Cette mutation amènera-t-elle une résistance au vaccin et l’échec de cette vaccination de masse? Quels seront les effets secondaires à long terme  de ces substances toxiques et de ces virus d’humains et d’animaux recombinés, mutants et résistants, en interaction avec d’autres substances ou produits chimiques? Fournir encore plus de cobayes humains aux industries pharmaceutiques?
Il est tout à fait impossible de vacciner et de  « protéger » les humains  - et les animaux - contre toutes les maladies et les virus. Il n’y a que les industries pharmaceutiques pour croire en une telle fumisterie.  Le dogme vaccinal repose sur une vision réductrice de l’être humain perçu comme un rat de laboratoire victime des virus et d’une médecine de troupeau. Chaque être humain est unique et réagit à sa façon aux maladies ou aux virus, selon son niveau d’énergie, ses émotions, ses antécédents familiaux ou médicaux, son interaction avec l’environnement, son hygiène de vie et son alimentation.
Dans leur course aux profits, les industries pharmaceutiques propagent  le virus le plus dangereux qui soit : celui de la peur.  Peur de maladies pas encore survenues dans notre organisme et qui ne nous toucheront peut-être même pas ou très peu. Peur ressentie par les animaux exploités pour leur viande, leurs embryons et leurs cellules et se retrouvant dans leur chair.  Peur formant une chaîne infinie jusque dans la viande consommée par les humains et qui les rend encore plus vulnérables à cette émotion, porte ouverte à tous les contrôles.
 Des alternatives existent pour se protéger et guérir de la grippe sans vaccin.(1)  Comme celle de manger beaucoup de fruits et de légumes mais aussi de se questionner sur cette consommation démentielle de viande, de poisson et de produits animaux. Dans un livre remarquable - Le Rapport Campbell  - l’auteur Collin Campbell passe en revue  des centaines d’études scientifiques et épidémiologiques sur le danger des protéines animales.  Même une petite quantité d’aliments d’origine animale est associée à des maladies chroniques, cardiaques, aux cancers et au diabète. Si des protéines animales ingérées peuvent déclencher de telles maladies, se faire injecter directement dans l’organisme des protéines de poulet, de singe, de porc ou de chien est tout aussi problématique, sinon plus.
Tout est lié et interdépendant : vaccins, élevages intensifs des industries de la viande, changements climatiques, pollution de l’environnement, empoisonnement des humains, violence faite aux animaux dans les abattoirs et torture du vivant dans les laboratoires. Se faire injecter des substances provenant de la souffrance et de l’exploitation des animaux  ne peut apporter la santé physique, mentale et spirituelle.  Pas plus à nous qu’à toute la planète.  
 (1):http://www.ass-ahimsa.net/vaccins7.html
 

 

écrit par marjolainejolicoeur à 09:45 | dans: Végétalisme
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24-sep-2009
Tuer tous les ours du Québec? (Richard Chartier)

AU MINISTÈRE DE LA FAUNE

: Il n'est pas étonnant de voir la réaction négative de la population face aux ours lorsque la panique, entretenue par les médias, s'empare des gens qui vivent à proximité de la forêt. Surtout lors d'évènements tragiques où il y a mort d'homme. Cependant, les spécialistes s'entendent pour affirmer que ce phénomène est rare et circonstanciel.
Il faut aussi noter que les banlieues s'étendent de plus en plus et que l'humain empiète sur les territoires de nombreuses espèces y compris l'ours. La cohabitation peut devenir difficile et provoquer des affrontements malheureux. Il y a, me semble t-il,une réflexion à entamer d'urgence non seulement pour l'ours mais aussi pour d'autres
espèces animales au Québec afin d'assurer la sauvegarde et la pérennité de ces animaux au nom du respect de la biodiversité...et pour l'avenir, pour nos enfants.
J'ai entendu aujourd'hui la solution d'un porte-parole de la Fédération des trappeurs du Québec qui m'a fait sursauter: augmenter la prise d'ours afin disait-il de diminuer la surpopulation. Pourtant, un représentant de votre ministère a déclaré qu'il n'y avait pas de surpopulation. Ce qui est grave et inquiétant au Québec c'est que les chasseurs et les trappeurs exercent un lobby puissant auprès de votre ministère et vous risquez malheureusement d'écouter ces promoteurs de l'extermination des ours (et d'autres espèces animales aussi ! ).
Pouvez-vous me garantir que vous ne céderez pas à leurs pressions en permettant d'abattre davantage d'ours ? Les écosystèmes ne fonctionnent pas comme des machines bien huilées et ne répondent pas toujours à nos attentes et à nos désirs comme semble le croire les trappeurs et les chasseurs. Éliminer le plus grand nombre d'ours ne réglera pas le problème, il en créera d'autres. Il faut apprendre à vivre avec les animaux de la forêt, il n'est pas nécessaire de les exterminer.
Au moment où nous vivons une crise écologique et environnementale des plus préoccupantes, le rôle des décideurs est de protéger, sauvegarder et promouvoir une approche plus respectueuse de la nature et des animaux.
Je vous prie de ne pas tomber dans l'étroitesse d'esprit des trappeurs et des chasseurs et d'agir en gestionnaire responsable qui se préoccupe de l'avenir de l'humanité avant les intérêts égoistes des groupes de pression dont le seul souci est de pouvoir rapporter à la maison un trophée qui dégage l'odeur nauséabonde d'une gloire éphémère.                (Richard Chartier, M.Sc.)

écrit par marjolainejolicoeur à 10:33 | dans: Chasse
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22-sep-2009
POTLUCKS: pour faire du social...

Photo: Groupe végétarien de Rimouski au Festival Interculturel, Rimouski 9 août 2009                              

Un potluck est un repas communautaire où chaque convive apporte un plat. Selon certains le terme potluck fait référence au "potlach" des amérindiens, une cérémonie durant laquelle les tribus, autour de grands festins, s’échangaient des cadeaux. Potlach signifie d’ailleurs "donner". Pour d’autres le potluck a son origine dans l’Angleterre du l6e siècle et veut dire quelque chose comme celui qui, dans le fond du chaudron (pot), a la chance (luck) de trouver de la nourriture! Ce qui est certain, c’est que le potluck est une façon de socialiser autour d’une bonne bouffe, de rencontrer d’autres personnes, d’expérimenter et de goûter de nouveaux plats. Cette coutume très populaire dans le milieu anglophone s’implante depuis quelques années au Québec. Plusieurs putlucks végétariens ou végétaliens s’organisent de Montréal à Québec, en passant par Rimouski.

Pour Christine Godard les potlucks mensuels de Rimouski font suite à sa rencontre avec une végétalienne anglophone: « J'ai rencontré Meghan lors d'une sortie d'un club de marche il y a quelques années. Comme elle fréquentait des groupes végétariens à Toronto, elle m'a parlé des rencontres régulières autour de plats végétariens. On s'est revues à quelques occasions et on a décidé de faire ici comme à Toronto et de créer le premier groupe végétarien de Rimouski. Puis notre famille amie végétarienne - Jeannine, Tim et leurs enfants Andrew et Dominic - s'est tout de suite jointe à nous. Quelques mois plus tard, Daniel est venu à un de nos soupers et assez rapidement il s'est lui aussi impliqué dans l'organisation du groupe.»

Ces soupers végétaliens peuvent regrouper jusqu'à 25 personnes. Il y a des personnes seules, des couples et des familles. « Le plus jeune a été un bébé au sein et le plus âgé est Réal, notre fidèle membre de 70 ans, nous dit Christine, en ajoutant que « le groupe fonctionne avec beaucoup de souplesse et de liberté. Chaque personne amène un plat à partager et n'a pas besoin de nous dire lequel à l'avance. Le hasard a toujours fait qu'on avait une variété de plats intéressants comme des soupes, des salades, des ragoûts, des quiches, des pizzas ou des desserts. Chaque personne décrit aussi son plat et les ingrédients qui ont été nécessaires à sa préparation. C'est une soirée informelle et chaleureuse où on mange bien et qui nous permet aussi de créer des liens intéressants avec des personnes qu'on n'aurait propablement pas rencontrées autrement. Les invités sont végétaliens, végétariens, partiellement végétariens ou pas du tout végétariens.»

Ceux qui le souhaitent reçoivent les invitations par courriel après s'être inscrits à la liste yahoo du groupe ou sur leur blog. Les soirées sont aussi annoncées dans le journal local la semaine précédant l'évènement et de nouveau le jour de l'évènement.

Lors de certains potlucks on peut trouver une table d'information avec des livres de recettes végétariennes et végétaliennes ou des brochures sur les conditions de vie des animaux d'élevage. Certains font de courtes présentations. Alain, le compagnon de Christine, a démontré l'impact positif du végétarisme sur l'environnement ou fait connaître le Rapport Campbell; Tim a parlé de germinations et Daniel, un professionnel de la santé, des mythes les plus fréquents liés au végétalisme avec support visuel l'appui.                                                                     

Christine qui est aussi mère de deux grandes adolescentes, Marine et Chloé toutes deux végétariennes, a été beaucoup influencé par le livre de John Robbins "Se nourrir sans faire souffrir" ainsi que par le Journal AHIMSA de l'association du même nom. Quand elle cuisine - et ce de plus en plus de façon végétalienne - elle utilise "L'Assiette végétarienne: recettes sans oeufs ni produits laitiers", des Editions Ahimsa ainsi que "Vous avez dit vegan?", de Tanya Barnard et Sarah Kramer, des Editions les Malins.

La souffrance animale est au coeur de son végétarisme: « Je suis végétarienne car je ne veux pas être complice des mauvais traitements infligés aux animaux. Dans la même logique, j'utilise des produits de beauté et des produis d'entretien pour la maison non testés sur les animaux. Bien évidemment je ne porte pas de fourrure. Dans ma profession de massothérapeute, j'utilise exclusivement l'huile de la compagnie québécoise Rhida qui m'a confirmé par écrit qu'elle n'utilisait pas d'animaux pour ses tests .»

Pour Daniel, travaillant dans le milieu de la santé, les potlucks furent très importants pour son évolution en tant que végétarien: «Il y a un an, j'ai assisté à la projection du documentaire "Un repas végé", de Stéphane Groleau et de Sonia Delisle. Non seulement ce film était très intéressant, mais c'est aussi là que j'ai rencontré pour la première fois des membres de notre groupe végétarien local. J'ai par la suite assisté à un premier souper communautaire et ai tellement aimé l'expérience que je me suis joint au groupe. A travers les échanges d'informations avec d'autres membres et le visionnement de documentaires sur la condition animale, ma transition vers un régime végétarien s'est complétée en quelques mois. Je ne le faisait alors plus seulement pour des raisons de santé, mais aussi pour des raisons de conscience sociale.» - Journal AHIMSA, printemps 2009 -

Groupe de Rimouski: http:groupevegetarienderimouski.blogspot.com - 418.721.3072 - vegerimouski@yahoo.ca

Groupe de Québec: a chaque vendredi du mois, à l'Accorderie au 151-A St-Francois est - www.veganquebec.net - Stéphane: 418.317.0120

Groupe de Montréal: L'association végétarienne de Montréal: info@vegemontreal.org -        

écrit par marjolainejolicoeur à 10:16 | dans: Végétalisme
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21-sep-2009
JACQUES GODIN: de chasseur à végétalien

L’auteur est un acteur prolifique et de grand talent  qui a joué dans de nombreux téléromans, films ou pièces de  théatre. Chasseur repenti, il est aussi un ardent défenseur des animaux. 

Je crois que c’est l’écrivain et critique français, Paul Léautaud, qui résume le mieux ma relation avec les animaux. Cet homme né en 1872, disait un jour dans une interview : « Les gens qui ne s’intéressent pas aux bêtes, qui n’en ont jamais eues, ceux qui rient qu’on puisse les aimer, ne savent pas quelle merveille de bonté, de fidélité, d’attachement, d’intelligence curieuse on trouve en elles. C’est la plus charmante compagnie quand on sait s’y prendre et je parle de toutes les bêtes sans exception. Nous ne savons rien d’elles avec notre sotte façon de les regarder de loin. Quand on vit avec elles, que de choses on découvre, que d’autres on éveille quand on sait leur donner confiance ».

C’est ce qui se produit avec la plupart des gens. On regarde les animaux de loin, on ne se rend pas compte de ce qu’ils sont. Ils ne sont pas des automates biologiques comme les considèrent ceux qui les exploitent dans les cirques, les jardins zoologiques, les corridas, les rodéos, en élevage intensif, l’industrie de la fourrure, la recherche médicale, etc. Les animaux sont des êtres sensibles à ce qui se passe autour d’eux. Ils peuvent agir, pas seulement réagir, prendre conscience, non seulement être conscients, ils peuvent se souvenir. Ils ont aussi des sentiments comme les humains : la joie, la jalousie, la peur, la colère, la frustration, etc.

Comme le mentionne le philosophe et éthologue Dominique Lestel, dans un article qui a été publié dans le Nouvel Observateur : « Peu de gens réalisent à quel point nos représentations de l’animal ont été bouleversées en trente ans, y compris les éthologues eux-mêmes. Cette transformation est du même ordre que la révolution quantique en physique dans la première moitié du 20ième siècle ou celle de la révolution de la biologie moléculaire dans la seconde moitié de ce même siècle : « l’animal est devenu un sujet non pas parce que nos projections populaires et affections nous les font voir ainsi, mais parce que les travaux scientifiques les plus modernes ne nous laisse pas le choix « (1)

On est loin des opinions de Descartes, Aristote, Claude Bernard et cie sur le sujet. Des chercheurs japonais qui ont fait des études sur les singes de Koshima, Dian Fossey, Jane Goodal, Sherley Strum, Jonatha Balcom (Pleasurable Kingdom, chez MacMillan) nous démontre qu’il existe une culture animale, c’est à dire que les animaux ont une vie sociale, une subjectivité et peuvent prendre conscience de leurs actes.

C’est une lutte parfois déprimante et difficile que celle de la bataille pour la libération des animaux et la fin de leur exploitation. J’ai commencé à m’y intéresser il y a au moins quarante ans. Ayant quelques animaux à la maison, j’ai commencé à héberger des chats et des chiens que des gens inconscients et insouciants abandonnaient près de chez moi. Je me suis finalement retrouvé avec 13 chats et chiens. Me rendant compte comment ces animaux peuvent souffrir laissés à eux-mêmes dans la nature, je décidai de donner un peu de mon temps à un refuge pour animaux abandonnés. C’est alors qu’une personne du milieu me suggéra de lire le livre de Hans Ruesch, « Ces bêtes qu’on torture inutilement » sur les expériences médicales atroces et inutiles faites aux animaux en laboratoire, ça vous donne la nausée. Je continuai à me renseigner, à lire l’opinion de scientifiques honnêtes, rigoureux, réalistes et conséquents, opposés à ce procédé de recherche (non seulement cruel mais inutile) soutenu par l’industrie des médicaments, la médecine officielle, l’appât du gain, le lobbying et l’ignorance des politiciens.

Je crois que ce qui est important pour garder le moral c’est de se renseigner sur les progrès (et il y en a !) qui se font dans la cause animale. Il faut se rendre compte qu’on est pas seul à s’y opposer et à la défendre. Il faut voir les progrès que font des associations sérieuses comme le Comité des médecins pour une médecine responsable (2), l’Association des vétérinaires pour le droit des animaux (3), PETA (4) et la Société américaine contre la vivisection (AAVS) (5). Quand c’est possible, il est important d’être membre de ses organisations pour les soutenir dans leur démarche et lire des publications produites par des organismes locaux comme AHIMSA, la Société québécoise pour la défense des animaux (SQDA), Life Force et beaucoup d’autres groupes de défenses qui sont pour moi un beaume qui démontre que la cause avance. Si on pense à la longue lutte contre l’esclavage et aux droits des femmes, on réalise que ce n’est qu’avec persévérance qu’on peut y arriver.

Avant cette prise de conscience, j’avais comme le mentionne Léautaud, « cette sotte façon de regarder les animaux de loin ». J’ignore encore pourquoi je faisais de la chasse, peut-être était-ce pour éprouver la sensation d’être un vrai mâle, isolé dans la forêt, comme ses ancêtres, sans eau, sans électricité pendant une semaine, avec un groupe d’amis. Je pensais peut-être que la chasse était un sport, mais un sport où tu essaies de tuer l’adversaire n’est pas un sport, sauf pour certains joueurs de hockey peut-être…

Finalement, je me suis demandé si à force de joueur la vie d’un coureur des bois à la télévision, je n’en était pas un, qui sait ?

Toujours est-il, qu’un jour où je tirai un pauvre chevreuil à moitié caché derrière un arbre, lui fracturant la colonne vertébrale, je m’approchai pour achever la pauvre bête. Elle tenta péniblement de se relever à l’aide de ses pattes avant, me regardant d’un air ahuri, un regard sans colère, sans reproche. Elle avait plutôt un regard interrogateur, me demandant sans doute pourquoi je faisais une chose aussi affreuse. Je me souviendrai toute ma vie de ces doux yeux de biche et ce fût ma dernière partie de chasse. C’est alors que je réalisai que j’étais tout à fait inconséquent de défendre les animaux et de manger de la viande. Ce sont des milliards d’animaux qui sont élevés, transportés et tués de façon affreuse dans le monde. Il y a une trentaine d’années, je décidai de devenir végétarien, puis je suis devenu végétalien (sans aucun produit animaux). Je me suis rendu compte avec le temps comment cette consommation de viande est dommageable pour la santé (cancer, maladie cardiaque, diabète) et pour l’environnement (gaz à effets de serre, utilisation excessive d’eau et de céréales pour nourrir les animaux, déjection, pollution, etc).

Lorsque j’étais plus jeune, dans mon milieu, consommer de la viande était une chose normale, que personne ne remettait en question, le végétarisme n’était pas tellement courant. Après avoir travaillé sur un plateau de tournage avec des brebis, je me suis dit qu’il était inconcevable qu’on puisse égorger des créatures aussi douces et gentilles. Je commençai donc par éliminer de mon alimentation l’agneau puis, le veau, le porc, le bœuf, le poulet, les fruits de mer et poissons et aujourd’hui je suis végétalien. Je m’en porte très bien et je mange des repas sains, variés très savoureux et appétissants.

Je suis devenu végétalien pour toutes ces raisons mais, chacun à son cheminement. Si on réalise l’immense souffrance imposée aux animaux de consommation et les bienfaits du végétarisme pour notre santé, le choix n’est pas trop difficile. Aujourd’hui, il est facile de se procurer des aliments végétariens (ou végétaliens). On les trouve même dans tous les supermarchés. Il y a une quantité incroyable de livres de recettes de cuisine végétariennes (ou végétaliennes) et de sites internet. On a l’embarras du choix. A mon avis, il n’y a aucune raison de ne pas adhérer à ce mode de vie, respectueux des êtres vivants et de la nature.                                                                                                                        Jacques Godin, Journal AHIMSA, printemps 2009

(1) Dominique Lestel, auteur de : « Des origines animales de la culture » (Flammarion, 2001) et «L’animal singulier » (Seuil, 2004)                                                                                                                            

(2)PCRM (Physicians Committee for Responsible Medecine

(3) AVAR (Association of Veterinarians for Animal Rights )

(4) PETA (People for the Ethical Treatment of Animals )

(5) AAVS (American Anti-Vivisection Society)

écrit par marjolainejolicoeur à 14:23 | dans: Chasse
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10-sep-2009
Difficile de ne plus manger de fromage? (Catherine Ferland-Blanchet)

 

Le chemin qui mène au végétalisme peut parfois être houleux. Certains transigent facilement d'un régime omnivore à une alimentation essentiellement basée sur les végétaux. D'autres traînent longtemps des habitudes alimentaires ancrées depuis leur jeunesse, effrayés par un deuil de goût, pourtant nécessaire au changement. « Les gens cessent une habitude quand la liste des souffrances est plus grande que celle des plaisirs, observe Anne-Marie Roy, diététiste-nutritionniste et co-auteure du livre Végétariens...mais pas légumes! Il faut penser plus loin que notre langue et prendre conscience des conséquences de nos gestes.»

Le fromage est probablement le produit animal le plus difficile à arrêter, puisque les végétaux imitent rarement parfaitement le goût des nombreuses variétés et leur texture. Pourtant, de plus en plus, les compagnies s'efforcent de reproduire les fromages en version végétarienne ou végétalienne. Mais quel nom doit-on leur attribuer? « Fauxmage n'est pas, selon moi, un bon nom pour un aliment bien meilleur que le fromage. Fauxmage, en fait, faux et mage, veut dire textuellement que ce mage n'est pas vrai. Et qui voudrait d'un mage qui lui ment? Dans les faits, celui qui ment, c'est celui qui vante les supposés mérites du fromage de lait animal. Il faut donc trouver un autre nom, un vrai nom, peut-être justement le vraimage?», croit Edith Chabot, végétalienne depuis environ trois ans. Parlons donc des alternatives végétaliennes aux fromages ou des vraimages!

«Pourquoi tu ne manges pas de fromage? Il ne la tue même pas la vache...»

Qui d'entre vous n'a pas entendu ce commentaire, et tant d'autres? Pourtant, quiconque s'oppose à l'élevage et à l'abattage des veaux, séparés de leur mère dès la naissance, se contredit lorsqu'il mange du fromage. En effet, l'un ne va pas sans l'autre puisque la vache doit être en gestation pour donner du lait. De plus, il est erroné de dire qu'on ne la tue pas puisqu'elle aussi termine ses jours à l'abattoir et ce, avant l'âge de six ans. Anne-Marie qualifie de pires les souffrances de la vache « laitière » ou encore de la poule « pondeuse », parce que l'homme perdure son calvaire et prolonge ses conditions de vie atroces pour dérober à l'animal exploité un produit qui ne lui est même pas destiné.

Et la santé humaine?

Ne pas consommer de lait se révèle certes avantageux pour la santé humaine. Peut-être parce que justement ce produit ne nous est pas destiné… Après tout, le système digestif d’un bovin se différencie considérablement du nôtre, notamment parce que son estomac se divise en quatre poches. En outre, PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) affirme que le poids d’un veau double au cours de ses premiers 47 jours, contrairement à 180 pour l’humain. Jeff Novick, diététiste-nutritionniste et conférencier (www.jeffnovick.com), prétend qu’en réalité, 34 % des calories totales du lait 2 % et 23 % du lait 1 % sont des calories grasses. Il démontre comment l’industrie obtient d’aussi faibles pourcentages : en basant leurs chiffres sur le pourcentage du poids et non sur celui des calories. Par conséquent, les pourcentages s’abaissent considérablement, au bénéfice de l’industrie.

En mai 2001, l’émission Découverte fait un reportage à propos du lait. L’équipe se réfère entre autre à deux études conduites par l’Université Harvard. La première se base sur le suivi de 77 000 infirmières pendant 12 ans. Les conclusions détruisent un mythe répandu à propos du lait et du calcium : la consommation de lait ne réduit pas les risques de fractures. Walter Willett, l’initiateur du projet, considère que l’alimentation d’une grande majorité contient suffisamment de calcium pour répondre aux besoins du corps. « Consommer un surplus de calcium tout au long de la vie ne fait donc aucune différence pour la simple raison que l'on ne peut emmagasiner ce surplus dans nos os. On atteint notre masse osseuse optimale à 20 ans et tout ce que l'on peut faire c'est de la maintenir jusqu'à la ménopause », précise-t-il. Pendant dix ans, les chercheurs de la deuxième étude ont suivi 21 000 médecins. Les résultats? «Ceux qui consommaient deux portions et demi par jour (de produits laitiers) avaient un risque de 34 % plus élevé (de développer un cancer de la prostate) que ceux qui consommaient moins d'une demi portion par jour. L'hypothèse est que l'augmentation du calcium ferait diminuer le niveau de la forme active de la vitamine D dans le corps. Et c'est cette vitamine D active qui empêche le développement des cellules cancéreuses de la prostate. »

Le reportage de Découverte mentionne également l’intolérance aux produits laitiers, une condition qui caractérise les trois quarts de l’humanité. Une grande majorité de Noirs, d’Asiatiques, d’Amérindiens et des Hispaniques ainsi que 15 % des Blancs ne possèdent pas l'enzyme nécessaire à la digestion du lactose. « L'industrie laitière prétend que l'on peut vaincre cette intolérance en s'acharnant à boire du lait. » Walter Willett reste sceptique. Il ne croit pas qu’augmenter la consommation de lait favorise une meilleure tolérance. Un acharnement qu’il juge inutile puisque selon lui, le lait de vache n’est pas bénéfique pour la santé humaine! En plus de contribuer aux risques d’obésité, le fléau nord-américain actuel, par des calories et des gras saturés, le lait aggrave la condition des gens à risque pour les maladies cardiaques. Pour Anne-Marie Roy, le fromage contient plus de gras et de gras saturés que le bœuf. En plus d’être nuisible pour la santé, il ne contient aucun élément anti-cancer. Le calcium est bien présent, mais moult d’autres aliments en contiennent également : épinard, brocoli, noix, graines de sésame, …

Mais les fromages laitiers sont-ils vraiment végétariens?

Les variétés à pâte dure ou semi-dure, et même certaines à pâte molle, ne le sont peut-être pas! En fait, la coagulation - par acidification ou combinée - de ces fromages, s’effectue généralement à l’aide de la présure, une enzyme d’origine animale ou de synthèse. Cette présure permet de coaguler les caséines - les protéines coagulables du lait - et donc de cailler le lait, à partir duquel on fabrique les fromages. Or, la présure d’origine animale est prélevée à partir de l’estomac de jeunes veaux abattus. D’ailleurs, le quatrième compartiment de l’estomac d’un ruminant se nomme la caillette, faites-vous le lien?

Le fromage, une drogue dure?

Si l’on en croit les dires de nombreux végétaliens, transiger d’un régime omnivore au végétarisme est souvent plus facile que d’adopter le végétalisme et ce, à cause du fromage. Mais pourquoi cette cassure est-elle si difficile?

 Il y a d’abord une vérité physiologique à la dépendance au fromage, soulève Brigit Marlin, fondatrice de Viva Granola. À l’instar du groupe "Vegetarians in Paradise", elle se rapporte aux écrits du médecin Neal Barnard, président fondateur du "Physicians Committee for Responsible Medicine" et auteur de plusieurs livres dont "Breaking the Food Seduction. Le docteur Barnard explique que les chaînes moléculaires de [la protéine] caséine sont divisées par les bactéries et les acides de l’estomac lors de la digestion. Cette action génère des opiacées - substance contenant de l’opium ou exerçant une action comparable à celle-ci - de différentes longueurs nommées casomorphines. L’une d’elles, une chaîne formée de cinq acides aminées, possède environ un dixième du pouvoir analgésique de la morphine. La caséine est concentrée dans la production de fromage. Ainsi, une tranche d’une once contient environ cinq grammes de caséine. Pour Brigit, « la casomorphine est chimiquement similaire à la morphine. Son rôle vise à rendre le nourrisson dépendant du lait afin qu’il retourne à la tétée. Pour mon père et moi, arrêter de fumer a été beaucoup plus facile qu’éliminer le fromage de notre alimentation! »

Parcours sans fromage des végétalien(nes

Pour d’autres, c’est une simple question de goût. À leurs débuts, plusieurs végétariens intègrent davantage le fromage à leur menu. Même Stéphane Groleau, né sur une ferme laitière et n’ayant jamais raffolé de ces produits, s’est fait prendre au jeu. De plus, Anne-Marie Roy remarque à quel point les fromages artisans du Québec sont valorisés et louangés par l’industrie et les médias. Tony Fortin, sculpteur sur bois et ébéniste, s’ouvre justement à ces produits du terroir lorsqu’il devient végétarien il y a six ans. Il a toujours aimé les fromages, mais lorsqu’il opte pour le végétalisme trois ans plus tard, il est dans une période où il les découvre et les apprécie spécialement. Mais les vraimages ne l’attirent pas : « J’aime bien savoir ce que je mange. Quand je ne comprends pas les ingrédients simplement parce que je n’ai pas de bac en chimie, je trippe moins!, s’exclame-t-il. Je trouve que ce sont les Sheeses qui imitent le mieux la texture et le goût. Ce que j’apprécie surtout, c’est qu’ils n’ont pas l’arrière goût de tofu ou de riz typique de tant d’autres marques.» Dominique Routhier, militante active pour les animaux et fondatrice de la Société pour la Protection des Animaux Canada, partage l’aversion de Tony pour certains produits végétaliens style fromagé. Pour elle, le fromage a été l’aliment le plus dur à enrayer. Quoi qu’elle soit végétalienne, elle considère que les faux fromages « on tout à envier aux vrais...mais je dois dire que graduellement, on voit des nouveaux produits sur le marché et l'effort en vaut la chandelle », se réjouit-elle.

D’un autre côté, la vie sociale est quelque peu perturbée par ces nouveaux choix. « J’avais tranquillement réduit, mais ma difficulté personnelle, c’était plus pour le trouble que ça me donnait sur le plan social », confirme Anne-Marie. Alors que Tony éprouve plutôt des difficultés dans les restaurants, c’est sa propre personnalité qui complique la tâche de Brigit : «J’accepte mal que quelqu’un soit choqué contre moi. Mais, au fil de mon évolution, j’ai appris à moins me soucier de ce que les gens pensent ». En revanche, le social facilite parfois la transition. C’est le cas de Dominique Routhier. Elle scelle un pacte avec sa colocataire : celui d’être vegan pour une année! Le marché porte fruit, mais Dominique rechute après les douze mois. Toutefois, elle redevient végétalienne suite à la rencontre de son amoureux Gabriel Villeneuve, il y a deux ans.

Et les vaches?

D’une manière plus drastique et souffrante, la santé contraint parfois les gens à arrêter le fromage. C’est le cas de Brigit Marlin et d’Édith Chabot. Contrairement à ses papilles gustatives, le système digestif de cette dernière n’aimait guère les fromages. De toute manière, se dit-elle, le fromage peut-il engendrer autre chose que du mal, puisque « son boulot se résume à porter des particules de graisses animales en différents endroits stratégiques pour me détruire à petit feu. Et là, je ne parle que du mal qu'il me faisait à moi sans compter toute cette souffrance infligée à tant d'êtres vivants pour le fabriquer, le fauxmage. »

N’oublions toutefois pas ceux pour qui cesser le fromage, c’est une affaire de rien! Jérôme C. Pageau, 10 ans, est végétarien depuis quelques années. Horrifié lorsqu’il découvre que le fromage est fabriqué avec des enzymes digestives de veau, il adopte immédiatement le végétalisme. D’autres, comme lui, se rappelle la raison exacte, le moment précis où ils prennent la décision. La visite d’une ferme laitière par exemple. Ou encore un discours frappant, comme c’est le cas d’Anne-Marie Roy. « J’ai adopté le végétalisme en l’an 2000, après avoir assistée à une conférence au congrès mondial du végétarisme à Toronto. »

 Dans le cas de Marjolaine Jolicoeur, c’est à sa vache Lalita qu’elle doit son végétalisme. Lorsqu’elle emménage à Sainte-Rita, il y a 25 ans, elle accueille Lalita sauvée de l’abattoir sur ses terres. Elle et son mari commencent alors à fabriquer fromages, crème fouettée et autres produits dérivés du lait de leur vache. Non seulement toute cette consommation de fromage a un effet désastreux sur son foie mais Marjolaine assiste au désespoir et à la souffrance de Lalita lorsqu’elle donne son veau de six mois à un ami : « Lalita a eu tellement de peine qu’elle a beuglé une partie de la journée. Mon mari Jean-Louis a même vu des larmes couler de ses yeux. On a décidé que c'était fini les veaux et le lait. » Marjolaine (végétarienne depuis les années 70) adopte alors le végétalisme, il y une quinzaine d’années. Toujours vivante Lalita est maintenant âgée de 22 ans.

Alternatives végétaliennes

 

Mais, quelles alternatives avons-nous? Comment faciliter la transition? Stéphane Groleau soulève un point important : «Ces dernières années, on a vu apparaître divers fauxmages, certains ayant un goût, une odeur et une apparence terriblement semblables aux fromages laitiers. Pour ma part, n'ayant jamais vraiment apprécié ces produits, je ne vois pas pourquoi je commencerais à m'y intéresser. Je préfère ne pas développer cette attirance pour des produits directement, ou indirectement, liés à l'exploitation animale. Je favorise la création de produits réellement végétaliens, d’alternatives santé et moins transformées, plutôt que de plagier ce que l'on tente de dénoncer.» Anne-Marie Roy a remarqué certains ingrédients suspects chez quelques produits alternatifs. Quoi qu’elle trouve que la gomme de guar et la carraghénine, par exemple, ne soient pas des substances idéales sur le plan nutritif, elle les préfère au fromage. Pour elle, les vraimages deviennent des aliments de transition qui disparaissent éventuellement du menu. À l’instar de Stéphane, elle privilégie des aliments non transformés. « Plus j’avance, plus ma nourriture se simplifie», observe-t-elle.

 

Laissons le mot de la fin à Édith Chabot «Manger du fauxmage quand on sait, cela devient impossible à moins de se tenir les yeux fermés « ben dur », les yeux du cœur aussi. Je suis devenue végétalienne il y a environ trois ans et ça n'a pas été difficile finalement. Quand dans ma conscience une porte s'ouvre, mon corps montre son ouverture d'esprit lui aussi. Alors, du coup, je n'étais plus capable de le digérer le fauxmage... normal, je n'ai jamais digéré les menteurs! »

 

Source: Journal AHIMSA, automne 2008

écrit par marjolainejolicoeur à 15:20 | dans: Végétalisme
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2-jui-2009
Charles Danten: un nazi? (Marjolaine Jolicoeur)

Disciples d’Hitler et milieux néonazis peuvent être contents : il se trouve encore des humains utilisant la propagande nazie pour salir la réputation de militants sincères et dévoués. Charles Danten, dans une démarche assez méprisante, fait un amalgame douteux entre le nazisme, la supposée « zoophilie des nazis », la compassion humaine envers les animaux et les végétariens vus comme des "nazis hypocrites".(L'homme meilleur: http://www.lautjournal.info/default.aspewsld=1042) 

Pour dénigrer l’éthique du végétarisme et le mouvement pour la libération animale, il faut être de bien mauvaise foi ou complètement ignorant pour invoquer la monstruosité nazie ou Hitler, l’incarnation du mal absolu pour plusieurs. Cette tactique polémique, la reductio ad hitlerum, vise à disqualifier quelqu’un ou un groupe de personnes en les comparant à Hitler : Hitler était végétarien (ce qui est faux) et aimait les animaux, alors tous les végétariens et ceux qui aiment les animaux sont des nazis. Quand on est à court d’arguments, Hitler n’est jamais bien loin.

On peut se questionner sur les motivations derrière ce parallèle entre Hitler et la vie pacifique de millions de végétariens et de militants pour les animaux. Danten pense-t-il vraiment qu’il fait avancer le mouvement pour la libération animale, que ses délires injurieux vont mettre fin à l’exploitation et aux massacres d’animaux?

Les fondements de la pensée nazie prennent racine dans des thèmes racistes et haineux. Aucune espèce de compassion chez les nazis, aucune empathie pour la souffrance de l’autre, qu’il soit humain ou animal. La conviction nazie reposait essentiellement sur une chose: le plus fort à le droit de soumettre le plus faible, de toutes les manières possibles, dans la violence s’il le faut, dans la cruauté aussi. « Qui ne possède pas la force perd le droit de vivre », disait Hitler.

HIMMLER

C’est en passant par l’élevage industriel des poulets que Himmler, le chef des SS et des camps d’extermination nazis, accru son obsession pour garder, sur le plan racial, la "pureté" des allemands. Selon Fritz Redlich cité dans l’ouvrage Eternel Trablinka de Charles Patterson: « Son intérêt pour la reproduction et l’abattage des poulets se transforma en intérêt pour la procréation et le meurtre des êtres humains ». Et le meurtre des êtres humains, comme celui des poulets, n’est absolument pas compatible avec le soi-disant bouddhisme de Himmler. Tout dans la morale bouddhiste - et chrétienne - s’articule autour de la non-violence, du pacifisme et de la bienveillance à l’égard des êtres vivants. Himmler n’était pas plus bouddhiste que George W. Bush est un disciple de Jésus.

Comme d’autres nazis, Himmler a perverti certains concepts bouddhistes mais aussi hindouistes. Selon plusieurs témoignages Himmler avait toujours sur lui une copie de la Bhagavad-Gita. Dans ce texte millénaire de l’Inde ancienne, Krishna dialogue avec son disciple Arjuna sur un champ de bataille, lui ordonnant de passer à l’action et d’accomplir son devoir avec détachement. Himmler interpréta à sa façon la Gita, s’en servant pour justifier la supériorité de la race allemande et aryenne sur les "sous-hommes dégénérés", qu’ils soient Juifs, Noirs, homosexuels, handicapés ou malades mentaux.

La Gita était aussi le livre préféré de Gandhi. Au contraire d’Himmler, Gandhi puisa dans la Gita ses visions de non-violence et de paix autant envers les humains que les animaux. Pour ce digne représentant du végétarisme éthique et de l’ahimsa, cette histoire sacrée de l’hindouisme doit être prise dans un sens mythologique où l’âme se débat dans l’illusion du monde matériel, à la recherche de sa délivrance. Dans la Gita «l’humble sage, éclairé du pur savoir, voit d’un oeil égal, le brahmane noble et érudit, la vache, l’éléphant ou encore le chien et le mangeur de chien. » Le yogi doit être « sans haine pour aucun être », il se libère et libère les autres grâce à l’amour. On est loin de l’idéologie nazie.

HITLER

Hitler n’était pas, de près ou de loin, un adepte du végétarisme. Tout comme Himmler, il ne mettait pas en pratique ce qu’il disait et croyait à ses propres mensonges. Pendant toute sa vie, Hitler a mangé de la saucisse et du jambon. Même en étant publiquement contre la chasse, en privé il consommait du gibier. Hitler se servait du végétarisme pour se gagner un capital de sympathie auprès du peuple allemand, les groupes écologistes étant très puissants et l'alimentation sans viande à la mode.

A Berlin, en l900, on retrouvait plus de vingt restaurants végétariens. Quelques colonies végétariennes aussi, comme celle nommée Eden qui vendait divers produits alimentaires végés, dont un succédané de beurre, une sorte de margarine. Agriculture biologique, consommation de fèves de soya, de pains de blé entier, jeûnes, cures au soleil ,thérapies holistiques, homéopathie, massages et végétarisme s’intégraient dans le mouvement Lebensreform ou "réforme de vie", une expression apparue dès 1896. Une figure dominante de ce mouvement était l’allemand Arnold Ehret (1866-1922). Ses livres sont toujours en réédition et extrêmement populaires, encore de nos jours, dans les milieux naturistes ou hygiénistes. Pour Ehret, les viandes demeurent toujours en état de décomposition et « elles se putréfient dans le colon et conduisent au cancer »; la seule alimentation valable se compose de fruits et de légumes crus, elle est végétalienne, sans viande, lait ou oeuf.

Hitler considérait le mouvement crudivore comme «une révolution», affirmant même «que l’une des causes du cancer réside dans la nocivité des aliments cuits. » Malgré ses beaux discours et sa peur de mourir du cancer comme sa mère, Hitler n’a jamais cesser de se gaver de gâteaux, de sucreries, de café, de viande diverses, de lait, d’oeufs et d’aliments cuits.(Hitler, un végétarien?, Journal Ahimsa, 2007:
Http://www.ass-ahimsa.net/vege5.html )

Hitler, un végétarien aimant les animaux? Ce canular inventé de toutes pièces par son fidèle ministre de la propagande Joseph Goebbels se perpétue encore de nos jours. Hitler ne supportait que les chiens-loups - les bergers allemands - et plusieurs témoins rapportent qu’il battait à coup de fouet les chiens récalcitrants. A l’image de ses idées sur les humains, Hitler ne reconnaissait pas une égalité entre les animaux. Il refusait de se laisser photographier en compagnie des bichons d’Eva Braun, tout juste bons pour une femme. Les films de propagande nazie n’encensaient que les animaux pur-sang tout en se moquant de l’affection que les femmes seules ont pour leurs animaux. Le film Was du ererbt («ce dont vous avez hérité») accusait les femmes propriétaires de chiens de dévoyer leur affection et leur instinct maternel. «Un amour exagéré pour un animal est dégénéré. Il n’élève pas l’animal mais dégrade l’être humain.» On croirait lire du Danten...

Manifestement Hitler n’aimait guère les animaux puisqu’il traitait ses ennemis de « cochons », de « sales chiens», le peuple allemand de «stupide troupeau de moutons » et les Juifs de «vermine et de rats ». Cette pratique d’insulter des humains par des noms d’animaux n’appartient pas qu’aux nazis. Elle a souvent été un prélude à la persécution ou l’exploitation de peuples jugés comme inférieurs. Le monde animal a toujours été une abondante source de métaphores pour la désensibilisation devant la souffrance d’autrui: «
Auschwitz commence quand quelqu’un regarde un abattoir et pense: ce ne sont que des animaux. » (Theodor Adorno)

DERRIÈRE LES APPARENCES

Hitler n’a jamais eu aucune implication personnelle en faveur de l’animal, d’un point de vue individuel ou juridique. Elisabeth Hardovier-Fugier a enquêté aux sources des documents législatifs du IIIe Reich concernant la protection animale et sur ces soi-disantes lois décrites par certains comme « les plus progressistes jamais écrites et qui feraient rêver n’importe quel défenseur des animaux ». L’historienne dément ces affirmations mensongères, s’interroge «sur les motifs qui incitent à diaboliser la démarche protectrice de l’animal, par contamination avec un personnage hors norme, Hitler» et s’insurge à juste titre contre ces manoeuvres pour dénigrer le milieu de la défense animale.(
http:|bibliodroitsanimaux.site.voila.fr/hardouinfugierloinazie.html)
 
Les premières mesures pour la protection animale ne viennent pas de l’Allemagne nazie mais du Royaume Uni où de telles réglementations datent de l822. Le Martin’s act punissait par une amende ou l’emprisonnement quiconque battait, abusait ou maltraitait chevaux, juments, ânes ou animaux dits domestiques. D’autres législations européennes suivirent. Afin « de réduire la souffrance animale et faire la promotion de valeurs humanitaires à l’égard des êtres animés», c’est à Londres, en l824, que la Society for the Prevention of Cruelty of Animals (SPCA) fut fondée. La SPCA prenait aussi position contre la pratique de certains scientifiques effectuant des expérimentations sur les animaux. Dans la société anglaise, ceux qui défendaient les animaux militaient aussi pour l’émancipation des esclaves humains (comme Jeremy Bentham). En France, une loi pour la protection des animaux date de l850.

La sollicitude nazie envers les animaux de laboratoire n’était que du bluff et les nazis n’ont jamais vraiment légiféré contre la vivisection. Là encore ils mentaient, puisque les expériences sur les animaux continuèrent massivement autant dans les laboratoires que dans les camps d’extermination. Leur supposée loi contre la vivisection ne différait en rien dans sa substance à celle édictée en l875 en Angleterre; elle émettait certaines restrictions, mais n’éliminait pas l’expérimentation animale: «Les expériences sur des prisonniers furent nombreuses et variées, mais elles avaient un point commun: toutes prolongeaient ou venaient complétées des expériences sur les animaux (...) et aux camps de Buchenwald et d’Auschwitz, les expériences sur les humains et sur animaux furent menées simultanément, comme parties d’un seul programme.» (Dark Face of Science, John Vyvya, Micah Publications)

La vivisection sur des animaux et des humains s’appuyait sur des bases scientifiques. Un grand nombre d’adhérents au parti nazi étaient médecins ou chercheurs scientifiques. Ce sont des scientifiques allemands qui ont synthétisé pour la première fois, dans les années 30, le Demerol, un dérivé de la morphine et la méthadone. (Goering et Goebbels étaient morphinomanes tout comme Hitler, malgré de grandes campagnes contre les drogues auprès du peuple allemand). Les premières études établissant la relation entre tabac et cancer du poumon furent réalisées pendant la période de l’Allemagne nazie. Hitler supervisa lui-même un ensemble de règles et de restrictions contre le tabac dans les lieux publics et les transports. En l939, le "Bureau contre les dangers de l’alcool et du tabac" vit le jour et les nazis inventèrent le terme de « tabagisme passif ».

Antis-tabac et scientifiques, tous des nazis en puissance comme les végétariens et les défenseurs des animaux?

ÉVOLUTION SPIRITUELLE

Les nazis se mentaient à eux-mêmes et aux autres aussi. Si au contraire, Hitler et les nazis avaient démontré de la bonté envers les animaux, de la compassion autant envers le chien que le cochon mangé, le cours de l’histoire aurait-il été le même?

Ressentir la douleur de l’autre, avoir de l’empathie envers les plus vulnérables, étendre l’égalité de considération à l’ensemble des êtres capables de sentience - de sensibilité - voilà de grandes qualités pouvant aider l’humain à devenir meilleur, individuellement mais aussi collectivement. La compassion est un signe d’évolution pour beaucoup de traditions spirituelles, philosophiques ou pour de grands esprits comme Pythagore, Plutarque, Plotin, Bouddha, les esséniens, les jains, les gnostiques, les cathares, Gandhi, Marguerite Yourcenar, Albert Einstein, le transcendantaliste Bronson Alcott, Isaac Bashevis Singer, Paul McCartney et tant d’autres.

« Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille », écrivait Leon Tolstoi, végétarien pendant les vingt-cinq dernières années de sa longue vie. Et pour Gary L. Francione, juriste et philosophe américain « c’est une erreur de concevoir les problèmes de l’exploitation humaine et animale comme mutuellement exclusifs. Au contraire, toutes les formes d’exploitation sont inextricablement liées. Tant et aussi longtemps que nous tolérons la violence sous une ou l’autre de ses formes, la violence existera sous toutes ses formes

Tant et aussi longtemps que les animaux seront considérés en tant que machines, objets, choses à tuer, à chasser ou à disséquer, il sera difficile sinon impossible de guérir cette violence qui détruit les humains et la planète. Chaque année dans le monde, plus de 50 milliards d’animaux sont abattus pour leur chair, sans compter les milliards de poissons et d’animaux aquatiques. Des millions de singes, chiens, chats, poissons ou lapins meurent dans les laboratoires pour tester pesticides, armements ou vaccins. L’industrie de la viande est un désastre écologique, privant des populations humaines d’eau potable et de céréales. Elle est une source de grande souffrance pour les animaux, des êtres conscients ayant le droit de vivre, comme nous, leur existence dans la paix. Mais il est « difficile de reconnaître quelque droit que ce soit à un animal dont on souhaite faire son repas »(Henry Salt)

LES PROTECTEURS DES ANIMAUX ET LES VÉGÉTARIENS

Selon Danten, les défenseurs des animaux regroupent des frustrés aux prises avec de graves problèmes psychologiques. Des violents qui s’ignorent, souffrant de narcissisme, d’égoisme, des végétariens fanatiques faisant le salut hitlérien devant un bloc de tofu. Danten divague et fait de la psychologie à cinq cents. La nature humaine est mystérieuse et complexe, elle va bien au-delà des clichés et des étiquettes. Ceux et celles qui militent pour les droits des animaux, pour leur protection et leur libération font partie d’une infinie diversité. On ne peut les mettre dans le même sac, brasser le tout et faire de leurs motivations une généralisation ainsi réductrice.

Mais une chose est certaine cependant: prendre la défense des animaux est un exercice périlleux dans nos sociétés axées sur le matérialisme et la consommation à outrance, la domination et l’exploitation. Facile de ridiculiser et de mépriser une cause impopulaire autant dans les médias qu’auprès d’un public soumis à la désinformation. Facile de dénigrer des militants motivés par un réel désir de justice, de solidarité et d’amour pour d’autres êtres vivants, pour la planète, les arbres, les baleines, les papillons ou les rivières, puisque tout est lié. Dans notre monde où la violence est partout banalisée, la compassion n’a pas bonne presse.

Si cette sympathie universelle ne nous rend pas "meilleur", cela revient-il à dire que c’est son contraire, la violence, qui nous fait évoluer en tant qu’humain? Philosophes, mystiques mais aussi psychiatres, sociologues, criminalistes, juristes et protecteurs des animaux affirment pourtant le contraire. Il existe une corrélation entre la violence faite aux animaux et celle perpétrée contre d’autres humains. Nombre de tueurs en série, sinon la majorité, ont commencé par abuser et violenter des animaux avant de le faire à des humains. Le tristement célèbre Ted Bundy, qui viola et tua plus de 40 femmes, avait été témoin pendant son enfance de la violence de son père envers les animaux; il avoua par la suite avoir lui-même torturé nombre d’animaux à son adolescence.

Que la violence soit dirigée vers les femmes, les enfants, les personnes âgées ou les animaux, elle est indissociable de cette loi du plus fort. Plus de la moitié des femmes se retrouvant dans des refuges ont signalé que l’animal de la famille avait été aussi menacé ou blessé par l’auteur de la violence. (McIntosh:2001) Selon le professeur Andrew Linzey, fondateur et directeur de l’Oxford Center for Animal Ethics: « la cruauté envers les animaux n’est pas seulement injuste pour les animaux: on constate maintenant, de façon de plus en plus évidente, que la cruauté envers les animaux est aussi préjudiciable aux êtres humains

ÉTHIQUE ANIMALE

Il est absolument important de dénoncer les usines à chiots, les animaleries sans scrupules, la surmédicalisation, les vaccins inutiles et potentiellement toxiques, la domination brutale, le dressage excessif et ce non-sens de l’animal acheté pour sa race ou sa beauté. Mais pour cette vieille dame seule avec son chat, pour cet homme et son vieux chien marchant ensemble, pour cet enfant parlant à son chien dans des mots qu’eux seuls comprennent, pour ces humains compatissants qui travaillent dans des refuges d’animaux surpeuplés, pour ces autres qui adoptent des chiens vieux ou malades, soignent des chats blessés, ayons tout de même un peu de respect. Comparer l’amour que ces humains portent aux animaux avec l’hypocrisie des nazis relève d’un cynisme outrageant. (Soyons aussi logiques et responsables: même en étant contre une certaine forme de domestication, il est présentement impossible de mettre à la rue tous les chats et les chiens, de les retourner dans leur environnement naturel.) La «misanthropie viscérale» des végétariens et des militants pour la défense des animaux, tant décriée par Danten, se trouve finalement peut-être de son côté à lui.

Dans l’éthique animale il y a place autant pour une vision de justice globale, que pour la compassion, le désir de soulager la misère et une forme d’altruisme envers les animaux. Comme si pour devenir meilleur, nous devions passer moins par notre tête mais plus par notre coeur, comme nous le dit si bien Romain Gary: « Dans les Andes boliviennes, j’ai vu un paysan famélique partager avec son chien quelques vivres que je lui avais données, puis hisser le grand animal squelettique sur son dos pour grimper sur la montagne. Il n’y avait là aucun rationalisme: juste ce que l’on connaît sous le nom d’"humain". Voir dans les animaux plus que de la viande et de la peau est un acquis culturel, tout comme la beauté et un tel concept est indissociable des sentiments. Trop longtemps, on les a dénigrés pour n’y voir que du sentimentalisme tout en exaltant le matérialisme au point que le monde a vu holocauste sur holocauste. Essayons les sentiments et les émotions, pour changer...»
écrit par marjolainejolicoeur à 12:10 | dans: Éthique
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20-mar-2009
Des écolos appuient une chasse au phoque qui est loin d'être écologique-Marjolaine Jolicoeur

Dans un récent communiqué Nature Québec appuie la chasse au phoque et fait du lobbying auprès du Parlement européen afin qu’il n’interdise pas les importations des produits dérivés. Nature Québec agit-il réellement par conviction écologique?

On peut se poser la question quand on voit dans sa liste de « partenaires financiers » Pêches et Océans Canada, le ministère gouvernemental qui subventionne et coordonne la chasse au phoque. Nature Québec reçoit aussi des subventions de la Fondation de la Faune du Québec, un organisme gouvernemental favorisant la chasse et la pêche dites sportives ainsi que du Fond mondial pour la nature Canada (World Wildlife Fund-WWF) dont toute l’histoire est liée à la chasse.(1) Un des présidents du passé de la WWF était non seulement un chasseur célèbre pour ses tueries massives d’animaux mais aussi président de la National Rifle Association, un lobby international contre tout contrôle des armes a feu. Jusqu’en l988 la WWF organisait des enchères de vente de fourrure pour renflouer ses caisses. Elle a toujours soutenu la chasse aux phoques en connivence avec le gouvernement canadien.

Nature Québec a de plus des « partenaires en biens et services pour des expertises, conseils et validations scientifiques et techniques » comme la Fédération des trappeurs gestionnaires du Québec,la Fédération québécoise de la Faune (qui malgré son nom regroupe des chasseurs et des pêcheurs) et la Fédération des pourvoiries du Québec. Ces groupes pro-chasse et pro-fourrure peuvent-ils réellement donner une expertise valable et objective à un organisme se voulant écologique?

ECOLOGIQUE OU MERCANTILE?

Justifier écologiquement la chasse aux phoques parce que ces derniers mangent trop de morues est questionnable d’un point de vue crédibilité scientifique mais aussi vision globale. L’effondrement de la population des poissons relève bien plus de la pêche intensive et de l’inertie du gouvernement en matière de gestion que de l’alimentation du phoque. Même si tous les phoques jusqu’au dernier sont tués, la morue ne reviendra pas. Selon une étude faite par 14 chercheurs scientifiques et publiée dans la revue américaine Science la quasi-totalité des espèces de poissons et de crustacés pêchés pour la consommation auront disparu des océans avant 2050.(2) Cette disparition annoncée des poissons s’accompagnera d’un dérèglement de l’ensemble de l’écosystème des océans et ce ne sera pas la faute des phoques mais bien des industries de la pêche.Mais les pêcheurs qualifient ces prédictions de         « pessimistes » et refusent d’y croire.

En février 2009, les pêcheurs de morues du Québec et des Maritimes ont même tenté de convaincre Pêches et Océans Canada de ne pas imposer un moratoire pour stopper la pêche dans le sud du golfe Saint-Laurent. Regroupés dans une coalition, les associations de pêcheurs rejettent les prévisions scientifiques prédisant la disparition des poissons. Plus facile d’accuser les phoques que de faire son mea culpa.

Tout comme pour l’industrie de la fourrure, la pêche commerciale n’a montré que très rarement un souci écologique. Elle a plutôt vider les océans et continue de le faire dans un esprit strictement mercantile. Morue mais aussi requin, thon rouge, flétan, espadon, crevette, plie canadienne et capelan sont des espèces marines menacées par la pêche. On estime que dans le monde 75% des espèces de poissons seraient présentement exploitées à pleine capacité, surexploitées ou épuisées.

Tuer des phoques pour sauver le poisson ne ressemble que trop à de l’histoire ancienne. Le béluga par exemple, a toujours été maudit par les pêcheurs, coupable selon eux de faire fuir le poisson. Au cours des années 30, les pêcheurs chassaient cette petite baleine blanche parce qu’on croyait qu’elle dévorait elle aussi trop de morues et de saumons. Pour chaque queue de béluga tué le gouvernement payait l5$. Plus de 5 000 bélugas vivaient dans le fleuve St-Laurent en 1885 mais cent ans plus tard ils n’étaient plus que 500, considérés comme de véritables déchets toxiques.

Faudra-t-il massacrer la totalité des bélugas, des baleines, des dauphins, des requins et des oiseaux de mer sous prétexte qu’ils mangent du poisson?

FAUX PRINCIPE DE PRÉCAUTION

La chasse au phoque est en complète contradiction avec tous les principes écologiques autant par ses liens avec l’industrie de la fourrure que par sa gestion gouvernementale.

Deux chercheurs scientifiques Russel Leaper et Justin Matthews ont analysé les méthodes utilisées par le gouvernement pour évaluer la taille de la population de phoques du Groenland et son évolution de même que l’approche gouvernementale pour la fixation des quotas de chasse.(3) Selon Russel Leaper « le risque pour la population de phoques est alarmant. L’étude démontre que le gouvernement pourrait ne pas être au courant que le niveau de la population a atteint un seuil critique avant qu’il ne soit trop tard, et que seules des mesures draconiennes devront êtres prises. Cela signifie que le gouvernement continuerait à fixer des quotas de chasse élevés alors que la population serait sérieusement en déclin.» Selon ces chercheurs l’approche actuelle du gouvernement pour gérer la chasse au phoque fera baisser sérieusement leur population, de 50 à 70% au cours des 15 prochaines années.

La supposée ’approche de précaution" du gouvernement ne résiste pas à une analyse sérieuse. Les phoques peuvent être décimés par des variations au niveau de l’approvisionnement alimentaire, des virus, des contaminations par la pollution ou par des changements climatiques. Dès à présent, le réchauffement climatique est une menace réelle pour le troupeau de phoques puisqu’il nuit à leur milieu de reproduction. Les mauvaises conditions de la glace contribuent de plus en plus au pourcentage anormal du taux de mortalité des phoques. En 2002, 75% des bébés phoques dans le golfe St-Laurent sont morts à cause de l’absence de glace avant même que la chasse ne commence. Cela n’a pas empêché le gouvernement de continuer à fixer des quotas de capture mettant en péril leur population.

CRUAUTÉ SUBVENTIONNÉE

Invoquer la tradition pour maintenir la chasse aux phoques sous prétexte qu’elle est pratiquée depuis 400 ans est une tactique de diversion assez maladroite. Une multitude de traditions - esclavage des enfants, des noirs, violence faite aux femmes ou cannibalisme - étaient aussi des traditions dans certaines contrées mais d’un point de vue éthique elles ne sont plus défendables. Le comportement de l’humain primitif devrait logiquement évoluer vers un mode de vie plus moralement acceptable.

La chasse au phoque n’est plus depuis longtemps une chasse de subsistance à proprement parler mais alimente plutôt le commerce de la fourrure. Cette industrie est devenue multi-millionnaire en détruisant et en exploitant autant les communautés rurales,les autochtones, les animaux que l'environnement. L'industrie de la fourrure est uniquement préoccupée par les profits. Le gouvernement continue malgré tout de la subventionner par fanatisme idéologique. L’industrie de la chasse au phoque ne se perpétue que parce qu’elle est grassement subventionnée. Entre 1995 et 2000, le gouvernement canadien et celui de Terre-Neuve et Labrador ont donné 20 millions $ en subventions directes à la chasse aux phoques. Un article du Post signé par Murray Teitel confirme que présentement les 6 millions que gagnent les chasseurs coûtent aux contribuables canadiens au moins 60 millions.(4)

ECOLO LA FOURRURE?

Cette tuerie de phoques n’est jamais écologique pas plus que ne l’est l’industrie de la fourrure. Pour aller tuer les phoques il faut une grande dépense de pétrole tout comme pour expédier les peaux ou les produits dérivés dans des ports européens ou asiatiques. Préparation, tannage, trempage, séchage, nettoyage, taille et finition des fourrures requièrent des traitements chimiques considérables. Les produits chimiques utilisés pour traiter la fourrure incluent des acides, du peroxyde d’hydrogène, de la formaldéhyde, des agents de blanchiment et divers types de teintures. Potentiellement cancérigènes ces produits peuvent causer divers problèmes de santé, polluant les cours d’eau et les sols. Il faut aussi penser à l’énergie requise pour opérer les voûtes à fourrures réfrigérées (pour l’entreposage pour période de non utilisation) ainsi que l’énergie requise pour nettoyer professionnellement par nettoyage à sec les manteaux. La fourrure est un produit de luxe nécessitant d’énormes quantités de ressources et d’énergie. Elle ne peut en aucun cas être considérée comme un produit écologique.

VIOLENCE ET BRUTALITÉ

Cette chasse industrielle génère une immense souffrance car c’est une exécution massive d’animaux devant se faire le plus rapidement possible. Tuer 300 000 phoques en quelques semaines amène de comportements cruels démontrant bien l’incapacité des autorités à veiller à l’application des lois. De nombreux vidéos et témoignages d’observateurs apportent des preuves indéniables de l’agonie de phoques crochetés vivants puis traînés sur la glace, d’animaux frappés au gourdin ou blessés par balles puis abandonnés de longues minutes à leurs souffrances avant parfois d’êtres dépecés encore conscients. Ces abus loin d’être des cas isolés demeurent rarement sanctionnés.

98% des phoques chassés ont entre deux semaines et trois mois. Les chasseurs les nomment des "chiots" mais les défenseurs des phoques n’ont pas le droit eux de dire qu’ils restent en quelque sorte des "bébés". Certains de ces phoques n’ont pas encore pris de repas solides ou même commencé à nager. Les chasseurs fracassent leur crâne parce qu’en tant que juvéniles, les parois de leur tête sont encore minces. Tout ce massacre à lieu sous les yeux horrifiés des autres phoques, des mères, dans un vacarme de cris de peur et dans l’odeur du sang.

Peut-on accepter toutes les violences et les brutalités au nom de l'argent?

Pour continuer ce plus grand massacre de mammifères au monde on tente désespérément de nous vendre leur viande et leur graisse. Mais le phoque est loin d’être assez bio pour nourrir les écolos puisqu’il est contaminé par de multiples substances toxiques et des pesticides. Il est même recommandé aux consommateurs de phoque de n’en manger pas plus qu’une fois par semaine et de s’abstenir d’en consommer le foie. Ces substances toxiques s’accumulent dans l’organisme, provoquant cancers, dérèglements hormonaux et immunitaires. Les femmes inuites, à cause de leur consommation de phoques, détiennent dans leur lait maternel le plus haut pourcentage de BPC au monde, mettant ainsi en danger autant leur santé que celle de leur bébé.

Quand aux oméga-3 de source animale, leurs vertus exagérées relèvent du marketing puisqu’elles peuvent aussi élever le taux de cholesterol et provoquer une baisse des réponses immunitaires. Tous les poissons (et donc leur graisse et leur chair ) sont contaminés à divers degrés, phoque compris. Plusieurs alternatives végétales contiennent des oméga-3 : graines de lin, algues, noix et huile de chanvre. Tous ces produits se retrouvent sous l’appellation bio et sont donc écologiques.

AMES SENSIBLES S’ABSTENIR?

Au Canada il est presque interdit de prendre la parole pour défendre les phoques sans se voir aussitôt taxer de "méchants animalistes", "d’âmes sensibles" ou de souffrir de "sensiblerie". Être écologiste c’est aussi avoir des notions d’éthique, de justice, de non-violence et de solidarité envers les plus vulnérables. Si un peu plus d’humains avait de la sensibilité dans leur âme et leur coeur, l’état de la planète ne s’en porterait que mieux.

Notre relation écologique avec les animaux englobe aussi un débat moral. Une soixante de philosophes et d’éthiciens ont co-signé avec le professeur Andrew Linzey de l’Université d’Oxford un texte dénonçant la chasse aux phoques comme étant cruelle et moralement injustifiable.(5) Pour eux le phoque est un être vivant et sensible, bien plus qu’un simple produit de consommation.

Se dire écologiste c’est aussi comprendre que tout est interdépendant et lié, autant la souffrance des animaux, des humains que celle de la planète. Les biologistes au service des chasseurs, de l’industrie de la fourrure et des politiques gouvernementales doivent montrer leur vrai visage et ne plus se cacher derrière leurs prétentions écologiques. On peut tout fuir, mais notre conscience finit toujours par nous rattraper.

1.http://www.naturequebec.org/pages/noussoutenirpartenaires.asp
2.Impacts of Biodiversity Loss on Ocean Ecosystem Services (novembre 2006)
3.An Investigation of the effects of uncertainty on Canadian harp seal management
4.National Post, article de Murray Teitel: http://network.nationalpost.com/np/blogs/fpcomment/archive/2008/04/18/the-millions-ottawa-spends-subsidizing-the-seal-hunt.asp
5.An Ethical Critique of the Canadian Seal Hunt and an Examination of the Case for Import Controls on Seal Products : http://www.animallaw.info/articles/arus2journalanimallaw87.htm\w

écrit par marjolainejolicoeur à 10:39 | dans: Chasse
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18-mar-2009
La chasse aux méchants animalistes|Marjolaine Jolicoeur

 

Chaque printemps ramène au Québec le joyeux temps du sirop d’érable mais aussi l’immense tristesse de la chasse aux phoques. Ces images montrant des chasseurs en train de fracasser le crâne d’animaux sans défense, pour les dépecer parfois vivants dans de longues traînées de sang, sont insoutenables et révoltantes. Cette chasse a cependant le mérite de faire ressortir la vrai nature de certaines personnes. On voit alors s’étaler dans les médias le cynisme et le mépris de certains journalistes, éditorialistes et pro-chasse de tous genres.

Les méchants ne se trouvent plus du côté des tueurs mais plutôt de celui des opposants à la chasse aux phoques décrits comme des fanatiques, des radicaux, des terroristes et, comme lu sur un blog, « des tapettes écologistes qui mangent du tofu ». Malgré les vidéos décrivant la violence des chasseurs, les rapports accablants des observateurs et des vétérinaires sur la souffrance des phoques, les forts en gueule mais pas fort côté conscience y vont de grandes tirades sur la "supériorité" de l’humain. Une supériorité donnant droit semble-t-il aux massacres, à l’exploitation, à la cruauté et aux holocaustes d’animaux. Pourtant, sur certains points, mon chien Fido est bien plus intelligent que Richard Martineau et Patrick Lagacé, les deux mis ensemble.           

En mars 2008, un drame est venu encore plus alimenter cette controverse autour du massacre des phoques. Au large de la Nouvelle-Écosse quatre chasseurs des Îles-de-la-Madeleine sont morts noyés. Leur bateau, L’Acadien, a chaviré pendant un remorquage. Horrible drame humain, bien sûr. Leurs funérailles furent diffusées sur le réseau de télévision du gouvernement fédéral RDI. Dans cet exercice de propagande pour manipuler l’opinion publique, quelqu’un est même venu déposer une peau de phoque sur l’un des cercueils pendant la messe. Pourtant, Jésus n’est jamais représenté frappant un animal avec un gourdin ou le tuant avec une arme. St-François d’Assise, patron catholique de l’écologie, est toujours entouré d’animaux et d’oiseaux. St-Hubert, patron lui des chasseurs, a abandonné la chasse après avoir reçu l’illumination de la part d’un animal qu’il poursuivait. Les véritables chrétiens dignes de ce nom ne devraient pas vivre en conflit avec les leçons de non-violence et de paix de leur Guide spirituel.

Hypocrisie aussi de la part de ces parlementaires du Québec qui ont demandé une minute de silence pour «honorer la mémoire des chasseurs. » On peut comprendre un hommage à des pompiers ou des policiers morts dans l’exercice de leur fonction, mais pour des tueurs de phoques?

Gouvernements et médias tentent de nous faire croire qu'il faut absolument tuer des phoques parce qu'ils mangent trop de morues. Au cours des années 30, les pêcheurs chassaient le beluga parce qu’on croyait qu’il dévorait lui aussi trop de morues et de saumons. Pour chaque queue de béluga tué dans le fleuve St-Laurent le gouvernement québécois payait 15$ (Quelques années plus tard, pendant la guerre, les bégulas étaient aussi la mire des pilotes de bombardiers et servaient de cibles pour leur entraînement militaire) Une foule d’études scientifiques confirment le rôle dévastateur des pêcheurs et de leurs filets meurtriers, autant sur les poissons que sur les dauphins, les baleines, les tortues ou les oiseaux de mer. Certains prédisent même que d'ici 2045 il n'y aura plus de poissons comestibles dans les océans. Est-ce qu’on va toujours radoter que là encore, c’est la faute des phoques ou des bélugas?

Sous de faux prétextes écologiques l’industrie de la fourrure tente de nous apitoyer sur le sort des amérindiens, des trappeurs ou des communautés rurales, alors qu’historiquement elle n’a jamais démontré aucune espèce d’intérêt autant envers les humains, les animaux ou l’environnement. L'unique but de cette industrie de la mort est de sauver sa peau pour continuer à faire le plus de profits possible.

Mais il n’y a pas que l’argent derrière ces massacres d’animaux. Quelque chose aussi de plus profond, d’obscur, d’inquiétant. Plusieurs chasseurs avouent qu’ils vont à la chasse aux phoques « parce qu'ils ont ça dans les tripes, dans le sang, parce que leurs grands-pères chassaient ou qu'ils deviennent excités à l'approche de la chasse. » (Presse canadienne, printemps 2008) Certains de mes ancêtres acadiens et gaspésiens ne savaient ni lire ni écrire, mais ce n'est pas une raison pour demeurer analphabète. Il est à espérer que les humains évoluent et ne restent pas bloqués au stade de l'homme de Cromagnon où la vue du sang est une jouissance et la mort d’un animal presqu’un orgasme.

Puis il y a eu ces propos du Capitaine Paul Watson dans lesquels il déclarait que la mort des chasseurs était une tragédie mais que celle de millions de phoques l’était tout autant.Après cette provocation de Watson, les médias ont remis une couche méprisante encore plus épaisse sur les défenseurs des animaux. Un peu plus et on allumait des bûchers sur les banquises pour brûler les hérétiques.

Les médias et les chasseurs se donnent pourtant eux le droit de ridiculiser par des propos sexistes et violents une militante comme Brigitte Bardot, par exemple. Certains chasseurs n’hésiteraient pas à sabler le champagne si jamais elle se noyait en sauvant un phoque. Et les médias ne sont jamais loin de la représenter comme une hystérique, pour une femme l’adjectif étant toujours de circonstance. Il est de bon ton aussi de faire croire au public que les chasseurs sont de pauvres gars chassant pour leur survie et les militants pour les animaux des profiteurs-fanatiques au service d’un lobby puissant et riche. La vérité est que la chasse aux phoques se perpétue parce qu’elle est grassement subventionnée à tous les niveaux par le gouvernement. Et qu’à quelques exceptions près, la grande majorité des groupes de libération animale éprouvent de sérieux problèmes d’argent. Ces groupes n’ont même pas droit au « statut de bienfaisance » leur permettant d’émettre des reçus de charité pour les dons reçus lors des campagnes de financement. A l’inverse, tous les regroupements pro-chasse, pro- trappage ou pro-fourrure détiennent eux un tel statut, parfois légalement enregistrés dans la catégorie « protection des animaux »!

Les militants pour la non-violence envers les phoques doivent aussi faire face à l’éternel « et la souffrance des plantes ? » Pour oser comparer une carotte avec la peur et le désespoir d’un phoque, faut vraiment avoir le cerveau comme un chou-fleur et une patate à la place du coeur. Et puis « au lieu de s’occuper des phoques pourquoi les militants ignorent-ils le sort des boeufs, des vaches ou des cochons tués dans l’abattoir? » Une douleur n’excuse pas une autre douleur. Les abolitionnistes s’occupent aussi des animaux rendant leur dernier souffle dans les abattoirs. Dans un souci de cohérence, ils sont végétariens (et même végétaliens) tout comme le capitaine Watson, Paul McCartney et Brigitte Bardot.

N’importe qui peut ressentir l’attachement et les émotions de son chien - si on le compare à une carotte - mais dès qu’il s’agit d’un animal sauvage ou d’un autre destiné à l’assiette, la conscience de certains semble s’effacer devant les mots argent et profits. Les amoureux de leur chien ou de leur chat, considérés à juste titre comme des membres de leur famille, accepteraient-ils qu’on massacre leurs animaux pour alimenter l’industrie de la fourrure ou de la viande? La vie émotionnelle d’un phoque, d’un cochon ou d’un chien se ressemble, tout comme leur désir de vivre leur existence en paix.

Tous ces arguments de diversion pour justifier la chasse aux phoques démontrent non seulement une grande ignorance mais aussi une vision dépassée, vestige d’un temps archaïque où l’humain ne se voit qu’en prédateur. La force du plus fort devrait aussi s’accompagner de notions de protection, de solidarité et d’éthique envers les plus vulnérables.Malgré toutes les résistances, les insultes et cette appellation péjorative «d'animaliste», la barbarie de la chasse aux phoques est vouée à disparaître. L’industrie de la fourrure va ressentir durement le boycott des pays acheteurs, la chute du prix de peaux et les changements climatiques. Justice sera faite aux animaux.

Une souffrance est une souffrance, qu'elle soit humaine ou animale. Il n'y a pas que le malheur des humains qui mérite notre compassion ou devrait nous toucher le coeur. Nous sommes tous en voyage sur le même bateau à la dérive, reliés et interdépendants, humains comme animaux.

écrit par marjolainejolicoeur à 18:48 | dans:
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20-déc-2008
Greenpeace recommande le foie gras! (Marjolaine Jolicoeur)

Greenpeace recommande le foie gras, dès lors que le gavage du canard est garanti sans OGM. Dans un "guide des repas de fête sans OMG", Greenpeace propose des menus de réveillon provenant d'animaux non-nourris au soya OGM.

Pourtant les textes en vigueur en Europe, par exemple, stipulent sans ambiguïté qu'en production biologique "le gavage est interdit". Le foie gras biologique ça n'existe pas, même sans OGM! Le foie gras ne peut être obtenu qu'en contraignant des oiseaux à avaler une quantité de nourriture qu'ils refuseraient d'ingérer spontanément. La technique du gavage, industrielle ou non, ne respecte pas les besoins physiologiques et éthologiques des oiseaux. Elle est source de nombreuses pathologies et d'une forte mortalité. Le gavage est ainsi contraire tant aux règles qu'à l'esprit de l'agriculture biologique en matière de bien-être animal.

Sur la base d'études vétérinaires accablantes, plus d'une quinzaine de pays ont interdit la production de foie gras, dont le Danemark, la Norvège, l'Autriche, la Pologne, l'Allemagne, etc. Après l'Italie et la Californie, le gouvernement israélien interdisait à son tour, en 2005, la production de foie gras. S'appuyant sur les conclusions du rapport vétérinaire du Comité scientifique de la Commission européenne, la Cour Suprême déclarait : « Il n'y a aucun doute que les canards souffrent »; Israël était le 4e producteur mondial de foie gras.

Le gavage des volailles est cruel et anti-écologique. Pendant trois semaines, à raison de quatre gavages par jour, chaque canard ingurgite près de 20 kilos de mais. Gaspillage de céréales mais aussi d'eau, tant pour abreuver les canards qu'à l'abattoir pour nettoyer leurs carcasses. Le foie gras dépasse les l2$ pour l00 grammes. Au moment où tant de familles connaissent des problèmes de faim et de pauvreté, il est scandaleux de faire la promotion d'un produit si cher en douleurs.

Vraiment écologique que d'insérer de force un tube de métal de 20 à 30 centimètres dans la gorge d'un oiseau jusqu'à l'estomac parce qu'on veut s'approprier son foie malade? Car le foie du canard - ou de l'oie - finit par atteindre presque dix fois sa taille normale et développe une maladie, la stéatose hépatique. En se débattant lorsque le tube s'enfonce dans sa gorge, ou par la simple contraction de son œsophage provoquée par le besoin de vomir, l'oiseau risque l'étouffement et des perforations mortelles au cou. L'enfoncement du tube provoque des lésions du cou où se développent des inflammations douloureuses; parfois le canard vomit du sang. La suralimentation forcée et déséquilibrée amène fréquemment des maladies du système digestif, potentiellement mortelles. Suite au choc du gavage, l'oiseau est immédiatement pris de diarrhées et de halètements. En outre, les dimensions de son foie hypertrophié rendent sa respiration difficile, et ses déplacements pénibles. Si le gavage se poursuivait, il provoquerait la mort des oiseaux gavés. L'abattage intervient à temps pour masquer les conséquences du gavage. Les plus faibles d'entre eux sont tout de même moribonds lorsqu'ils parviennent à la salle d'abattage, et beaucoup ne résistent pas jusque-là : le taux de mortalité des canards est dix à vingt fois plus grand pendant la période de gavage.
Dans la nature, les canards passent une grande partie de leur vie sur l'eau. Dans les élevages, beaucoup vivent enfermés dans des hangars, puis dans des cages où leurs pattes se blessent sur le sol en grillage. Des cages si petites qu'ils ne peuvent même pas se retourner, encore moins se mettre debout ou battre des ailes. Parmi ceux qui tiennent jusqu'au jour d'abattage, beaucoup ont les os brisés lorsqu'ils sont transportés, manipulés et enfin accrochés la tête en bas pour être électrocutés puis égorgés. L'industrie du foie gras ne garde pas les canes, parce qu'elles produisent un foie plus veineux que les mâles. Pour s'en débarrasser, elles sont le plus souvent broyées vivantes, étouffées dans de grands sacs ou gazées peu après leur naissance.

Selon les producteurs, le gavage est un phénomène naturel que l'éleveur ne fait que reproduire, ce qui est faux. A l'état sauvage, les canards sont des oiseaux migrateurs qui pratiquent l'autogavage pour stocker de la nourriture avant de partir en migration. Mais les canards de Barbarie utilisés pour produire le foie gras, ne sont pas migrateurs. Migrateurs ou pas, à la fin de la période de gavage, les canards seraient bien incapables de voler. Ils ont même déjà bien du mal à se déplacer. Du fait de la compression des poumons par le foie rendu jusqu'à 10 fois trop gros, ils ont aussi du mal à respirer, et sont incapables de fournir le moindre effort soutenu. »Il n'y a aucune comparaison entre le stockage naturel des graisses par les palmipèdes avant migration, se faisant dans les tissus périphériques (pour 50% dans la région de la poitrine) et le résultat extrême que représente le gavage forcé pour l'organisme » (Yvan Beck, vétérinaire)

Si Greenpeace veut vraiment se comporter comme une organisation écologiste éthique et responsable, elle devrait envisager de mettre dans ses menus des Fêtes des aliments ne provenant pas de la souffrance d'animaux. Le foie gras ne peut jamais être considéré comme écologique ou biologique.

écrit par marjolainejolicoeur à 10:38 | dans: Végétalisme
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